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Manteau d'étoiles, l'haïku-blog de Richard

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Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

A tout moment, vous pouvez revenir à la page d'accueil en cliquant sur la bannière ou sur l'image de droite. Si vous êtes perdus, vous trouverez aussi de l'aide ici. Bonne visite!

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Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

Vous pouvez si vous le désirez réagir sur chaque article en utilisant le lien "Ajouter un commentaire" et, si vous avez apprécié votre visite, vous pouvez aussi recommander ce blog.
6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 13:23
Nous y voilà!

La plupart des sites ou ouvrages traitant du haïku en donnent une définition très formelle: un poème court de dix-sept syllabes réparties en trois lignes de 5, 7 et 5 syllabes. J'ai moi-même débuté ce blog comme ça. Or, il suffit de lire des haïkus classiques japonais traduits en Français pour s'apercevoir que cette règle n'est que très rarement respectée. Il en est de même des haïkus écrits directement en Français ou dans d'autres langues. Alors? haïkus ou simples poèmes courts? Noter que les divers éditeurs ou sites en ligne proposant des concours de haïkus exigent d'ailleurs souvent le 5-7-5, comme s'il s'agissait là du seul critère faisant d'un tercet un haïku. C'est bien sûr faux, mais il faut reconnaître que c'est un critère objectif facile à vérifier.

Petit manuel pour écrire des haïkus - Philippe Costa - Ed. Philippe PicquierCe débat agite régulièrement les haïjins. Il y a les puristes, tels Philippe Costa qui, dans son Petit manuel pour écrire des haïkus (éd. Philippe Picquier), prône un respect absolu des contraintes de forme ce qui forcerait selon lui à se montrer plus créatif.
Cela se défend, lorqu'on voit ce qu'un Racine, un Baudelaire ou un Nerval ont pu faire dans le format très contraignant du sonnet et de l'alexandrin. Et Philippe Costa d'ajouter: Je crois  pouvoir affirmer que vous n'obtiendrez aucune reconnaissance des "hommes de l'art" si vous passez outre aux contraintes de métrique, et ce même si vos poèmes témoignent de la meilleure verve poétique.
Voilà qui a le mérite d'être clair. Voire ... car trois lignes plus loin, l'auteur préconise une certaine souplesse dans certains cas concernant le nombre de syllabes. Et de recourir aux procédés poétiques classiques: élision du e final, diérèse (prononcer vi-o-lon, soit trois syllabes, au lieu de vio-lon, deux syllabes) etc. Et de citer page suivante Tôhô, disciple de Bashô: la nouveauté est la fleur du haïkaï, reconnaissant que la poésie ne s'accommode pas de règles figées.

Sages ou fous les haïkus? - Heri Brunel - Ed. Calmann-LévyInversement, Henri Brunel dans Sages ou fous les Haïkus? (éd. Calmann Lévy) écrit en parlant du haïku français : la règle des dix-sept syllabes est rarement appliquée, et note que : chaque langue suit la pente de son génie singulier, et le Français, plus disert que le Japonais se plie moins facilement à la règle des dix-sept syllabes.

Et en effet, les fameuses dix-sept syllabes réparties en lignes de cinq et sept syllabes font partie du patrimoine poétique japonais et sont au moins aussi importantes que l'alexandrin dans la poésie française.

La langue japonaise est plus elliptique, ne comporte pas d'articles et le sujet d'un verbe peut être omis. Elle est naturellement syllabique (les caractères représentent une syllabe) ce qui en rend le compte facile. Mieux, certains mots n'ont pas une réelle signification, ils font office de ponctuation. On trouvera ainsi souvent dans les originaux japonais ya et kana qui sont respectivement une interjection et une marque d'admiration respectueuse (kana termine fréquemment un haïku). Ces deux mots sont très commodes lorsqu'il manque une ou deux syllabes et n'ont pas le caractère un peu artificiel d'un oh! ou d'un ah! français. Et lorsqu'il y a trop de syllabes, il suffira d'enlever un sujet ou deux et le tour sera joué. Le Français est loin d'offrir ce type de facilité, ce dont sont du reste bien conscients les Japonais francophones, qui mesurent bien le fossé qui sépare nos deux langues. J'ai eu l'occasion de parler de haïku avec trois d'entre eux, et ils étaient très surpris lorsque je leur ai dit que nous tentions de respecter la métrique 5-7-5 et stupéfaits lorsque je leur ai montré ... qu'on y parvenait!

En dépit de toutes ces facilités, les maîtres japonais classiques ont parfois pris quelques libertés avec le 5-7-5. On sait aussi qu'à la fin du dix-neuvième siècle, Hekigodo prôna une liberté de forme, se débarassant même du kigo, le mot de saison et bien évidemment de la contraignante métrique.

Sur les listes de diffusion consacrées au haïku, on lit un peu de tout, mais il n'y a généralement pas d'attitude systématique. On voit souvent que le haïku anglophone tourne autour de quatorze-quinze syllabes (concision de l'Anglais), alors que le Français peut aller jusqu'à une vingtaine du fait de sa structure. Il n'en demeure pas moins que certains, au prix d'un choix très soigneux des mots, se font adeptes d'un minimalisme (une douzaine de syllabes) impressionnant. Tout est dit en 3-5-3 (Marcel, Robert, si vous me lisez ...) sans fioritures inutiles ni, et c'est un exploit, aucune sécheresse. Je reste admiratif, car je me reproche souvent mon côté verbeux (d'ailleurs, cet article ...).

Un exemple de ce minimalisme dû à Marcel :

ciel dégagé -
l'unique étoile
du berger


Pas un mot de trop. Et pourtant lorsque je lis ce haïku, je suis sous le ciel nocturne, et je vois Vénus briller au-dessus de moi. Imparable, magnifique.

Pour ma part, j'adopte comme souvent la "voie du milieu". J'apprécie le 5-7-5 pour son rythme ternaire, son bel équilibre, notamment dû à l'alternance court-long-court. Cependant, je ne lis pas le Japonais, et ce n'est qu'à travers leurs traductions françaises que j'ai pu apprécier les haïkus des Maîtres. La métrique 5-7-5 y était très rarement respectée, et pourtant, j'y ai trouvé cette "saveur" qui me plaît tant et m'a donné envie de m'y essayer. Comment donc considérer la métrique comme un critère absolu? Ce serait incohérent.

 Lorsque je compose un haïku, j'essaye donc toujours à priori d'écrire un 5-7-5. Selon que j'obtiens un poème trop long ou trop court, ma démarche est bien différente :

trop long: je tente, sans torturer la syntaxe ni verser dans le style télégraphique, de mieux choisir mes mots pour obtenir un 5-7-5. Si je ne peux y parvenir mais que je suis à dix-huit syllabes, je m'estime satisfait. Il est rare que je dépasse ce compte. Au delà, j'estime que ma construction ou mon choix de mots peuvent gagner en concision, et c'est le signe qu'il faut retravailler le verset. Souvent, c'est un défaut dans l'angle sous lequel j'ai initialement présenté les choses, et ce remaniement est alors salutaire pour la force et la pureté du résultat final.

trop court: cela m'a posé problème au début, et cela me posait toujours problème jusqu'il y a un ou deux mois. Autant gagner en concision permet d'épurer le trait et de gagner en force, autant "rallonger la sauce" est néfaste et ne fait qu'affadir.

Ainsi du haïku qui a donné son titre à ce blog:

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi


ce qui donne un 4-6-3 (treize syllabes). J'ai bien essayé de faire un 5-7-5 :

allongé sur l'herbe
dans mon grand manteau d'étoiles
heureux, j'ai dormi


Félicitations, vous venez d'assister à un beau massacre. Ce qui était léger (le karumi cher à Bashô) s'est irrémédiablement alourdi de toutes ces chevilles (grand, heureux), et au lieu d'allongé, je pourrais plutôt dire vautré, parce que c'est bien ce que j'ai fait avec cet essai!
Toute la pureté de cette nuit à la belle étoile, toute la force de la situation s'est envolée, engluées dans une prosodie de convenance où les ajouts ... n'ajoutent rien!
 Et pourtant, c'est un 5-7-5.

Après de nombreux essais, et après avoir pris l'avis d'haïjins expérimentés en qui j'ai toute confiance (Francis, Yves, si vous me lisez ...), j'en reste définitivement à mon 4-6-3, même s'il ne constitue pas ce que j'appelle un haïku canonique.

L'esprit doit avoir priorité sur la lettre. Kana
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5 janvier 2006 4 05 /01 /janvier /2006 11:30
Un de ces jours à priori mal parti où le temps maussade rejaillit sur votre attitude. Et il suffit de rester ouvert et d'observer autour de soi au lieu de garder le regard tourné vers sa propre (mauvaise) humeur pour que tout s'éclaire:

grisaille hivernale
mon reflet dans une flaque -
le ciel me sourit

Christine m'a demandé un jour ce qui me poussait à écrire des haïkus. Voilà bien l'une des raisons, et si le seul effet de l'écriture était de me donner cette ouverture au monde, ce serait déjà énorme! Quand je vous dis qu'il vous faut essayer
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4 janvier 2006 3 04 /01 /janvier /2006 15:10
Le haïku est concis, la langue française ne l'est pas naturellement. Nous devons respecter une construction de phrase et une syntaxe bien précises que l'on ne peut bousculer trop sans verser dans l'obscurité ou le style télégraphique.

En principe, le haïku classique emploie des mots simples. Ce n'est pas une poésie flamboyante, encore moins hermétique. Toutefois, il n'est pas interdit, puisque c'est aussi une poésie de l'humour et de la légèreté (le karumi cher à Bashô) d'utiliser à bon escient un procédé amusant: le mot-valise.

Petit fictionnaire illustré par Alain Finkielkraut (éd. du Seuil)C'est dans le livre Ralentir: mots-valises d'Alain Finkielkraut, ressorti depuis sous le titre Le petit fictionnaire illustré (éditions du Seuil) que j'ai pris contact avec cette cocasse manière de bricoler des mots avec d'autres mots, du lego lexical en somme. Ainsi du bahuri (un lycéen peu futé), du wagabon (un wagon qui se détache du train pour vivre sa vie tout seul) ou du truculent masturbin (point de vue ouvrier sur la masturbation).

Le procédé est maintenant passé dans le langage courant. Qui n'a pas entendu parler du publipostage, enfant monstrueux du postage et de la publicité qui encombre nos boîtes à lettres? Et je ne résiste pas au plaisir de citer le sketch de Jean-Marie Bigard à propos des inventions de langage des lendemains d'ivresse, avec les fameux bonjeoir (combinant boujour et bonsoir, pratique quand on ne sait même plus l'heure qu'il est), c'est clur (contraction de c'est clair et c'est sûr) et le monumental tu te laisses poustache (tu te laisses pousser la moustache).

Quel rapport avec le haïku? Voici: il y a quelque temps, j'avais écrit:

dans leur bruissement
on ne sait où elles se hâtent
les feuilles mortes


Je restais insatisfait de la première ligne. Elle ne rendait pas assez à mon goût le son très particulier des feuilles qui frottent le sol, à la fois léger et pourtant très net, agaçant l'oreille, ni leur frôlement, cette fuite rapide au ras du sol. Bruissement, frôlement, fuite ... j'ai longtemps cherché. Jusqu'à ce que j'écrive finalement:

dans leur fruissement
on ne sait où elles se hâtent
les feuilles mortes


qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais qui me satisfait aujourd'hui. Juste une lettre déplacée, un f pour un b. J'aime ces petits détails qui font basculer la perception.

Ce n'est toutefois pas un procédé (je n'aime pas trop le mot en matière de poésie) que j'emploierai souvent. A mon sens, la langue est assez riche pour ne pas avoir à trop user de ce genre de malice. Le débat est ouvert ... qu'en pensez-vous?
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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 14:25
Et voilà, Paris reprend son visage habituel après les fêtes. Lorsque j'étais gamin (à la campagne, donc), je n'aimais pas tellement cette période. On démonte les décorations de Noël, les guirlandes, les villes et villages redeviennent tristes et gris. Dans les magasins, les jouets font place au blanc dès le 2 janvier, bref bonjour l'utile, le prosaïque, au revoir le rêve et la féérie jusqu'à la prochaine fois.
J'ai beau avoir grandi (pas trop en taille ...), je n'aime toujours pas cette période, surtout depuis que je suis à Paris, et que je vois des sapins qui ont donné tant de joie abandonnés, souvent à même le trottoir, témoins reniés de fêtes pourtant toutes récentes. Ils m'ont toujours fait de la peine, ces sapins abattus pour quelques jours de fête puis mis au rebut:

sapins de Noël
jetés nus sur le trottoir
quelle ingratitude!
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 13:34
Ces huit jours de congés sont vite passés. J'en ai bien profité, même si je ne me suis pas reposé tant que ça. Une semaine en famille, ça fait du bien. J'ai notamment pu m'occuper de mon fils et jouer avec lui, c'est l'essentiel. Néanmoins, lorsqu'il a fallu se lever ce matin, j'ai regretté la douce tiédeur de mon lit:

matin de givre
mes doigts gourds serrant la tasse
l'odeur du thé vert


Allez, c'est parti pour une nouvelle année.
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:28
Manteau d'étoiles est né à la mi-novembre, et vous avez déjà été près de mille huit cents cinquante à lui rendre visite, consultant plus de huit  mille trois cents pages. A toutes et à tous, j'adresse mes remerciements et vous souhaite ainsi qu'à vos proches une excellente année 2006. J'espère que ce blog continuera à vous apporter un peu de poésie et de détente. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires, ils me sont précieux et, surtout, me font très plaisir. Encore merci!

Pour nous, l'année a commencé tranquillement en famille. Comme le veut la tradition, nous avons échangé avec mes parents le gui porte bonheur. Ce gui, auquel les druides prêtaient des vertus protectrices, et que l'herboristerie et même la médecine moderne utilisent. Il aurait même des vertus contre le cancer. Amusant de voir comment les dernières avancées de la science confirment l'antique tradition celtique des druides cueillant le gui sur les chênes sacrés.

Et bien sûr, il y a le baiser sous le gui, à échanger lors du passage à la nouvelle année, coutume aujourd'hui un peu oubliée, autrefois lourde de sens.

sous le vert feuillage
j'ai embrassé ma mie
au gui l'an neuf


J'ai écrit cela en pensant à la poésie de Paul Fort, faites de mots simples et forts (sans jeu de mots) et qui a bercé mes années d'écolier (comme dirait l'un de mes collègues, "on voit bien que t'as quarante balais!"). Elu Prince des Poètes par ses pairs -il succéda à Paul Verlaine, excusez du peu- Paul Fort aimait cette langue un peu vieillie mais si belle des vieilles chansons de France. Avec sa gaieté, non dénuée d'espièglerie et son amour de la Nature, Paul Fort me paraît assez proche de l'esprit des haïjins, et je suis persuadé que Bashô et Ryôkan l'eussent  apprécié.

Un autre haïku de circonstance:

ivre de gui
la grive draine jase
au seuil de l'année


La grive draine, encore appelé grive du gui à cause de son net penchant pour la petite baie blanche, peut s'en gaver jusqu'à devenir saoûle. L'expression "saoûl comme une grive" n'est pas un vain mot, et rien n'est plus drôle que de la voir regagner sa demeure d'un vol hésitant et lourd, au ras du sol. Sa collègue, la grive musicienne, n'est pas en reste avec les raisins, mais je vous raconterai ça un jour d'automne.

A part ça, l'année a commencé à Paris avec du vent et de la pluie, mais cela n'est pas grave:

pluie et vent glacés
se retourner sous la couette
effleurer sa hanche


Encore une fois, bonne et heureuse année et n'oubliez pas: le bonheur est dans le pré...
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31 décembre 2005 6 31 /12 /décembre /2005 15:20
... année qui s'achève. 2005 aura été fertile en événements et en émotions, en particulier avec la naissance de Florian, qui soufflera bientôt sa première bougie.

Je me souviens de Christine l'an dernier, radieuse, belle comme un coeur avec son ventre bien rond, et qui avait dû trinquer au Champomy pour la nouvelle année. Elle va pouvoir se ratrapper ce soir!

En pleine préparation du réveillon de la Saint Sylvestre, un petit senryu espiègle, le dernier de l'année, et qui pourra le cas échéant servir de test de diction en cas de repas (trop) bien arrosé:

flocon solitaire
cherche congénères pour
faire une congère


A l'an prochain!
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30 décembre 2005 5 30 /12 /décembre /2005 16:29
Hashimoto Takako (1899-1963) fut une haïjin à une époque où on ne laissait guère les femmes s'exprimer autrement que dans le carcan de la tradition. Née et élevée à Tokyo, Takako était la petite-fille du directeur de la très réputée école de Koto Yamada, instrument dont elle était elle-même une virtuose. On s'attendait à ce qu'elle succède un jour à son grand-père, mais elle perd son père à l'âge de douze ans et on la fiance bientôt avec un homme de dix ans son aîné. Elle épouse ainsi Hashimoto Toyojiro en 1917 et, symboliquement, renonce définitivement à la pratique du koto. Toyojiro est architecte. Il a fait en partie ses études aux Etats-Unis et a l'esprit plutôt ouvert pour l'époque. Il est sincèrement épris de sa jeune et belle épouse et va encourager ses penchants artistiques. Dans une villa de style Tudor que Toyojiro a fait construire au sommet d'une colline, le couple accueille de nombreux artistes et écrivains. Auprès du voisinage, ils font figure de "stars hollywoodiennes" avec leur grosse voiture, très rare pour l'époque.

Parmi les invités du couple figurent plusieurs auteurs de haïkus, notamment des femmes, dont Sugita Hisajo. A cette époque, émergent plusieurs haïjins féminines qui incarnent le changement culturel de l'ère du Meiji. Elles s'écartent résolument du rôle traditionnel dévolu à la femme japonaise et incarnent le féminisme naissant au Japon. Une voie qui ne pouvait qu'intéresser un esprit indépendant et brillant comme celui de Takako.

Encouragée par son époux, Takako apprend à vingt-deux ans l'art du haïku avec Sugita Hisajo, faisant preuve d'excellentes dispositions. Son mentor publie ses premières oeuvres dans des revues locales, attirant rapidement l'attention sur la jeune poétesse. Sa renommée croît rapidement, et à moins de trente ans, elle est reconnue à la fois pour son art et pour sa grande beauté.

Malheureusement, son mari bien-aimé tombe malade et décède en 1937, la laissant élever leurs quatre filles. Jusqu'au bout, elle se sera occupée de lui et ne se remettra jamais tout à fait de cette perte.

Ne cessant d'écrire des haïkus, impliquée dans plusieurs cercles de poètes et revues de haïkus qu'elle fonda ou aida à fonder, Hashimoto Takako s'affirme comme la haïjin la plus populaire du Japon. Même après son décès d'un cancer en 1963, divers sondages auprès des amateurs du genre la placent régulièrement en tête.

Son style est sobre, proche de la tradition. La première fois que j'ai eu l'occasion de lire ses oeuvres (grâce à Jean Antonini de l'AFH, qu'il en soit chaudement remercié ici), j'ai été littéralement cloué sur place  par la puissance évocatrice des haïkus de Takako, qui puisent directement dans son histoire personnelle des accents très émouvants, sans toutefois céder un seul instant au pathos dont un occidental n'hésiterait pas à user. Hélas, ses oeuvres sont difficiles à trouver. Les poèmes suivants sont extraits de Neige des lointaines cimes publié et traduit par Makoto Kemmoku et Patrick Blanche au Japon. C'est en lisant de telles merveilles que je mesure le chemin que j'ai à parcourir ...

Le parfum des lys
Une infirmière qui peigne
les cheveux d'un mort

Mon époux couvert
par les chrysanthèmes blancs
Juste en soustraire un

Neige impétueuse
Dans ses bras je me trouvais
le souffle coupé

Le bout d'une lame
pénétrant la pêche rose
cassant le noyau

En lambeaux mon passé
Par poignées tombent les
fleurs de cerisier

Regrets de mon époux...
La chouette me hulule
de m'éteindre aussi
Deux sites (hélas en Anglais) consacrés à Hashimoto Takako:
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29 décembre 2005 4 29 /12 /décembre /2005 22:52
Je travaille dans l'informatique, ce qui n'est pas sans provoquer certaines déformations professionnelles ...

Ainsi, en m'endormant hier soir, je me demandais s'il existait des programmes de génération automatique de haïkus. Ce matin, j'ai posé la question à l'ami Google, et bien sûr, ça existe. Il y a plusieurs générateurs de haïkus, le plupart du temps anglophones. En Français, j'ai retenu les deux suivants:

Le résultat est assez réjouissant. Bien sûr, ce ne sont pas à proprement parler des haïkus, mais ça y ressemble d'assez près. Le ton est relativement bien imité, et certains vers, pris isolément, seraient assez crédibles. Détail amusant, l'haïku-tron génère des poèmes de 7-5-7 vers et non 5-7-5 suite à une coquille du dictionnaire dans lequel l'auteur du programme a pris la définition du haïku!

En m'amusant avec ces deux générateurs, je me demandais cependant ce qu'un programme plus élaboré, dans lequel un auteur définirait son glossaire personnel et relié à un saïjiki correct pourrait donner. Ce serait sans doute plus réaliste, tout en restant une pure illusion. Si la poésie n'était qu'une question de technique et de simple combinaison de mots extraits d'un glossaire, cela fait longtemps que les ordinateurs seraient poètes. Et pourtant, un ordinateur a bien défié avec succès un champion d'échec ...

Petite pensée un peu angoissante tout de même ...
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28 décembre 2005 3 28 /12 /décembre /2005 08:05
Nous avons eu une belle chute de neige sur Paris hier. Les flocons, portés par un léger vent, semblaient ne jamais devoir se résoudre à tomber.

 Les flocons de neige me fascinent. Ils sont éphémères, mais leur accumulation peut donner des neiges éternelles. Leur construction physique est d'une complexité remarquable, puisqu'elle s'inscrit dans la théorie des fractales. Mieux, chaque flocon est unique, comme un être humain (mais j'en dis peut-être trop ...)


valse des flocons -
une brève éternité
entre ciel et terre
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