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Manteau d'étoiles, l'haïku-blog de Richard

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Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

A tout moment, vous pouvez revenir à la page d'accueil en cliquant sur la bannière ou sur l'image de droite. Si vous êtes perdus, vous trouverez aussi de l'aide ici. Bonne visite!

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Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

Vous pouvez si vous le désirez réagir sur chaque article en utilisant le lien "Ajouter un commentaire" et, si vous avez apprécié votre visite, vous pouvez aussi recommander ce blog.
8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 09:09
Issa ... Je trouve délicat de parler d'Issa, car il est à bien des égards mon préféré parmi les quatre grands Maîtres classiques (les autres étant Bashô, Buson et Ryôkan).

Ses haïkus, d'une trompeuse simplicité formelle, sont d'une telle profondeur et sont empreints d'une telle humanité que je ne peux les lire sans ressentir une émotion unique. Certains l'ont dit moins à l'aise que Bashô ou moins technicien que Buson, mais la qualité et la solidité de sa poésie sont ailleurs, dans un mélange de franchise, d'humanité et de compassion très particulier et très prenant. Peut-être cela tient-il aux épreuves qu'Issa a traversées au cours d'une vie particulièrement difficile et même tragique.

De son vrai nom Kobayashi Yataro, il naît en 1763  dans le petit village de Kashiwabara, dans la province de Nagano sur l'île de Honshû. Il s'agit donc d'un village de montagne, au climat particulièrement rude (souvenez-vous: les JO d'hiver eurent lieu à Nagano en 1998). Son père est un fermier aisé mais aussi instruit et féru de littérature, tandis que sa mère, Kuni, est la fille d'un riche fermier voisin. Le couple et leur fils vivent avec la mère de Kuni.

Le jeune Yataro connaît son premier drame à deux ans lorsque sa mère disparaît. Il sera désormais élevé par sa grand-mère. L'enfant devient taciturne et renfermé, dissimulant sous une apparente rudesse une grande sensibilité. C'est l'instituteur du village, par ailleurs propriétaire de l'auberge locale, qui l'initie à la poésie, à la calligraphie et au bouddhisme, décelant vite les prédispositions littéraires de Yataro. L'enfant en est fortement marqué, et la légende dit qu'il composa à l'age de six ans ce premier haïku:

viens donc avec moi
et jouons un peu ensemble
moineau orphelin

Il a sept ans lorsque son père se remarie avec Satsu, également fille de paysans. Rapidement, cette femme travailleuse mais terre à terre voit d'un mauvais œil le penchant de Yataro pour la littérature qu'elle juge inutile. Elle obtient de son père qu'il retire l'enfant de l'école en dépit des protestations de l'instituteur. C'est le début de brimades incessantes. Elle prend l'enfant en grippe, allant jusqu'à lui interdire l'usage de la lampe pour l'empêcher de lire et d'étudier et le chargeant de corvées et de travaux aux champs. La naissance quatre ans plus tard de son demi-frère Senroku détériore encore la situation, sa belle-mère voyant alors en lui un concurrent à évincer dans la lignée. De malveillante, elle devient carrément odieuse, persécutant Yataro qui ne trouve un peu de réconfort qu'au près de sa grand-mère et dans la contemplation de la nature dans laquelle il s'évade à la moindre occasion.

Hélas, sa grand-mère disparaît alors qu'il a quatorze ans. Son père réalise enfin le calvaire qu'il vit et décide de le soustraire à la marâtre en l'envoyant à Edo chez l'un de ses parents. Voici donc Yataro, jeune campagnard aux manières rustiques, projeté dans le raffinement décadent d'une capitale où règne la corruption et les plaisirs faciles. Il y connaît des moments difficiles, finissant par trouver un emploi de palefrenier, et se console en lisant et en écrivant de la poésie:

ne possédant rien
comme mon coeur  est léger
comme l'air est frais

Il entre dans l'école de haïku Katsushika fondée par un disciple de Bashô. Sa réputation de poète grandit au point qu'il succède au maître de l'école au décès de celui-ci. Cependant, il démissionne au bout d'un an, préférant sa liberté. C'est alors qu'il prend le nom d'Issa, c'est à dire une bulle dans une tasse de thé. Il se rase le crâne, prend l'habit de moine et quitte Edo pour un pèlerinage comme ses illustres devanciers Bashô et Buson. Il en ramène un journal de voyage remarqué dans les milieux littéraires.

Quinze ans après son départ, il revient dans son village natal où son père est mourant et y recueille ses dernières volontés. L'héritage devra être partagé entre les deux frères et Issa devra s'établir ici et y fonder une famille. Bien évidemment, la belle-mère et le demi-frère d'Issa contesteront ceci sitôt que le père aura fermé les yeux, et Issa retourne à Edo.
Il y mène une vie modeste, entouré de disciples à qui il enseigne l'art du haïku et d'amis sûrs qui admirent son talent, dans lequel on retrouve une simplicité et une sincérité perdues depuis Bashô.

Ce n'est que onze ans plus tard, et après une menace de procès, que la maison familiale sera enfin partagée en deux et que Issa pourra enfin s'installer chez lui et y prendre femme. Il épouse une jeune paysanne très gaie, Kiku. Il semble alors que l'horizon s'éclaircisse enfin pour Issa, à cinquante ans. Il est en effet maintenant un fermier aisé, et son talent de poète est reconnu. Il n'est pas jusqu'au seigneur local qui ne vienne parler poésie avec lui.  Issa lui expose ses conceptions sans inutiles flatteries et avec sa rude franchise de paysan:

ah! le rossignol
même en présence d'un prince
son chant est le même

Hélas, le destin va encore s'acharner sur lui. Quatre enfants naissent de son union avec Kiku, mais aucun ne survit. Dans son chef d'oeuvre Oraga Haru (Mon printemps), Issa parle beaucoup de sa seconde enfant, une petite fille nommée Sato. C'est après son décès à l'âge de deux ans qu'il compose l'un des plus beaux haïkus de la littérature japonaise:

monde de rosée
rien qu'un monde de rosée
pourtant et pourtant

Un fils leur vient, qui n'atteint pas cent jours, et Issa est victime d'une première attaque qui le paralyse. Un quatrième et dernier enfant ne dépassera pas un an, et son épouse Kiku finit elle-même par s'éteindre. Il compose alors un autre haïku admirable:

ne pleurez pas insectes
même les étoiles qui s'aiment
doivent se séparer

Quelques années plus tard, après une seconde attaque dont il se remet et un second mariage malheureux et dissous au bout de quelques semaines, Issa épouse Yao à l'âge de soixante-quatre ans.

Peu après, sa maison brûle et il doit se réfugier dans les dépendances. Après une promenade dans la neige, une nouvelle attaque se produit et Issa quitte ce monde de rosée en 1827. On l'enterre près de sa famille. Sur sa pierre tombale, une simple pierre brute, on grave ce haïku:

alors c'est donc ça
ma dernière demeure?
cinq pieds de neige

Dernier pied de nez du destin, une fille posthume naît quelques mois plus tard, Yata. Elle sera la seule de ses enfants à survivre et à permettre à la lignée des Kobayashi de se prolonger jusqu'à nos jours.

Malgré les malheurs qui ont jalonné sa vie, il est frappant de constater que la poésie d'Issa ne laisse percer aucune aigreur, mais au contraire une grande sérénité et une grande compassion. Il est vrai que le poète était un fervent adepte de la doctrine de la Terre Pure, basée sur la foi, la dévotion et la croyance en un paradis.

Issa est le poète du quotidien, il sait ainsi nous toucher avec des mots simples mais biens choisis. Analyser son Art me semble inutile, mieux vaut écouter sa voix:

pluie de printemps
la petite fille apprend
au chat à danser

un superbe cerf-volant
s'est envolé
de la hutte du mendiant

l'enfant voulait
entre ses doigts
saisir des gouttes de rosée

avec quel regard d'envie
l'oiseau en cage
suit des yeux un papillon!

à l'ombre des fleurs
même un parfait étranger
ne l'est déjà plus

fleurs de cerisiers
dans la nuit - de belles femmes
descendant du ciel

porte de branchages -
pour remplacer la serrure
juste un escargot
et enfin ce dernier poème écrit juste avant sa mort, où il fait allusion au bain donné au nouveau-né et au dernier bain donné au mort:

du premier baquet
jusqu'à l'ultime baquet -
de vaines paroles

Pas si vaines, puisqu'elles résonnent si puissamment depuis ...

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commentaires

lolo 11/12/2007 19:41

bonjour, votre blog est tres interressant et je m'en sert pour une initiation a onternet, juste pour montrer ce que sont les commentaire.
merci

Yamasemi 02/07/2008 16:37


Merci à vous.


Antoine 11/12/2007 10:54

Trés ,trés interessant,j'aime la poésie,toute la poésie,je ne connaissais pas,mais j'espere la connaitre bientôt.Antoine

Le coin du feu

BonjourRichard. Je passais et j'ai put apprécier votre blog. Je viens de créer ma communauté, qui est basé sur l'information diverse. Nature, actualités, sciences, peinture, informations, découvertes, enfin bref tout pour améliorer notre connaissance. Les photos documentaires d'animaux, insectes, paysages et autres sont les bienvenues. Vous êtes passionnés de nature,voile,marche,vélo,montagne et mer,jardinage ,pêche,chasse,nature ,bateau,bricolage ,peinture,poésie,etc.……. Ma communauté s'appelle "Le coin du feu".Je précise qu'aucun contenu appelé "ADULTE" et "Politique" n'est et ne sera autorisé, je serai ferme et tout dérapage sera exclus. Voila la présentation est faite. Oui je sais ma démarche n'est pas ordinaire, mais il faut que le "hasard" soit un peu stimulé. Seriez vous tenté de nous rejoindre? ……………Si c'est le cas, nous serions tous très honorés de vous compter parmi nous .Votre blog apportera sûrement un plus à ma communauté. Merci de votre réponse. A bientôt.
(Pourquoi une communauté? Pour que vos articles soient lus deux fois, chez vous et en même temps dans la communauté)

Yamasemi 02/07/2008 16:40


Bonjour,

je connias le mécanisme des communauté, j'en ai du reste fondé une autour de la poésie de forme japonaise (Haïkus, senryus, tankas etc.)
Navré de cette réponse tardive, mon blog est resté en jachère quelques mois.

Je vais examiner votre communauté. Malheureusement, je publie dans la mienne et Oveblog ne permet pas la publication dans plusieurs communautés. Je les comprends, certains seraient tentés de
publier abusivement.

A bientôt,


christian 15/10/2007 10:34

Je n'ai malheureusement pu assister à la conférence de Laurent Mabesoone (dans mon ancienne école de japonais!).

Je me suis "rattrapé" avec son recueil, qui laisse une place certaine à Issa.

Je dois avouer préférer la traduction de Joan Titus Carmel, que je trouve élégante et avec laquelle j'entretiens un rapport affectif particulier: c'est sur ce poème en particulier qu'a débuté mon intérêt pour les haïku.

(rires) en matière de traduction de haïku, la critique me semble trop aisée pour un exercice aussi difficile: Plusieurs versions sont toujours possibles.

deh@...

Richard 23/10/2007 16:02

Dommage pour cette conférence, qui était fort intéressante. Pour "ma" version, je me suis aussi appuyée sur l'avis d'une traductrice japonaise de mes amis, elle-même fan de haïkus. Il y a en effet de nombreuses possibilités. Une autre conférence de Corine Atlan, auteur avec Zéno Bianu d'une anthologie de haïkus nous a convaincu de la difficulté de traduire ces "immenses petits poèmes".Amicalement,Richard

christian 14/10/2007 23:11

Bonsoir,

Un article très agréable. Issa est sans doute un des poètes les plus intéressants et responsable de bien des vocations d'haikaistes en herbe.

J'étais surpris par cette traduction du monde de rosé. Je suppose qu'elle est tirée des éditions moundaren et non pas Verdier.


Amitiés

Richard 14/10/2007 23:25

Bonjour Christian,merci de ton commentaire. Issa est en effet le haïjin qui semble avoir le plus grand succès en France (info Seegan Mabeesone).Concernant  "le monde de rosée", il s'agit en fait il s'agit d'une traduction "personnelle". J'ai les recueils de Verdier et de Moundarren, et les traductions proposées ne me convenaient pas vraiment. L'original japonais est relativement aisé à traduire littéralement. A partir de là, j'ai élaboré la version que je sentais le mieux. Elle est bien sûr criticable!Amitiés,Richard

laure 17/05/2007 21:19

bonjour, je recherche des haiku (si possible d'issa) calligraphiés en japonais avec leur traduction en francais! aurais tu un site à me conseiller!! merci beaucoup!!
laure

Yamasemi 08/07/2008 11:44


J'avoue ne pas avoir ça en magasin! Il faudrait faire une recherche Google sur les forums traitant de culture asiatique. Amitiés.