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Manteau d'étoiles, l'haïku-blog de Richard

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Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

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Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

Vous pouvez si vous le désirez réagir sur chaque article en utilisant le lien "Ajouter un commentaire" et, si vous avez apprécié votre visite, vous pouvez aussi recommander ce blog.
11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 05:47
Dans le prolongement du billet d'hier (mine de rien, cette histoire de "petit poème à la con" m'a fait réagir et réfléchir), je vais enfin répondre à la question que m'a posée un jour Christine: pourquoi j'écris des haïkus et que cela peut-il bien m'apporter?

Comme beaucoup d'ados, je me suis cru poète aux premiers coups de coeur. Il faut dire que, grand romantique, j'avais tendance à tomber amoureux régulièrement de la fille qu'il ne fallait pas, d'où grands élans lamartiniens et, très vite, baudelairiens ou nervaliens.

J'ai reçu le don d'une plume relativement facile, la page blanche ne m'a jamais fait peur. Cela n'est pas forcément un atout pour la poésie. Au fur et à mesure de mes essais, qui se sont prolongés assez longtemps, j'ai rapidement ressenti une frustration que j'ai mis un moment à cerner. En réalité, j'avais bel et bien des "éclairs de poésie" dans ce que j'écrivais, mais je sentais bien qu'il étaient extrêmement brefs. Entre ces moments vrais, je me sentais obligé de composer péniblement une sauce assez indigeste et pour tout dire prosaïque. Le poème achevé retombait donc comme un soufflé refroidi. J'ai essayé diverses formes d'écriture: vers libres, octosyllabes rimées (j'avais même un dictionnaire de rimes) sans évidemment résoudre par un changement de forme ce qui était à l'évidence un problème de fond.

Ainsi, il y a vingt ans, j'écrivais spontanément:

nous nous sommes aimés en silence
conservant l'épée des paroles
pour les jours de colère

J'ai tenté de bâtir autour de cet élan, lié à mon vécu et donc authentique, un poème beaucoup plus long ... qui est à jeter (ne comptez pas sur moi pour le reproduire ici). Je me croyais obligé d'en rajouter et bien sûr, ce que j'ajoutais à cet éclair poétique n'était que de la prose, une invention laborieuse qui jurait abominablement avec le reste. J'étais prisonnier du modèle poétique occidental, qui veut absolument "dire quelque chose", "transmettre un message"  et est bâti en quatrains, tercets, sonnets d'une longueur minimum.

Frustré par le résultat, j'ai balancé mon dictionnaire de rimes et me suis résigné: la poésie n'était pas pour moi.

Jugez donc de mon soulagement lorsque j'ai découvert (ou plutôt re-découvert) le haïku dans l'excellent livre Les plus beaux contes zen, suivis de l'art des haïkus, de Henri Brunel!
Enfin, une poésie qui ne se sentait pas obligée de démontrer quoique ce soit, n'y d'en rajouter, de "tirer à la ligne"  pour rallonger artificiellement (et donc détruire!) l'authenticité de l'élan poétique initial. Une démystification salutaire.

La concision du haïku m'émerveilla immédiatement, et je fis d'emblée mes premiers essais. Je me sentais revivre (poétiquement s'entend!) Un sentiment de libération.

La suite, vous l'avez sous les yeux avec Manteau d'étoiles. Ecrire des haïkus me procure une sensation de plénitude. Je vis plus pleinement l'instant présent, chacun d'eux étant observé d'un oeil plus ouvert, plus attentif à la beauté ou à l'humour susceptible de s'en dégager. En un mot, je vis plus qu'avant, je sur-vis.

A cet égard, il n'est pas étonnant que les enfants excellent dans le haïku. C'est aussi l'une des raisons du mépris dans lequel certains tiennent cette forme poétique. Pensez: un gosse en fait autant!

Précisément: le haïku demande que l'on garde un peu son âme d'enfant. L'absence de jugement devant ce que l'on voit, l'absence de désir de paraître ou d'en faire trop. L'innocence et l'authenticité. Les haïkus d'enfants ne trichent pas: ils transmettent la vérité de l'instant. Et c'est pourquoi ils sont étonnants de fraîcheur et font mouche à tous les coups.

 Lorsque mon fils joue, il est tout entier dans son jeu. En réalité, il ne joue pas au sens légèrement méprisant où l'entendent généralement les adultes. Il s'approprie le monde, son monde, et le crée ou le recrée à chaque instant, et c'est très sérieux pour lui. Et "créer" se dit en grec poein, racine de poème, poésie, poète. Tiens?

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commentaires

Gillediou 12/06/2006 22:23

Bonsoir Richard,

Le haïku me fait un peu penser au monolithe de 2001 l'Odyssée de l'Espace ; quand on regarde dedans, il est plein d'étoiles ; le contenu est plus vaste que le contenant.

Richard 14/06/2006 15:25

Belle comparaison! je n'y avais pas pensé, c'est très juste.Amicalement,Richard

Jean-Youri 12/06/2006 13:37

J'écris des poèmes, des haïkus comme des sonnets... Il me semble que l'on écrit parce que dans le sein de notre être, une vie intérieure demande à s'extérioriser, à donner du sens, à restituer la beauté et parfois la fragilité des instants vécus.
Il est difficile de partager le ressenti d'un poète. Le risque est d'être exclu à cause de cette différence, de cette sensibilité qui n'est pas en accord avec celle des autres.
Le haïku,par sa forme elliptique - qui est aussi sa force - suggère et invite à la reflexion et au songe. Au départ c'est un poème religieux dont la dernière partie a été enlevé. Il reste néanmoins de cette époque une force symbolique et esthétique, à défaut d'être religieuse.
Une forme d'art - dont la difficulté se révèle dès que l'on essaie de la réaliser avec sincérité - ancienne, modelant parfois la sensibilité japonaise, avec une force esthétique... ne peut être qualifié de "poème à la con". J'appuie vigoureusement Richard dans sa tentative pour faire comprendre la beauté et la complexdité du Haïku.

Jean-Youri

Richard 12/06/2006 13:49

Merci Jean-Youri Amicalement,Richard

martin Lothar 12/06/2006 00:55

Je suis désolé que tu aies pris mon commentaire pour une agression. En fait, ce n'était qu'une humble réflexion sur la la réflexion de ta note.
C'est sûr qu'à force de réflexions, on se perd en abîme... et on finit pas ne plus se voir nettement et se fâcher !
Si je te commente, c'est que je te lis.
Si je te lis, c'est que j'essaye de te comprendre.
Mais tu ne m'aide pas beaucoup...
Ceci étant, les loups et les poètes ont une patience infinie.

Richard 12/06/2006 10:30

Ben reconnais que tant sur la forme que sur le fond, ça y ressemblait tout de même un peu, ce qui m'a surpris.Je suis le premier à m'agacer des cheveux coupés en quatre (surtout dans le sens de la longueur).Tu dis que tu essayes de me comprendre, mais y a-t-il quelque chose à comprendre? Le haïku est une poésie sans prise de tête, sans prétention métaphysique, même si certains s'obstinent à en voir. Mes haïkus ne prétendent rien dire de plus que ce qu'ils disent, d'autant plus que je ne prétend nullement être un maître en la matière. J'y vais à l'instinct, je me suis formé sur le tas en lisant les maîtres et en fréquentant des listes de diffusion. Je crois que lorsqu'un haïku donne à réfléchir ou à "penser", c'est presque par accident. Ce qui prouve d'ailleurs la force de cette forme poétique. Less is more ...Amicalement,Richard

martin Lothar 11/06/2006 22:48

Désolé d'être un peu rude :Primo; le plus beau des haïkus reste à être écrit (sinon composé ou synthétisé), na ! Il n'y a plus qu'a faire, hein !
Secundo, il n'y a rien au monde qui ne me fasse le plus chier qu'un poète se demandant pourquoi il compose des poèmes.
Tertio : il n'y a rien au monde qui ne me fasse le plus bander qu'un poète qui compose des poèmes sans rien demander à personne (qui le lira, ou pas) et qui surtout, ne se pose pas de question.
Ceci étant, je te remercie d'avoir posé cette question.

Richard 11/06/2006 23:47

Primo: je n'ai jamais dit que le plus beau des haïkus avait déjà été écrit. Je ne comprends pas trop là... Si c'était le cas, on n'a plus qu'à arrêter d'écrire.Secundo: d'une part je ne pose pas de questions, j'explique directement. Maintenant, je ne force personne à lire.Tertio: je ne demande rien à personne. Qui veut lire, lit. Qui ne veut pas est libre de ne pas le faire.Je connais cependant peu d'auteurs qui n'exposent pas un jour leurs réflexions sur l'écriture. Mais encore une fois, je ne force personne à lire ...Richard