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Manteau d'étoiles, l'haïku-blog de Richard

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Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

A tout moment, vous pouvez revenir à la page d'accueil en cliquant sur la bannière ou sur l'image de droite. Si vous êtes perdus, vous trouverez aussi de l'aide ici. Bonne visite!

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Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

Vous pouvez si vous le désirez réagir sur chaque article en utilisant le lien "Ajouter un commentaire" et, si vous avez apprécié votre visite, vous pouvez aussi recommander ce blog.
9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 15:31
Pas en forme aujourd'hui. Un mal de tête tenace depuis ce matin. J'ai bien essayé de faire la sieste, mais ...

sieste -
par mon propre ronflement
réveillé

J'ai eu ensuite l'idée saugrenue de terminer par un smiley :

sieste -
par mon propre ronflement
réveillé
:-(

Poussant ensuite la logique jusqu'au bout, j'ai écrit :

sieste |-I
par mon propre ronflement |^o
réveillé #:-(

(avec une coiffure pétard, j'ai vraiment des idées étranges aujourd'hui. Voir ici la liste de ces bons vieux smileys en caractères ASCII.)

Enfin, pourquoi ne pas tenter la version totalement graphique, pendant des idéogrammes de nos Maîtres japonais:

|-I
|^o
#:-(

Pas très explicite, sans doute. Expérimental, sûrement. Amusant, à vous d'en juger!
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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 21:16
du bruit dans la chambre -
sa petite voix réclame
un dernier câlin
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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 08:00
... c'est à dire "sauterelle" en japonais.

Après mûres réflexions et avis, la version définitive de ma fameuse sauterelle sur son piment sera finalement celle-ci:

la sauterelle
sur un piment vert
amoureuse

De l'avis à peu près général, ôter le "vert" serait plus préjudiciable qu'autre chose, car c'est précisément ce qui permet de comprendre le haïku et sa touche humoristique. Je suis d'accord, et je garde cette version.

Notre traductrice japonaise Ayako a bien voulu me faire ce plaisir:

kirigirisu
ao tôgarashi no ue ni
aishiteru

kirigirisu: la sauterelle
ao: vert (le vert des plantes, sinon le mot signifie bleu)
tôgarashi: piment
no ue ni: sur
aishiteru: amoureuse (Ayako m'a proposé trois traductions de ce mot, ajoutant que celle-ci était la plus littéraire).

Les sonorités de cette traduction japonaise me ravissent. De plus, c'est un 5/8/5, presque classique. Il aurait été amusant que mon haïku, irrégulier en français, soit "régularisé" en japonais.

Quoiqu'il en soit, cela me donne envie de faire traduire d'autres haïkus. En réalité, j'aimerais sortir un recueil trilingue français/japonais/anglais. Un rêve qui revient de plus en plus...
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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 12:41
dégustant
des sushis saumon
doigts de pieds en éventail

couleur chair
donnant envie de chair -
le gingembre mariné

trop de wasabi -
malgré les larmes qui montent
surtout rester zen

petit goût sucré -
le gingembre mariné
et la Sapporo
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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 20:33
Fatigué ce soir ... J'ai bien en chantier quelques haïkus sur l'orage d'hier soir, mais ...

assoupi -
poursuivant mon haïku
en rêve

Je le rattraperai (peut-être) demain. Bonne nuit ...
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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 22:00
Suite à mon billet du 16 juillet, vous avez été nombreux à m'envoyer des témoignages de sympathie, ce dont je vous remercie.

Certains expriment aussi des inquiétudes car leurs parents prennent de l'âge et le spectre de la maladie d'Alzheimer les effraie.

Je ne peux vous dire qu'une chose : le pire n'est jamais sûr. Tout le monde ne développe pas cette maladie en prenant de l'âge, heureusement. Toutefois, je peux ici partager mon expérience et vous aider, peut-être,  à déceler la maladie plus vite.

Il faut d'abord être clair : il s'agit d'une maladie dégénérative. Cela signifie qu'une fois le processus engagé, les zones lésées du cerveau sont irrémédiablement endommagées. Même si un traitement efficace était découvert et diffusé demain (ce qui n'est pas le cas), cela ne réparerait pas les zones du cerveau déjà atteintes. L'espoir d'une guérison et d'une récupération totale des facultés perdues est donc utopique.

Soyons tout aussi clair sur les traitements disponibles : ils sont peu nombreux et ne guérissent pas la maladie. Ils permettent tout au plus de retarder son évolution sans la stopper. Encore faut-il que la forme dont est atteint le malade soit sensible aux quelques médicaments disponibles. Ce n'est pas toujours le cas.

Vous l'aurez compris, cette maladie est encore mal connue : causes, mode de déclenchement... Elle est actuellement incurable. C'est pourquoi la recherche porte ses espoirs sur la mise au point d'un vaccin, ce qui est évidemment très long.

Découvrir le plus tôt possible l'apparition de la maladie est le meilleur moyen d'essayer de retarder son évolution.

Ce n'est pas facile pour plusieurs raisons :
  • les premiers symptômes sont souvent anodins et précèdent de plusieurs années le déclenchement franc de la maladie
  • il n'est pas toujours facile de réaliser l'évolution insensible d'un de se proches vers la maladie
  • il est encore plus difficile de l'admettre, sutout quand on est très proche de la personne (conjoint, enfant ...)
Toutefois, voici des symptômes qui peuvent vous alerter et vous amener à vous poser des questions :
  • une déprime qui s'éternise, et ce sans raison
  • une soudaine peur des autres et du monde extérieur. Typiquement, ma mère a cessé de conduire pratiquement du jour au lendemain par peur du comportement des autres conducteurs, alors qu'elle était auparavant très fonceuse.
  • d'une manière générale, une attitude de renfermement, de repli sur soi. Ma mère s'était ainsi mis à fermer toutes les portes à clé, à baisser les stores ...
Ces premiers symptômes semblent bénins, ils ne sont pas à eux seuls révélateurs, mais précurseurs. Un choc émotionnel tel que celui-ci peut alors déclencher l'apparition de symptômes plus caractéristiques :

  • la personne reste "scotchée" sur un événement qui l'affecte plus que de raison, alors que tout va bien. Ainsi, ma mère restait obsédée par les attentats du onze septembre alors que j'étais rentré sain et sauf. Six mois après, elle en parlait encore comme si cela venait d'arriver.
  • la personne est de plus en plus "absente", presque transparente, comme si elle ne touchait plus tout à fait terre. L'impression dominante est que le malade est en train de prendre doucement congé de ce monde. Cela m'avait frappé le jour de mon mariage. J'avais eu l'impression de remonter l'allée centrale de l'église presque seul ... Ce jour-là, j'ai su que quelque chose clochait.
  • Puis, viennent les fameux trous de mémoire, surtout  pour le passé immédiat.
  • On constate une perte d'intérêt progressive pour la plupart des activités autrefois favorites
  • Puis viennent les premières incohérences dans les conversations. Au début, elles provoquent un léger flottement, on pense à une incompréhension ponctuelle. Progressivement, les interventions hors de propos ou à retardement se multiplient, créant une certaine gêne dans la conversation. C'est généralement à ce moment que la famille ou les amis témoins de la chose réalisent qu'il y a problème et alertent les proches.
A ce stade, il serait idéal de consulter. Malheureusement, ce n'est pas toujours facile. Les proches refusent souvent de voir la réalité en face et invoquent une grande fatigue ou une anémie. Il n'est pas facile d'admettre qu'un conjoint, un parent est en train de développer cette maladie. La connotation "maladie mentale", donc folie ou déchéance, est très difficile à admettre. Quant au malade, il est généralement dans le déni complet et ne veux pas entendre parler de consultation ("Je ne suis pas dingue!")

Ce stade peut se prolonger un certain temps (environ deux ans chez ma mère). Et puis vient un jour la première crise incontestable qui va signer la maladie. Ce peut être une perte brutale de certaines facultés ou, comme chez ma mère, une fugue. Le déni n'est alors plus possible. C'est alors la consultation, la pose du diagnostic.

A partir de là, il ne reste plus qu'à s'armer de courage. La maladie évolue par poussées successives, entrecoupées de périodes où elle semble ne plus trop évoluer.

Le plus dur est d'accepter l'inacceptable. Accepter de voir ma mère, qui m'a tant appris, tant donné, descendre inexorablement.

Je vais à nouveau être clair, et très dur. Il peut y avoir des jours où le malade semble aller mieux. Au début, on se prend à espérer que ce soient les effets du traitement, et rêver à une guérison. Navré, mais ce n'est pas le cas. Le lendemain, on peut retrouver le malade dans le même état qu'avant, voire pire. A chaque fois, je sortais des visites chez mes parents démoli pour trois jours. Le temps de comprendre, et  d'accepter l'inévitable.

Si par malheur la maladie se déclare chez l'un de vos proches, il n'y a plus qu'à s'armer de patience et surtout d'amour. Les malades sentent ce qui leur arrive, en sont conscients, même s'ils ne l'expriment pas forcément et en souffrent. La première des choses dont ils ont besoin, c'est d'amour. A bien des égards, ils vont progressivement se retrouver aussi démunis que des enfants en bas-âge. Ils ont donc besoin d'être rassurés, sécurisés, aimés.

L'amour est la meilleure chose que vous puissiez alors leur offrir.

berçant doucement
ma mère qui s'assoupit
à l'ombre du chêne
je me demande depuis quand
je n'ai pas vu ma mère

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 13:41
Dimanche,  je suis retourné voir ma mère.

Il m'a fallu trois jours pour digérer cette visite et écrire ce billet. J'avertis mes lecteurs que les senryûs qui accompagnent ce récit pourront mettre mal à l'aise. Ils sont le reflet de ce que j'ai vu, ni plus ni moins, et de mon propre malaise.

Contrairement à la semaine dernière, le temps était plutôt maussade. Pas question dans ces conditions d'une promenade dans le parc.

J'ai trouvé tout de suite ma mère dans la salle commune du rez-de-chaussée.  Cela m'a fait un choc. D'ordinaire, ma mère est chez elle, et même si elle a perdu une grande partie de ses facultés, elle est dans un décor familier, elle reste quoi qu'il arrive la maîtresse de maison. Rien de semblable ici. Dans son fauteuil roulant, les yeux dans le vague et tripotant de manière convulsive son corsage, elle n'était plus qu'une patiente parmi d'autres.

salle commune
tous ces vieillards anonymes
parmi eux ma mère

Je suis allé m'asseoir à côté d'elle. C'était une expérience peu plaisante. Les personnes qui  m'entouraient étaient plus ou moins en possession de leurs moyens. Il n'y avait pratiquement que des femmes, ce qui confirme leur espérance de vie supérieure à la nôtre. Il n'y avait qu'un homme, encore capable de marcher. Légèrement voûté, un sourire de gamin expiègle aux lèvres, il était assis sur une chaise, les mains jointes comme s'il ne savait quoi en faire. Lui au moins avait l'air heureux de son sort, au point de nous offrir le seul sourire de l'après-midi.

seuil du réfectoire -
il entame un pas de danse
avec l'infirmière

Les autres patientes étaient en majorité clouées à leur fauteuil roulant, certaines pouvant se déplacer, d'autres non.

Maman me serrait la main à la briser, elle m'avait reconnu bien sûr. Je lui ai raconté les dernières nouvelles de la famille. Autour de nous, certaines patientes nous fixaient avec une insistance gênante. Il y avait un peu de tout, ce qui rendait l'ambiance assez pesante.

souriant aux anges -
sous le fauteuil roulant
une flaque

De temps en temps, un souvenir d'un passé éloigné remontait à la surface

maison de retraite -
elle s'éveille et entame
une vieille romance

Un peu plus loin, une dispute éclata entre deux dames qui conversaient jusque là tranquillement.

maison de retraite -
deux petites vieilles s'engueulent
en se vouvoyant

Deux aides-soignantes réalisant mon malaise vinrent gentiment discuter avec moi. Elles s'occupent régulièrement de Maman et me rassurèrent sur son état.  Elles ont une grande habitude de la maladie d'Alzheimer et du désarroi des familles. Leurs paroles me réconfortèrent.

Regardant autour de moi, je réalisai qu'à bien des égards, une maison de retraite ressemble à une crèche. Dans les deux cas, on y prend soin de personnes dépendantes demandant avant tout de l'amour. Du reste, lorsque je demande des nouvelles de Maman à Papa,  il emploie pratiquement les mêmes mots que moi pour parler de mes enfants. Malheureusement, l'évolution des uns et des autres ne se fait pas dans la même direction ...

maison de retraite -
au mur les photos du dernier goûter
comme à la crèche

Maman ne communiquait pratiquement plus que par la pression de sa main sur la mienne. Et je me surpris à une étonnante inversion des rôles.

pour réconforter
ma vieille mère malade
- des gestes de père

Vieille. Un mot que je n'aurais jamais pensé associer un jour à ma mère tant elle était demeurée jeune d'esprit et fonceuse avant le déclenchement de cette satanée maladie. Un mot et une réalité que je dois à présent accepter. La maladie évolue, impitoyablement.  La différence avec l'an dernier, lorsque mon père avait pris du repos pour la première fois, est flagrante. Il y  a un an, j'écrivais :

chambre 509
son nom sur la porte
Maman

chambre 509
elle y dort paisiblement
Maman

chambre 509
dans sa tasse de thé
les reflets du passé

Pourrait-elle encore cette année boire seule une tasse de ce thé qu'elle aime tant?

Et puis vint l'heure du dîner, et je dûs prendre congé. J'étreignis ma mère, qui me le rendit bien, et je dûs partir, le coeur lourd.

crépuscule -
sa peau sent toujours les fleurs
Maman

En rentrant, je passai non loin de la rivière de mon enfance, une rivière qui coule au pied de l'hôpital où Maman avait été traitée pour une embolie pulmonaire.

la brume sur la rivière
y retrouverai-je
la raison de ma mère?

En dépit de la gentillesse et de la compétence indéniables du personnel de cette maison de retraite, je mesure à quel point cette fin de vie n'est déjà plus tout à fait la vie. Je rentrai chez moi un peu déphasé. Je retrouvai ma femme et mes enfants si pleins de vie, et j'eus le sensation de m'éveiller d'un mauvais rêve.

Je le répète : je ne souhaiterais pas cette maladie à mon pire ennemi.

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 22:49
Mon beau-frère et sa famille sont retournés définitivement à la Réunion jeudi. Je les ai emmenés à l'aéroport, ou plutôt aux aéroports, car ma belle-soeur et les enfants partaient d'Orly et mon beau-frère de Roissy. Je suis tombé dans les embouteillages en rentrant, d'où la fatigue que j'évoquais ce jour-là.

Cela faisait treize ans que Tony et Mimose étaient là, leurs trois enfants sont nés en métropole et bien évidemment, cela va faire un gros vide, pour ma femme évidemment, mais aussi pour moi.  Cela fait sept ans que je les connaissais.  Il y a tant de souvenirs, de soirées ensemble, des enfants qui jouent, des repas divers, bref tout ce qui fait la douceur de la vie de famille. On se reverra à la Réunion bien sûr, mais il est clair que c'est la fin d'une époque. Comme disent les Réunionnais de métropole, ils sont "rentrés".

Ce jeudi, certains détails ne trompaient pas, ce n'était pas un jour comme les autres :

blanc sur le portail
le panneau "a été loué"
la glycine en fleurs

Cette fameuse glycine, magnifique, avec laquelle l'ancien propriétaire avait gagné des concours,  que deviendra-t-elle?

la glycine en fleurs
"pourvu qu'ils ne la coupent pas"
murmure-t-elle

On charge la voiture, et cette fois c'est le départ :

la porte claque
avec un bruit différent
le moment du départ

Pas facile d'imaginer la vie ici sans eux. Depuis leur départ, je sens Christine mélancolique et nerveuse. Nul doute que ce sera un cap délicat à passer, tant elle est proche de son frère. Même chose pour Florian, à qui manqueront son cousin et ses deux cousines. Il va falloir un peu de temps.
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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 21:30
J'ai eu une journée assez fatigante aujourd'hui. Mais certaines choses restent essentielles, même quand on est épuisé.

la longue journée -
un sentiment de plénitude
en lavant mon fils

Bonne nuit! Je vais dormir et récupérer.

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 12:17
Hier, je suis allé voir ma mère.

Les familiers de Manteau d'étoiles savent que ma mère est atteinte de la maladie d'Alzheimer à un stade avancé.
Mon père s'occupe d'elle avec un courage et une abnégation admirables, ce qui l'épuise évidemment.

Comme l'an dernier, mon père a décidé de prendre deux petites semaines de congés pour aller se ressourcer dans notre maison du Sud-Ouest. Je suis donc allé voir ma mère dans la maison de repos où elle réside temporairement.

Le temps était un peu capricieux, du vent, des passages nuageux alternant avec de belles éclaircies. Plutôt une météo d'avril que de juillet en somme.

Délaissant la chambre où la TV diffusait le tour de France, soit un environnement assez déprimant, j'ai emmené maman faire une promenade dans le parc.

A peine arrivés, nous avons tout de suite eu un petit compagnon :

de l'ombre à la lumière
le pinson précède
le fauteuil roulant.

Je lui ai donné des nouvelles de ses petits-enfants. Ce qui est terrible dans cette maladie, c'est qu'on ne sait jamais jusqu'à quel point ceux qui en souffrent perçoivent encore ce qui les entoure. Certains n'hésitent pas et pensent que les malades n'y entendent plus rien. Je pense tout le contraire, même si les malades ne sont plus toujours en mesure de le manifester clairement. C'est précisément quand on commence à les traiter en légumes qu'ils le deviennent.

Etre présent, témoigner de l'amour, leur fait du bien, et tant pis si le retour n'est pas toujours très clair. Dans le cas de maman, on s'achemine hélas vers l'aphasie. Mais un regard, une attitude, un geste suffisent pour qu'une mère et son fils se comprennnent. Et parfois quelques mots arrivent tout de même :

le vent dans les arbres -
"tu peux me prendre la main?"
souffle ma mère

Je croyais ce parc privé, attaché à la maison de repos. Il n'en est rien, des familles avec bébés viennent goûter au calme des lieux, ailleurs des enfants jouent.

poussettes, vélos
et fauteuil roulant -
les mêmes traces

Et toujours ce vent  ...

le vent dans les arbres
arrachant des feuilles
à la mémoire de ma mère

Et puis nous rentrons. Et là, le coup au moral juste au moment où je lui dis au revoir :

le moment du départ  -
"Vous êtes madame qui?"
souffle-t-elle à son fils

Je ne souhaiterais pas cette maladie à mon pire ennemi.
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