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Manteau d'étoiles, l'haïku-blog de Richard

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Texte Libre

Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

A tout moment, vous pouvez revenir à la page d'accueil en cliquant sur la bannière ou sur l'image de droite. Si vous êtes perdus, vous trouverez aussi de l'aide ici. Bonne visite!

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Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

Vous pouvez si vous le désirez réagir sur chaque article en utilisant le lien "Ajouter un commentaire" et, si vous avez apprécié votre visite, vous pouvez aussi recommander ce blog.
20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 08:36
matin frisquet -
la feuille va se réchauffer
entre deux seins ronds
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 21:21
la tiédeur de ma fille
posée dans son lit
- encore dans mes bras
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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 20:42
Chute brutale des températures aujourdhui. Les prévisions donnent une belle fin de semaine avec du soleil, mais  confirment la  tendance. L'automne prend  le pouvoir et l'été indien s'éclipse .

premiers froids -
dans le bleu pur du ciel
les nuages ralentissent

Le ciel transparent du matin a peu à peu laissé la place à un ballet étonnant de formes et de couleurs au fur et à mesure que les nuages passaient dans la lumière changeante de cette mi-octobre.

toute la journée
le ciel d'automne a déroulé
son  brocart

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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 19:47
deux garçons et une fille
deux bourdons autour d'une fleur
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 14:17
Journée exceptionnellement douce pour cette mi-octobre. Les nuages matinaux se sont vite dispersés, et on sentait  à une certaine qualité de la lumière que nous allions avoir une belle journée

douceur d'octobre -
les langues mauves des nuages
lèchent le toit d'en face

On sent comme une ultime langueur estivale dans cette lumière  dorée  et cette  douce chaleur. Les vendanges se terminent, et  il se dit que ce  beau début d'automne aura compensé un été désastreux et sauvé la récolte

paresseusement
la vigne au soleil révèle
le trésor des grappes

Quoi qu'il en soit, c'est le moment de  s'offrir un moment de détente  en se croyant encore un peu en été

rayon de soleil
tout ce qui reste de l'été
dans un cornet de glace
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 21:47
Un joli redoux ce week-end, étonnant pour une mi-octobre. D'une manière générale, ce début d'automne a été particulièrement doux. Les oiseaux profitaient tranquillement du soleil

dernières chaleurs
la corneille, silencieuse
entre trois tourterelles

La  douceur s'est prolongée jusqu'au soir et même au début de la nuit, réveillant quelques insectes étonnés

petit vent tiède -
la girouette rouillée
répond au grillon
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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 21:25
La coupe du monde de rugby  2007 est donc finie pour l'équipe de France, reprise par ses vieux démons  et vaincue par l'Angleterre  14 à 9 hier chez elle, au stade de France.

Après l'exploit de la semaine dernière à Cardiff contre les All Blacks, c'est bien sûr une énorme déception dont on  parlera longtemps et dont on cherchera les causes . Fatigue, coaching défaillant , peu  importe, le résultat est là.

Après un essai  express encaissé à  exactement 1 minute 26 du coup d'envoi, la France a joué un jeu contre-nature, totalement au pied, sans ces départs au large des trois-quarts qui vous mettent un stade debout. A ce jeu-là, les Anglais sont plus forts que nous et l'ont bien montré, surtout que leur buteur vedette Johnny Wilkinson était en forme. A force de copier le jeu des autres, on perd le sien et c'est hélas ce qui s'est passé hier.

Le plus frappant après le coup de sifflet final fut de voir  Sébastien Chabal craquer. Effondré face contre terre, celui que les Néo-Zélandais ont surnommé "l'homme des cavernes" ne se relevait pas, et on voyait distinctement ses épaules secouées par les sanglots. Une image forte symbolisant à elle seule la déception de l'équipe de France et de ses supporters.

France-Angleterre
après la défaite
les montagnes pleurent aussi

La France retrouvera pour la petite finale l'Argentine, logiquement éliminée par de flamboyants Sud-Africains 37 à 13. Un match formidable, avec du rugby comme je l'aime: de la vitesse, des débordements et un ailier épatant, Bryan Habana, auteur d'un doublé fantastique.

La France boucle donc la boucle en retrouvant son adversaire du match d'ouverture. Espérons que l'issue du match ne sera pas la même ...
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 21:36
J'étais en formation en fin de semaine et j'ai déjeuné dans un sushi bar. La mode des sushis, sashimis et autres makis ne se dément pas. Les Chinois, avec leur pragmatisme habituel, sont nombreux à avoir pris le train en marche. Hormis autour de la Bourse et du quartier  Pyramides, la plupart des restaurants japonais ne le sont pas vraiment ...

restaurant japonais -
la serveuse envoie la commande
en chinois

restaurant japonais -
l'œil rond du saumon pendu
peint sur le byôbu

Le byôbu (littéralement "mur de vent") est un paravent japonais décoré de calligraphies et d'estampes. La décoration de ces restaurants respecte toujours scrupuleusement le goût japonais. Cependant, si l'on est attentif, il y a souvent un ou deux petits détails qui clochent...

restaurant japonais -
au dessus de la caisse
un calendrier chinois
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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 12:55
trois heures du matin -
en tête à tête sous les étoiles
la lune et moi
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 09:25
Le destin littéraire de Tan Taïgi (1709-1771) est un peu étrange. S'il apparaît dans de nombreuses anthologies de haïkus, on ne trouve pas d'ouvrages qui lui soient dédiés, c'est un peu le "maître discret" du haïku. Cela me paraît assez injuste, car Taïgi possède une musique bien à lui. Trouver des éléments biographiques détaillés est ainsi plutôt difficile, ce qui montre le relatif désintérêt qu'on lui porte en général. Ainsi, Jean-Jacques Origas dans son Dictionnaire de littérature japonaise l'ignore superbement  ...

Taïgi est contemporain de Yosa Buson, ce qui a peut-être contribué à l'éclipser tant Buson est  LE haïjin de cette génération. Pratiquement tombé dans l'oubli, c'est à Shiki que l'on doit finalement sa redécouverte. Shiki considérait en effet Taïgi comme le seul maître de haïku valable après Buson.

Il naquit en 1709 à Edo (ancien nom de Tokyo).  Taïgi apprit son art auprès du maître Keikitsu, qui faisait partie de la lignée de Kikaku, lui même disciple fameux de Bashô. Kikaku privilégiait l'observation de la vie humaine par rapport à la contemplation de la Nature.

Taïgi s'inscrit dans la grande tradition des haïjins pélerins, qui commence avec Bashô et s'achèvera avec Santoka. Si l'on a peu de détails sur ses périgrinations, on sait qu'il ne se fixera qu'en 1751 dans l'ermitage du poète et maître zen Ikkyû (littéralement "nuage fou"). Influencé par son hôte, il étudia alors le bouddhisme et envisagea un temps la prêtrise, sans toutefois aller jusqu'au bout.

Par la suite, il se fit construire un petit ermitage dans le quartier réservé de Shimahara, où son protecteur Donshi tenait une maison de plaisirs. C'est là que Taïgi passa le restant de sa vie en enseignant l'art du haïku et en faisant l'école aux enfants de ce quartier éminemment vivant ,où il eut l'occasion de cotoyer et fréquenter de nombreux acteurs et gens du spectacle.

Il faut aussi reparler de son amitié avec Buson. Les biographes de ce dernier s'accordent à dire qu'avec Takai Kitô, Chora et Kyôtai, Taïgi aida Buson à mettre au point son style. Ensemble, ils créèrent un courant appelé selon les auteurs "retour au goût de Bashô" ou  "dans le style de Bashô". Il s'agissait d'une écriture où les éléments d'une élégance classique (ga) se mélaient à des éléments contemporains issus de la vie quotidienne (zoku). Cette synthèse donna lieu à un style à la fois nouveau et solidement ancré dans la tradition, spontané et sensuel.

A la mort de Taïgi, Buson devient définitivement le chef de file de cette école. Il est toutefois dommage que son oeuvre immense, tant poétique que picturale -Buson est l'un des plus grands peintres de son temps - ait éclipsé celle de son ami Tan Taïgi.   Qu'on en juge par  les haïkus suivants!

Quoiqu'appartenant à une lignée privilégiant l'observation de la vie humaine, Taïgi excelle dans les haïkus traditionnels traitant de la Nature et des saisons. Il y fait preuve d'un sens aigu de l'observation et d'une expression très subtile.

sieste
la main cesse d'agiter
l'éventail

longue journée
mes yeux se sont usé
à contempler  la mer

oh! une luciole
je voulais crier : "Regarde!"
 mais j'étais seul

enamouré
le chat oublie le riz
qui colle à ses moustaches


"c'est le vent du printemps"
disent maître et valet
cheminant ensembles

un doux parfum  
mais de quelle fleur ?
le bosquet en été

début de l'automne
après le bain
un sentiment de lassitude

on les balaie
et puis on ne les balaie plus
les feuilles mortes

une à une
les étoiles apparaissent
quel froid!

sous la lune froide
seul je marche
le bruit du pont

pas la moindre pierre
à jeter sur le chien
la lune d'hiver

désolation hivernale -
dans le bassin d'eau de pluie
des moineaux se promènent

Mais c'est surtout dans les croquis pris sur le vif de l'activité humaine que Taïgi excelle. Le quartier réservé lui fournit maint sujets de ces saynètes pittoresques.

jouant au volant
innocentes
elles écartent les jambes

premier amour
près de la lanterne
visage contre visage

un voleur nez-à-nez avec
un renard
champ de melons

un souffle de vent :
la brise à travers les pins
refroidit la lame dégainée

le balai de bambou
trop froid pour le tenir
laissé sous le pin

en aval
le bruit d'un filet qu'on jette
sous la lune voilée

après la soupe de poisson-coffre
il psalmodie ses prières
jusque dans son sommeil

(le poisson-coffre, ou fugu, contient un poison fatal. Mal préparé, il est encore de nos jours à la source d'accidents mortels.)

Enfin, l'influence du zen est perceptible dans ces dernières pièces :

un éventail
déposé sur l'autel des voyageurs
au cours d'un pélerinage

le cerisier a fleuri cette nuit.
au delà de la porte du temple,
assieds-toi sur le chemin

des multitudes de moustiques
s'en vont chargés de sang
zazen

brume de montagne -
le gardien du sanctuaire
sonne de la conque

les jours paisibles
de ces années fugitives
oubliés
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