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Manteau d'étoiles, l'haïku-blog de Richard

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Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

A tout moment, vous pouvez revenir à la page d'accueil en cliquant sur la bannière ou sur l'image de droite. Si vous êtes perdus, vous trouverez aussi de l'aide ici. Bonne visite!

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Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

Vous pouvez si vous le désirez réagir sur chaque article en utilisant le lien "Ajouter un commentaire" et, si vous avez apprécié votre visite, vous pouvez aussi recommander ce blog.
23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 09:20
Denfert-Rochereau -
bien au-dessus des manifs
un héron cendré

 
Certains se demanderont pourquoi j'écris sur les hérons, soupçonnant une japoniaiserie quelconque (je ne vise personne .. ou plutôt si, il se reconnaîtra!). Il n'en est rien. J'écris sur les hérons parce que j'en vois depuis toujours : sur l'Yerres, près de la maison de mon enfance à Varennes-Jarcy, dans le bois de Boulogne, que je traverse matin et soir pour aller au travail (épargnez-moi les sous-entendus ...), au pont de Suresnes non loin du bureau.

Dès qu'il y a un peu d'eau et du poisson, vous trouverez des hérons cendrés, même très près des activités humaines. C'était cependant la première fois que j'en voyais un au-dessus de Denfert-Rochereau. Sans doute venait-il du parc Montsouris, qui possède un joli plan d'eau.

Quant aux oiseaux marins, ils remontent de plus en plus loin à l'intérieur des terres et sont communs à Paris. Du reste, la biodiversité de la capitale est surprenante.

au pont de l'Alma
les feux de la tour Eiffel
sur un vol de mouettes

 

 

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 18:25
Telle un caillou tombant dans une eau calme, la soirée de lundi semble générer des ondes loin de son point d'impact!

Depuis ce matin, les discussions vont bon train sur haiku-fr et gong_haiku (la liste privée de l'AFH). Neko et moi parlons de notre expérience, notamment des aspects délicats de la lecture du haïku.

Mon expérience l'a prouvé, opter pour une lecture naturelle ne suffit pas toujours. Les mots du haïkus sont parfois très ordinaires. Un lecteur inattentif peut passer sur ce qu'il voit comme une banalité, alors imaginez un auditeur qui ne peut le relire!

C'est certain, il reste un équilibre à trouver pour laisser partir cette "bulle de savon" qu'est le haïku.  Il n'est évidemment pas question de le déclamer de manière emphatique, ça reviendrait à chausser de plomb une ballerine.

La clé se trouve peut-être dans le temps de pause entre deux haïkus. Ce qui peut paraître banal à un auditeur inattentif n'est que le point de départ d'une résonance. On doit sans doute lui laisser le temps de se développer, sans quoi l'impact de ces trois petites lignes peut paraître faible sur le moment. Accorder le rythme de lecture à celui du souffle. On a coutume de dire qu'un haïku doit pouvoir se lire dans une seule respiration, ce n'est sans doute pas par hasard. Il faut laisser à l'auditoire le temps de remplir le silence avec les multiples sens suggérés, de remplir tout le champ des possibles.

Une seule solution : essayer, et donc recommencer à la première occasion!

A ce propos, d'autres soirées du même type sont envisagées en province, et ce n'est pas l'effet le moins sympathique de la séance du 20 mars (l'effet Neko!) Dès que j'aurai des précisions (dates, lieux, horaires et programmes), je ne manquerai pas d'y consacrer un billet.

Je trouve très sympathique cette éclosion printanière d'événements haïkus!
 

le printemps est là -
les bourgeons sur les branches
les haïkus aux lèvres

 
Encore une fois, il faut féliciter et remercier chaleureusement Neko pour l'organisation magistrale de la soirée du 20 mars.
 

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21 mars 2006 2 21 /03 /mars /2006 21:18
Eh bien voilà, c'est fait. Ma première lecture de haïkus en public. Et ce fut très intéressant.

Arrivé vers 19h15, je suis accueilli par Neko, toujours aussi dynamique.

Peu à peu, le musée Adzak se remplit. Je n'ai jamais été capable d'évaluer une foule d'un coup d'oeil, mais je dirais qu'on était peut-être une trentaine.

Le musée Adzak est un endroit convivial, un atelier où peintures, sculpture et photographies se côtoient. Tout le monde se connaît plus ou moins, ce qui fait beaucoup pour la chaleur du lieu. Heureusement pour moi, car je suis tout de même légèrement tendu.

Les intervenants sont bientôt là : Gisa, poétesse brésilienne écrivant en Français, Patrick Palaquer (P.P.), Neko et moi. Amel n'a pu venir de Tunisie, ses haïkus seront lus par Neko. Une partie musicale sera assurée par Paul Francis, auteur-compositeur britannique, venu avec sa guitare.

Après un énergique coup de gong, Neko commence par expliquer brièvement ce qu'est le haïku avant de donner quelques exemples tirés des classiques japonais. Elle lit ensuite les haïkus d'Amel, puis me passe la parole.

Sans avoir franchement le trac, car l'ambiance est chaleureuse, je suis toujours ennuyé par le problème que j'évoquais hier : comment dire les haïkus? Au pied du mur, je décide d'être le plus naturel possible. Je lis une vingtaine de haïkus sur les cinquante que j'ai sélectionnés.

A vrai dire, je suis un peu crispé, à tel point que je ne perçoit pas les réactions de la salle, sauf sur le dernier. Apparemment, c'est positif.

Neko prend le relais. J'admire sa lecture, car ses haïkus usent énormément d'assonances et de jeux de mots, en rendant  la lecture encore plus difficile. Ca passe tout seul, elle est à l'aise.

Suit Gisa qui nous lit quelques textes courts, malheureusement peu, j'aurais aimé en entendre plus car j'ai apprécié son écriture.

Place à la musique avec Paul, qui chante ses propres compositions en s'accompagnant à la guitare. C'est la grande surprise de la soirée. Pour commencer, Paul écrit ses chansons en Anglais, puis les traduit et les interprète en Français. Ensuite, son jeu de guitare est très personnel, à la fois rythmé et mélodique, avec une nette influence flamenca, mais aussi orientale et quelques accords colorés assez brésiliens. Les textes sont magnifiques, bien servis par une voix chaude auquel un léger accent britannique -pas désagréable- ajoute un intérêt indéniable.

Pendant la pause qui suit, je discute avec deux ou trois personnes, dont un réalisateur qui s'étonne que ma formation scientifique n'ait pas nuit à ma sensibilité littéraire. Je lui explique que ce sont pour moi deux choses bien séparées : les sciences pour la tête, les lettres pour le coeur. J'aime comprendre comment fonctionnent les choses, c'est mon côté scientifique. Mais j'aime aussi en avoir une connaissance plus intuitive, plus globale. Les poètes et les philosophes ont parfois eu des intuitions fulgurantes que la science ne confirmait que bien plus tard. Je suis persuadé que la Connaissance avec un grand C est trop vaste pour se laisser appréhender d'une manière unique.  Tout comme il existe plusieurs chemins pour arriver au sommet de la montagne, il existe un lieu où se rencontrent les savants, les philosophes et les poètes, quel que soit la manière d'y arriver.

On reprend ensuite la lecture des haïkus avec Neko et ses chats turbulents. Je prends la suite avec le reste de ma sélection. Neko m'ayant fait remarquer à juste titre que j'avais lu un peu trop vite, je prends garde cette fois à adopter un rythme plus lent, en prêtant bien plus attention à l'auditoire. Et ça fonctionne tout de suite mieux. La relation s'établit, et j'y prend moi-même beaucoup plus de plaisir, même si les applaudissements me font toujours une impression étrange.

Neko enchaîne par la lecture des haïkus de P.P. qui préfère rythmer la lecture de coups de gong de fort bonne facture. 

Paul reprend sa guitare pour d'autres chansons tout aussi fortes que les premières.

Hélas, il se fait tard et je ne peux rester jusqu'au bout. Je repars néanmoins ravi de l'expérience. Même si je n'ai toujours pas résolu le problème de la lecture du haïku, de la manière de dire ce qui est presque silence, je ne regrette pas de l'avoir  tenté.

Cette nuit, j'ai curieusement rêvé de Maurice Bourg, mon prof-poète de Première, sans doute parce que cette soirée m'a rappelé les séances auxquelles il conviait des poètes contemporains le samedi après-midi.

Ce matin, j'ai relu ce poème inédit qu'il avait publié dans la revue Poésie 1 (le N° 41 de mai-août 1975) :

Il est midi
l'été

l'arbre le sait
la lumière
le rapproche

de face
et de profil

sans projet


Bien que ce ne soit pas formellement un haïku, quelle économie de mots, quel art dans la suggestion. Là aussi, l'essentiel se trouve dans les silences entre les mots.
 

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 09:00
Bien, j'ai sélectionné cinquante haïkus pour la lecture publique de ce soir.

Je ne les ai pas classés par saisons, comme on le voit souvent dans les livres consacrés au haïku, je trouve cela un peu scolaire. Je préfère me ménager la possibilité de changer l'ordre de lecture en fonction de mon humeur du moment et de la réaction des personnes présentes.

A ce propos, j'ai souvent lu qu'un haïku devait toujours être testé par une lecture à haute voix. Personnellement, j'ai un petit problème avec ça. Pour moi, le haïku se lit en pensée. Tout au plus dans un murmure. C'est une poésie qui dérange à peine le silence. Il se déguste dans un beau livre, se lit plusieurs fois de suite, car le plus important se trouve entre les mots, dans la résonance qu'ils vont avoir dans l'histoire personnelle du lecteur. Certains vous toucheront parce qu'ils éveillent un souvenir ou correspondent à une expérience vécue et peut-être jamais verbalisée. Votre voisin n'y verra rien d'intéressant mais s'enthousiasmera pour un autre qui vous laisse froid. C'est ainsi, chacun possède sa propre "acoustique intime".

Ce n'est pas tant ce que le haïku dit que ce qu'il suggère qui est important. Jetez un caillou minuscule dans l'eau calme d'un étang. Attendez quelques instants et voyez jusqu'où s'étendent les ondes qui partent du point d'impact. C'est tout à fait l'effet d'un haïku, pour peu qu'il soit reçu avec un esprit disponible (comme l'eau calme, précisément. Mizu no kokoro : l'esprit comme l'eau).

Aussi, je me demande encore comment je vais lire mes haïkus à haute voix. Je ne vais tout de même pas la jouer à la Luchini, en répétant plusieurs fois les passages qui paraissent importants, ça irait à l'encontre de la légèreté du genre.

On verra bien, en fonction de l'ambiance. A ce soir peut-être ...
 

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19 mars 2006 7 19 /03 /mars /2006 17:08
Le printemps arrive officiellement demain (même si j'ai adopté sur ce blog le découpage japonais des saisons, avec un printemps débutant le 4 février).

De bon matin, un indice bien sympathique annonce l'arrivée du renouveau :

préparant le thé
le chant des oiseaux mêlé
à celui de la bouilloire


Il est temps de faire provision de lumière et de chaleur, on en a grand besoin. Si la première est bien présente, en dépit des passages nuageux, ce n'est pas gagné pour la seconde.

malgré le ciel bleu
on frissonne au soleil
ah ! le vent de mars


Quant au ciel, il est toujours aussi variable, fascinant dans son impermanence :

le ciel de mars !
    toujours changeant
       toujours changeant
 

dans le ciel de mars
les nuages s'effilochent -
mon esprit aussi


... ce qui n'empêche pas que :

jaunes, blancs, violets
la pelouse en habits de fête -
crocus ouverts


Il est temps pour moi de finir de préparer la venue du printemps. Et pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, de voter pour le croissant de lune !

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 18:57
Malgré les controverses dont il a été et est toujours l'objet, j'aime les propos du gourou indien Rajneesh qui avait  pris le nom d'Osho. Ceci par exemple :

Un homme libre n'appartient qu'à lui-même et à personne d'autre.
Un homme libre est simplement une énergie sans nom, sans forme, sans race,
sans nation.


J'aime cette idée de l'homme libre en tant que pure énergie, dégagé de toute contingence. Il m'est souvent arrivé de méditer sur les conséquences des actes de tel ou tel personnage célèbre (quel que soit le domaine dans lequel il a exercé et quelle que soit l'époque). En effet, pour imprimer une marque aussi importante qu'un Vinci, un Pasteur, une Curie ou même (hélas!) un dictateur, il faut que l'être humain, au-delà de son corps, soit énergie, parfois très importante. Qu'elle soit bien ou mal employée est un autre débat, dans laquelle je ne m'engagerai pas ...
 
Le rapport avec le haïku semble ténu. Si ténu que j'ai mis plusieurs heures à compléter ce billet qui semblerait bien éloigné de mon thème favori. En fait, je pense que toute action est une émanation de cette énergie qui nous anime. Quoi que l'on fasse, cette énergie laisse une trace sur le monde, bonne ou mauvaise, fugace ou durable. Paradoxalement, les choses les plus évanescentes en apparence peuvent receler une énergie insoupçonnée comme, au hasard, les si petits haïkus. Etant les témoins d'un instant précieux -donc d'une émotion ressentie- et le résultat d'un choix patient des mots, de ce qui est dit et surtout de ce qui est suggéré, ils concentrent tous les efforts de leur auteur. Dès lors, ils constituent une sorte d'essence émotionnelle particulièrement riche. C'est peut-être ce qui fait leur puissance et leur universalité. Ils sont, comme l'homme libre d'Osho, des moments de liberté ressentis et transmis par le haïjin, d'une manière aussi pure que possible.

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17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 15:05
matin de printemps
un instant sur la fenêtre
l'ombre du corbeau

matin de printemps
sur la ville étincelante
le reflet des nuages

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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 13:02
Je vais sans doute en décevoir plus d'un, mais rien de croustillant sous ce titre !

J'ai reçu récemment deux courriels du site Mille Poètes annonçant la naissance d'une nouvelle collection Haïku & Tanka, inaugurée par deux recueils, Déjà demain, d'André Duhaime et Un chemin où il n'y a personne, de Philippe Quinta. André est bien connu pour son site Haïku sans frontières et Philippe intervient très régulièrement et avec talent sur haiku-fr. Etant donnée la qualité des réalisations de Mille Poètes, déjà éditeurs de la revue Haïkaï (entre autres choses), on ne peut que saluer la naissance d'une collection consacrée au haïku et au tanka.

Parallèlement, je commençais hier à préparer la soirée du 20 mars en choisissant une cinquantaine de haïkus. Réalisant que le fameux petit carnet de papier du Tibet qui rassemble toute ma production était bien fragile et facile à perdre, j'en ai profité pour mettre tout son contenu sur ordinateur, le tout sauvegardé en trois exemplaires (on n'est jamais trop prudent). Résultat : environ cent quatre-vingt dix haïkus et senryûs. Certes, c'est encore peu, mais ça commence à ressembler à quelque chose. Et tout doucement germe l'idée d'un vrai recueil. Un vrai Manteau d'étoiles en papier bien concret. Seul hic, j'aimerais qu'il soit trilingue : français, anglais, japonais. Quitte à envoyer mes haïkus dans la nature, autant qu'ils aillent se frotter au maximum de personnes, y compris au Japon, dont je souhaite et redoute à la fois le jugement.

Idéalement, j'aimerais les avoir en écriture japonaise (y compris transcription romaji).

Quant à l'anglais, bien que le parlant assez bien, mon niveau de langue est insuffisant pour envisager la traduction de poèmes, fussent-ils les miens.

Donc, ce billet est un appel : se trouverait-il des personnes bilingues disposées à m'accompagner dans ce projet un peu fou de recueil trilingue ?

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15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 09:00
The haiku Box - Lonnie Hull DuPont - éd.JourneyEn flânant à la librairie Junku à Paris, je suis tombé sur The Haiku Box, un coffret en Anglais par Lonnie Hull DuPont aux éditions Journey.

Vous l'aurez deviné : c'est un kit pour écrire des haïkus. A priori, le genre de chose à fuir, presque aussi vite que les haïku-trons.

La fameuse boîte à outils contient un livre de soixante pages intitulé Footprints in the snow exposant les principes de base, cinquante petites cartes comportant chacune un mot "choisi soigneusement" nous dit-on, un petit sac beige pour mélanger et tirer au sort lesdites cartes et enfin un carnet vierge A new view of the moon pour y consigner vos créations.

La curiosité étant ce qu'elle est, j'ai quand même acquis l'objet, me disant au pire que ce serait un exercice stimulant de tirer un mot au sort et de bâtir un haïku autour. Après tout, certains concours de haïkus imposent un thème ou une liste de mots à inclure obligatoirement dans les poèmes candidats alors ...

Première constatation, la réalisation est soignée, y compris celle des fameuses cartes et du "sac à malices".

Seconde constatation : le livre d'initiation constitue une excellente surprise. En soixante pages, on trouve l'essentiel pour bien démarrer. Les esprits chagrins ou les fanatiques du haïku dit "libre" déploreront l'accent mis sur la forme traditionnelle en 5-7-5, mais comme le dit l'auteur, avant de s'éloigner de cette forme, un peu de discipline ne nuit pas si l'on veut éviter de faire n'importe quoi. Elle n'exclut pas, une fois cette discipline acquise, de s'en éloigner ensuite, au moins saura-t-on pourquoi on le fait.

J'ai tout particulièrement apprécié l'accent mis sur la dimension spirituelle de l'écriture. Pour Lonnie Hull DuPont, composer des haïkus relève clairement d'une démarche de recherche et de réalisation de son être profond. Les premières lignes du livre donnent tout de suite le ton :

Nous sommes tous des chercheurs. Chacun de nous doit trouver sa propre méthode de recherche. Beaucoup s'embarquent d'une manière ou d'une autre dans un itinéraire spirituel et, tout au long de ce chemin, nous trouvons ce qui peut nous aider à approfondir notre démarche, mettre en pratique ce en quoi nous croyons et vivre l'instant présent (traduction de votre serviteur)

Intéressant n'est-ce pas? Moi qui craignait le recueil de recettes de cuisine, j'avoue m'être totalement trompé. Le livre continue en parlant de l'écriture du haïku comme de l'un des nombreux moyens de démarrer ou approfondir une pratique spirituelle en raison de ses caractéristiques : brièveté, accent sur un moment, précision du choix des termes, proximité de la nature. Les liens avec le Zen sont aussi abordés, ce qui agacera ceux qui ne veulent pas en entendre parler.

Un passage particulièrement intéressant concerne la recherche de ce que l'auteur nomme le "moment haïku", ce fameux instant déclencheur du désir d'écriture. Celui qui vous paraît mériter qu'on le fixe et le transmette dans ce minuscule poème. Elle rappelle à cet égard la pratique japonaise du "poème de mort", l'équivalent des "derniers mots" en occident. Le dernier poème d'un haïjin est en effet celui du moment suprême, celui où le poète va quitter ce que les bouddhistes appellent "ce monde flottant" (traduire monde d'illusions, monde d'impermanence). Loin d'être une fascination morbide, ce goût des Japonais pour ces poèmes témoigne d'un profond respect pour l'être qui va partir et "voit" déjà l'autre monde tout en disant adieu à celui-ci, souvent avec une clairvoyance et un sens de l'essentiel aiguisés par les circonstances. J'ai déjà donné des exemples de tels poèmes dans les billets consacrés aux Maîtres, et il faut avouer que ces haïkus sont souvent magnifiques et poignants.

Les deux derniers chapitres sont consacrés à la pratique, avec notamment des exercices visant à utiliser les fameuses cartes. Là encore, on aurait pu craindre les recettes de cuisine simplistes. En fait, les exercices proposés sont assez stimulants, par exemple choisir un animal pour la première ligne du haïku, des conditions météorologiques pour la seconde et piocher une carte pour la troisième, ou bien choisir un mot au hasard dans les derniers haïkus écrits et les compléter par une carte. Ecrire un nouveau haïku basé sur ces mots.

Conclusion : une très bonne surprise, je ne regrette pas l'achat de ce coffret. Au passage, mention spéciale à la librairie Junku, très bien achalandée. On y trouve notamment un bon choix d'ouvrages des éditions Moundarren, une référence en matière de poésie orientale, tant par la qualité des traductions que par celle des reliures. Le service est japonais, c'est à dire impeccable et d'une exquise politesse. En outre, pour ceux qui ne peuvent aller à Paris, leur site web est fort bien fait.
 

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14 mars 2006 2 14 /03 /mars /2006 07:02
réveil matinal
sans déranger le silence
contempler le ciel

soleil printanier
même la pie prend des couleurs
quand elle s'envole

fin du jour -
dans le ciel de mars la lune
déjà haute


N'oubliez pas de voter pour le croissant de lune et pour le concours de haïkus de Marco Polo magazine (jusqu'à demain, 15 mars).
 

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