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Manteau d'étoiles, l'haïku-blog de Richard

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Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

A tout moment, vous pouvez revenir à la page d'accueil en cliquant sur la bannière ou sur l'image de droite. Si vous êtes perdus, vous trouverez aussi de l'aide ici. Bonne visite!

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Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

Vous pouvez si vous le désirez réagir sur chaque article en utilisant le lien "Ajouter un commentaire" et, si vous avez apprécié votre visite, vous pouvez aussi recommander ce blog.
21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 20:11

Gérard Oury vient de disparaître, et avec lui une certaine conception du rire au cinéma, celle qui a accompagné mon enfance.

Basé principalement sur le comique de situation et le comique visuel, l'humour de ces films est inséparable des comédiens qui l'ont interprété: l'abattage et les mimiques d'un de Funès, la naïveté et la tendresse d'un Bourvil...

Nous n'échapperons sans doute pas à la programmation opportuniste de soirées-hommage, ce qui permettra aux différentes chaînes de repasser des films usés jusqu'à la corde. Les jeunes les verront sans doute avec un oeil ironique, car l'humour a bien changé depuis La grande vadrouille ou Les aventures de Rabbi Jacob.

Je crois que la rupture a eu lieu vers 1974, après le premier choc pétrolier. Avec l'arrivée de la crise, la vie est devenue plus dure, et l'humour s'est durci également. Fini le rire bon enfant, fini les mimiques et les tartes à la crème. De visuel, le comique a glissé vers le verbe, et surtout vers l'acide. Coluche a commencé son irrésistible ascension, et l'équipe du Splendid a imposé au cinéma un comique plus vache, basé avant tout sur les bons mots et les formules cultes ("c'est cela, oui", "j'étais sur le point de conclure", "vous croyez qu'il y a une ouverture?"). D'autres ont  suivi, l'humour est devenu réellement acerbe avec Etienne Chatilliez ou Cédric Klapisch.

L'humour " à la Oury" était bel et bien relégué au musée, et on le vit bien avec La soif de l'or (1993), où les procédés comiques directement hérités des années 70 se révèlent totalement usés et m'ont laissé une impression pénible. Le casting avait pourtant mis le paquet, avec Catherine Jacob, Tsilla Chilton (l'odieuse Tatie Danielle de Chatilliez) et un Christian Clavier récemment auréolé par le succès phénoménal des Visiteurs. Hélas, Clavier n'est pas de Funès, et la mayonnaise ne prend pas. Significativement, les nouvelles stars du rire ne peuvent s'insérer dans l'univers d'Oury.

L'humour est semble-t-il définitivement devenu plus cérébral, plus verbal et surtout presque invariablement vache. Si on rit, c'est de quelque chose ou de quelqu'un, le sommet en la matière me semblant être le dîner de cons de Francis Weber. Un film où j'ai ri, certes, mais un peu jaune, tout en appréciant la performance de Jacques Villeret, digne de celle d'un Bourvil en son temps.

Nostalgie? Oui, un peu, car l'humour devrait pouvoir être gratuit, s'exercer dans l'absolu et non pas aux dépens de quelqu'un. Il doit aussi pouvoir laisser l'intelligence au repos le temps d'un bon fou rire. Dès que l'intelligence s'en mêle, la vacherie n'est pas loin en matière d'humour. Je revendique le droit de rire idiot, car comme le disait Gainsbourg, la connerie est la décontraction de l'intelligence.

Si donc certains se demandent pourquoi on fait tout un plat de la disparition du créateur du Corniaud, qu'ils regardent quelques films sans préjugés et en oubliant leurs références comiques récentes. Ils y découvriront une époque sympathique où le rire pouvait être innocent.

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16 juillet 2006 7 16 /07 /juillet /2006 21:47
Heureux est celui
Qui ne s'assied pas dans le siège du méprisant
Mais trouve de la joie dans la beauté des choses
Et vit ainsi tout le jour et toute la nuit.

Norman Fischer


(J'espère ne jamais m'asseoir dans ce siège)

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9 juillet 2006 7 09 /07 /juillet /2006 21:37
Un monde sans poésie est un monde qui démissionne.
Géo Norge


Entendue sur France Info tantôt, cette citation que je trouve non seulement exacte mais aussi d'une force extraordinaire. La poésie, c'est la création (poésie vient du grec poein, créer), et bien sûr un monde qui ne crée pas est un monde qui meurt.

J'avoue humblement que je ne connaissais pas ce poète belge né en  1898 et mort en 1990. La chronique poétique hebdomadaire de Sabine Pacini en dit ceci:

Toute son existence se passe au rythme de l'écriture, des vingt sept poèmes incertains parus en 1923 jusqu'au recueil "le stupéfait" qui sort en 1988; deux ans avant sa mort...inclassable, il côtoie tous les registres poétiques, invente un ton qui lui est complètement personnel. Avec lui la poésie devient légère. Il joue avec la langue qu'il aime la plus simple possible, colorée et vivante:
Norge ne s'est jamais pris au sérieux en tant que poète. Il s'est toujours efforcé d'écrire des vers accessibles, parfois presque enfantin, tous invariablement truffé d'humour. Revers de la médaille: ce coté frivole dans sa poésie a pu éclipser la dimension métaphysique pourtant bien réelle de ses écrits.

Voici qui m'incite à me procurer les ouvrages de ce poète. Une rapide recherche sur Internet m'a permis de trouver ce poème:

En forêt

   La fille au garçon
Parlait de façon
       Si douce.
 
On dirait sous bois
Un petit patois
       De source.
 
La main jeune d’elle
En celle de lui
       Gîtant
 
Si frêle en son nid,
C’est une hirondelle-
       Enfant.
 
Le meilleur de Dieu,
Des temps et des lieux,
       C’est eux.
 
Ineffable, étrange
Façon loin des cieux
       D’être anges.
 
Ne bougez plus, même
Pour baiser leur front,
       Comètes.
 
Ça vaut bien la peine
Que les choses rondes
       S’arrêtent !
 
J’exagère ? Ô doux,
Ce lit de fougères,
       C’est tout !
 
Cet heureux cénacle
Est le seul miracle
       Au monde.
 
L’amie et l’amant,
Tout le firmament
       Autour !
 
Grondez-le, tambours :
On ne vit que pour
       L’amour !


Bel enchaînement de tercets! J'ai vraimen
t découvert quelqu'un. A creuser ...

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8 juillet 2006 6 08 /07 /juillet /2006 21:54
Mais ce que l'on appelle le beau n'est d'ordinaire qu'une sublimation des réalités de la vie.

"Eloge de l'ombre", Junichirô Tanizaki


Pour moi, tout est dit. La beauté est dans la vie. Dans un brin d'herbe ou dans la brise qui passe. Il suffit de la voir la voir et de la célébrer. Enfin, il suffit ...

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16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 10:26
Raymond Devos, l'homme qui aimait les motsRaymond Devos vient de quitter ce monde flottant, et bien entendu les louanges pleuvent et les hommages vont se multiplier dans les jours qui viennent.

C'est bien naturel pour ce clown merveilleux, pour l'homme qui aimait les mots au point de les associer dans d'improbables assonances, de jouer sur les homonymes et les multiples sens avec une virtuosité incomparable qui donnait à la langue française, d'ordinaire si précise, ce flou poétique qu'on prête à la langue japonaise.

Plutôt que sur les mots, je voudrais aujourd'hui m'attarder un peu sur l'homme. Un remarquable portrait de Raymond Devos a été diffusé hier soir sur France 2 (Raymond Devos : la petite fabrique du rire, un reportage de Jean-Pierre Metivet & Thierry Breton).

Raymond Devos y apparaissait dans toute son humanité. Il est frappant de constater à quel point il restait humble, en dépit d'un talent, voire d'un génie unanimement reconnu. Une chose m'a particulièrement frappé: son regard. Pétillant, chaleureux, c'était celui d'un enfant. Un enfant de 83 ans qui pouvait encore avoir le trac avant d'entrer en scène, attendrissant jusque dans son enthousiasme pour un train électrique ou un Meccano. Humaniste, il considérait la responsabilité du comique, celle de faire rire (c'est son métier, disait-il), mais sans vulgarité ni sans blesser inutilement les autres (il se montrait peiné des facilités auxquelles avait pu se laisser aller Coluche, auquel il reconnaissait par ailleurs un immense talent).

Derrière les mots qui virevoltaient et jouaient comme des papillons, derrière la musique (il avait appris à jouer à peu près de tout, et prenait encore des cours de flûte traversière), c'est ce regard d'enfant éternellement émerveillé que je retiens. Celui d'un homme touchant dont la devise était Qui prête à rire n'est pas sûr d'être remboursé.

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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 09:54
Le saké, la lune et l'amour, traduction Alain Kerven, illustrations Manuel CortellaExtrait de ma pile à lire, voici un beau et intéressant petit livre paru aux éditions La part commune dans la collection L'univers et l'intime.

Beau, car imprimé sur un papier ivoire de bonne facture, avec une typographie bien nette, y compris sur les idéogrammes (l'ouvrage est bilingue) et joliment illustré par Manuel Cortella.

Intéressant, car ce recueil nous transporte dans le Japon d'avant-guerre, dans le fameux quartier des plaisirs de la capitale.

La préface d'Alain Kerven, traducteur de ces poèmes, explique ce qu'était la vie des courtisanes, souvent vendues dès leur plus jeune âge par des parents ne pouvant subvenir à leurs besoins et quasiment condamnées à vie à servir d'objets de plaisir.

N'étant dénuées ni de culture, ni surtout de sensibilité, les pensionnaires des "maisons de thé" tombaient parfois amoureuse d'un client plus attentionné que les autres, sans aucun espoir cependant, d'où ces poèmes souvent élégiaques, mais où perce la mélancolie de leur condition. On y rejoint selon A.Kerven, par ailleurs poète lui-même, avec de très beaux haïkus sur sa Bretagne, deux notions très importantes chez les Japonais: celle d'aware et celle d'ukiyo. Aware signifie ce qui est poignant, pathétique. Cela s'applique à merveille à la condition de ces jeunes femmes, à la passion qui les secouait parfois et, souvent, à la brièveté de leur existence ou de l'éclat de leur beauté. Ukiyo, le monde flottant, est une notion étroitement liée au bouddhisme et qui représente le monde d'illusions et de désir dans lequel nous vivons. Et quelle meilleure représentation de celui-ci que ce quartier des plaisirs, avec ses désirs charnels, ses plaisirs éphémères et ses passions destructrices?

Au delà d'une forme soignée, la beauté du recueil tient donc aux poèmes écrits par ces jeunes femmes anonymes, que l'on imagine aussi belles et raffinées que les sentiments qu'elles y expriment. Parfois élégiaques, souvent mélancoliques, elles y laissent percer une sensibilité touchante. Il ne s'agit pas de haïkus, mais de dodoitsu, genre poétique né à Edo vers 1830 et qui s'est étendu par la suite à tout le Japon. Ce genre de balade populaire se caractérise entre autres par une longueur de vingt-six syllabes (7-7-7-5).

Légèrs, touchants, parfois déchirants, voici quelques-uns de ces dodoitsu:

moi à vous
à l'arbre la cigale
accrochées l'une et l'autre
tout en pleurs

aux ondées de mai
courtisée
aujourd'hui bonne à jeter
comme l'eau des rizières d'automne

ils se dénouent
les liens qui nous enlaçaient
c'est l'heure de la marée
même les vagues meurent

chute des fleurs
le printemps reviendra
pour vous et moi cependant
une seule floraison

mieux que le va-et-vient
gémissant de la houle
la silencieuse fidélité
des étoiles

change d'avis
à nouveau revient vers moi
même les oiseaux sur les arbres morts
s'arrêtent bien deux fois

parfois un peu de coquetterie:

sur sa tige une fleur
mais ils sont deux pour la cueillir
et moi je ne sais trop
de quel côté pencher

les pensionnaires des maisons de thé ne pouvaient sortir du quartier réservé:

le rencontrer le voir
je voudrais m'envoler
mais de l'oiseau en cage
le sort est odieux

à rapprocher du regard envieux de l'oiseau en cage d'Issa vis à vis du libre papillon.

Enfin, cette pièce pleine de regrets, qui n'est pas sans rappeler la dernière chanson de Bilitis se lamentant qu'on ne l'aimera plus (Se peut-il que tout soit fini? Je n'ai pas encore vécu cinq fois huit années, il me semble que je suis née d'hier, et déjà voici qu'il faut dire: On ne m'aimera plus.)

ressac nocturne
la houle est pâle sous la lune
de la fin d'une vie
voici les larmes amères

Un beau petit livre à s'offrir, à lire et à relire.

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9 juin 2006 5 09 /06 /juin /2006 12:31
Il me paraissait difficile, pour ne pas dire impossible, de passer après Issa. Je voulais vous laisser "redescendre" en douceur des sommets atteints par le Maître avant de continuer à vous soumettre mes propres haïkus.

L'humour et en particulier l'auto-dérision étant fréquent chez les haïjins, voici donc un article qui vaut le détour, écrit par quelqu'un qui n'apprécie manifestement pas le haïku, petit poème a la con très très court originaire du japon, et donc souvent à chier (sic!)

Nos amis japonais apprécieront, d'autant que l'auteur illustre sa percutante analyse d'un poème de Bashô, excusez du peu!

Tous les goûts sont certes dans la nature, mais si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres!

En tout cas, je suis ravi d'apprendre que je suis dans la VIBE du moment (re-sic)

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 13:34
B.B. King sur scèneLe Blues avait trois rois, trois King: Freddie King, Albert King et Riley Ben King , plus connu sous le nom de B.B. King (B.B. pour Blues Boy). On peut y ajouter pour compléter le carré Albert Collins, qui ne s'appelait pas King, mais méritait pourtant bien de faire partie des Rois.

Freddie, le roi de carreau, une force de la nature, nous a quitté en 1976, foudroyé sur scène en plein solo.

Albert King, le roi de trèfle, un gaucher au son unique et à la belle voix de ténor, s'éteint paisiblement en 1997.

Albert Collins, le roi de pique, dont la Télécaster acérée virevoltait comme une guêpe enragée, part prématurément  en 1992.

Reste B.B. King, incontestable roi de coeur, qui a soufflé allégrement ses 80 bougies en septembre 2005 et nous a gratifiés à cette occasion d'un album intitulé précisément 80 sur lequel on retrouve une sélection d'amis prestigieux (Eric Clapton, Van Morrison, Sheryl Crow, Roger Daltrey et j'en passe), venus reprendre en duo avec lui les immortels succès du Maître. Rien de révolutionnaire, mais le blues ne révolutionne rien, c'est la musique de la vie, du quotidien, et c'est très bien ainsi. Et puis, c'est son anniversaire, donc la fête, et c'est tout ce qui compte.

A l'intention de ceux qui ne le connaissent pas, quelques points de repères sur une longue vie de musique.

 3 O'Clock Blues

Riley  B. King nait en 1925 dans une plantation de coton non loin d'Indianola, dans le Mississippi (évidemment!) Il y travaille tout en commençant à jouer de la guitare. Son style est alors influencé par les anciens bluesmen, tels Blind Lemon Jefferson ou T. Bone Walker, mais aussi par un blanc dont il revendique l'influence: Django Reinhardt! On lui devra le raffinement mélodique et harmonique futur du blues de B.B.  N'oublions pas non plus la guitare hawaïenne, dont les sonorités très vocales influenceront nombre de bluesmen. Mais là où la plupart des bluesment reproduiront le son des hawaïens en faisant glisser sur les cordes de la guitare un goulot de bouteille (bottleneck), B.B. tente d'arriver au même résultat juste avec ses doigts, en faisant vibrer la note. Il développe ainsi petit à petit un vibrato unique, très impressionnant sur scène (tout son avant-bras vibre, le doigt sur le manche de la guitare restant fixe). Ce vibrato unique est à la base du son et du toucher unique du Maître, tout en nuances.

En 1948, alors qu'il anime une émission de radio, il obtient son premier succès avec 3 O'Clock Blues et prend le nom de Blues Boy King, vite abrégé en B.B. King. Il commence alors à écumer les clubs de musique où il se fait très rapidement un nom.

Lucille

Dans les années 50, alors qu'il se produit dans l'un de ces clubs, éclate une bagarre pour une femme. Dans la mêlée, le poêle qui chauffe l'établissement se renverse et met (littéralement) le feu à la baraque! Tout le monde se rue dehors pour échapper à l'incendie, B.B. compris. Il réalise alors qu'il a oublié sa guitare à l'intérieur et retourne extraire son bien du club en feu.
Réalisant le risque qu'il vient de prendre, et apprenant que la femme pour laquelle la rixe s'est déclenchée s'appelait Lucille, il décide de baptiser sa guitare et toutes celles qui suivront Lucille, pour se souvenir de ne plus commettre une telle stupidité. C'est le début de la légende.

Il y aura bien des Lucille, d'abord accoustiques, puis électriques. Les plus connues sont ces grosses Gibson demi-caisses qui paraissent si petites dans ses mains. A partir de 1982, Gibson développe avec lui le modèle spécifique Lucille, que tout amateur (fortuné) peut acquérir (mais pour acquérir le son du Maître, ni ses doigts ni son coeur ne sont disponibles...)

Il y a entre B.B. et Lucille une véritable relation d'amour, expliquée dans un long blues de dix minutes improvisé en studio, Lucille, où B.B. explique comment sa guitare l'a "sorti des plantations". Comme il aime à le dire, "je chante, et puis Lucille chante"

The Blues had a baby (and they named it Rock'n Roll)

Dans les années 60, les rockers, et en particulier les Anglais, découvrent le Blues et ses grands noms. B.B. devient alors une des influences majeures des guitaristes, depuis Eric Clapton jusqu'à Led Zeppelin en passant bien sûr par les Rolling Stones et les Beatles (John Lennon citait B.B. comme son guitariste préféré).  Les petits blancs renvoient l'ascenseur, citant abondamment leurs références, enregistrant avec eux des disques qui permettent à ces musiciens souvent oubliés de faire une seconde carrière. Keith Richards, guitariste des Stones, ne manque jamais de rappeler comment, lors de leur premier séjour américain, il avait vu avec stupéfaction Muddy Waters, autre légende de la guitare Blues, occupé à repeindre le plafond du studio de Chicago où ils enregistraient!

Les Stones inviteront B.B. King (ainsi que Ike & Tina Turner) sur leur tournée américaine en 1969. Un album sortira de cette tournée, sans conteste leur meilleur enregistrement public (Get yer yaya's out). Ils avaient voulu cet album double, le premier disque étant consacré à la performance de B.B., Ike et Tina. Le refus de leur maison de disque sera l'une des raisons de leur rupture avec elle. Chapeau Messieurs pour être allé jusqu'au bout de vos convictions...

The thrill is gone

La tournée avec les Stones et les rock stars qui le citent continuellement comme leur maître à jouer ont un effet bénéfique sur la carrière de B.B. King. Fini les clubs, voici le temps des grandes salles de concerts. Côté disque, si B.B. a maintes fois connu le succès, c'était uniquement dans les hit-parades Blues. En 1970, la roue tourne avec la balade The thrill is gone, qui se hisse à la quinzième place du hit parade pop, donc blanc! C'est la reconnaissance. Tout le monde vient découvrir sur scène ce géant débonnaire, dont la musique est aussi chaleureuse que ce personnage qui dit n'avoir comme principe que celui-ci: ne jamais détester personne.

When Loves comes to town

Les générations se succèdent, le succès et la fascination exercée par B.B. King sur le public et aussi les rockers ne se démentent pas. En 1989, Bono compose pour lui When Loves comes to town et invite B.B. sur la tournée mondiale de U2 (Rattle and hum tour). Je me souviens du concert de Bercy, avec B.B. King en première partie, dans son strict costume gris. Un pur set de Blues superbement emmené. Changement d'ambiance pendant l'excellent concert de U2: il remonte sur scène avec eux, habillé de cuir noir de la tête aux pieds, pour un When Loves comes to town d'anthologie.

Alive & Well

Définitivement respecté dans le monde musical et adoré par son public, B.B. enregistre à partir du milieu des années 90 des disques où il invite de nombreux artistes à revisiter ses grands succès en duo. Cela commence avec ses pairs du Blues sur l'excellent Blues Summit, puis avec les rockers qu'il a tant influencés et qui lui ont bien renvoyé l'ascenseur. Se succèdent ainsi Deuces Wild, Blues on the Bayou et Riding with the King, avec un Eric Clapton en état de grâce.
Aimant plus que tout la scène, B.B. continue à tourner, réduisant toutefois le rythme avec l'âge, puisqu'il passera de 350 à "seulement" 300 concerts par an en moyenne!

Funny how times slips away

Et voici B.B. King fêtant ses 80 ans. Pourquoi un billet aussi long sur B.B. sur ce blog consacré au haïku? Tout d'abord parce que j'adore le Blues en général et B.B en particulier et que je souhaitais rendre hommage à un musicien mais aussi à un personnage exceptionnel.

Ensuite, B.B. a entrepris une tournée d'adieu (Farewell Tour), qui passera par l'Europe le 16 septembre chez nos amis belges au Forest National de Bruxelles et le 17 septembre chez nous au Zenith de Paris.

Ayant vu l'homme sur scène déjà trois fois (première partie de U2, la Cigale et soirée Blues du festival Jazz in Marciac), je ne peux que vous recommander chaudement ce concert, pour lequel j'ai déjà pris mes billets.

Espérons que B.B. vive et joue encore longtemps, car lorsque le dernier roi du Blues partira, personne ne saura plus faire chanter Lucille ni aucune autre guitare aussi bien.

sous ses gros doigts noirs
caressée Lucille chante -
papillons sonores

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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 12:57
Notre ami Jeremiah Burlington, qui prend de plus en plus goût au haïku (bravo), nous propose cette semaine un fil rouge: le Blues, en particulier à l'harmonica.

Etant fan de la musique tout comme de l'instrument en question, je ne peux qu'approuver vigoureusement et vous conseiller d'aller chez lui. Jeremiah a même compilé une liste de liens web de derrière les douze mesures que je vous recommande.

Cerise sur le gâteau, quelques haïkus sur le Blues (haïklues? haïblues?) bien troussés, dont certains en Anglais. Moi qui avait tenté les jazzhaïkus, l'idée me plait évidemment. J'y vais donc de mon haïblues (finalement je préfère ce néologisme) du jour:

sur douze mesures
coulent les larmes électriques -
my baby left me

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15 mai 2006 1 15 /05 /mai /2006 10:17
Philipp Chekler a plusieurs passions, parmi lesquelles on compte la photographie argentique (il a dirigé pendant 25 ans un labo photo pro), la peinture et les arts martiaux, en particulier l'aïkido et le sabre.

Le tout donne une synthèse très intéressante, visible sur son site personnel et surtout en direct sur plusieurs expositions, dont l'une est en cours à la galerie Art Montparnasse (2bis rue Raymond Losserand, Paris 14è) du 11 mai au 10 juin 2006.

L'exposition est centrée sur une série de peintures au couteau inspirées de l'oeuvre de Miyamoto Musashi. Samouraï de légende, ce guerrier accompli a passé les deux dernières années de sa vie à consigner son Art dans un ouvrage lui aussi légendaire, le Gorin No Sho (le livres des cinq cercles).

C'est cet ouvrage qui a inspiré Philipp dans des tableaux où le mouvement est roi. La manière oscille entre la légèreté du mouvement d'un calligraphe (Musashi était aussi un calligraphe réputé) et l'épaisseur de la matière travaillée au couteau.

L'amour de Philipp Chekler pour le sabre est manifeste dans ces oeuvres (tout comme dans son enseignement de l'aïkido du reste où le ken, en bois heureusement, est bien présent. Mes épaules s'en souviennent!)

Les autres peintures, consacrées à l'aïkido, sont tout aussi intéressantes dans leur restitution du mouvement.

Changement d'ambiance avec les transferts Polaroïd. Passionné de photo et surtout de labo (ne lui parlez pas de photo numérique ...), Philipp a utilisé un procédé exclusif permettant de garder juste l'image sur l'émulsion, qui est ensuite mariée à un  papier pur chiffon (du vélin d'Arches ou du Japon nacré) sur laquelle elle trouve un nouveau mouvement.  Tantôt figuratif, tantôt abstrait, parfois allié à des textures (chiffon, brindilles), le résultat est étonnant.

Bref, une exposition à voir, surtout si vous aimez l'art japonais, qui a bien sûr une nette influence sur le travail de Philipp.

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