Manteau d'étoiles, le blog haïku de Richard
Nous y voilà!
La plupart des sites ou ouvrages traitant du haïku en donnent une définition très formelle: un poème court de dix-sept syllabes réparties en trois lignes de 5, 7 et 5 syllabes. J'ai moi-même débuté ce blog comme ça. Or, il suffit de lire des haïkus classiques japonais traduits en Français pour s'apercevoir que cette règle n'est que très rarement respectée. Il en est de même des haïkus écrits directement en Français ou dans d'autres langues. Alors? haïkus ou simples poèmes courts? Noter que les divers éditeurs ou sites en ligne proposant des concours de haïkus exigent d'ailleurs souvent le 5-7-5, comme s'il s'agissait là du seul critère faisant d'un tercet un haïku. C'est bien sûr faux, mais il faut reconnaître que c'est un critère objectif facile à vérifier.
Ce débat agite régulièrement les haïjins. Il y a les puristes, tels Philippe Costa qui, dans son Petit manuel pour écrire des haïkus (éd. Philippe Picquier), prône un respect absolu des contraintes de forme ce qui forcerait selon lui à se montrer plus créatif.
Cela se défend, lorqu'on voit ce qu'un Racine, un Baudelaire ou un Nerval ont pu faire dans le format très contraignant du sonnet et de l'alexandrin. Et Philippe Costa d'ajouter: Je crois pouvoir affirmer que vous n'obtiendrez aucune reconnaissance des "hommes de l'art" si vous passez outre aux contraintes de métrique, et ce même si vos poèmes témoignent de la meilleure verve poétique.
Voilà qui a le mérite d'être clair. Voire ... car trois lignes plus loin, l'auteur préconise une certaine souplesse dans certains cas concernant le nombre de syllabes. Et de recourir aux procédés poétiques classiques: élision du e final, diérèse (prononcer vi-o-lon, soit trois syllabes, au lieu de vio-lon, deux syllabes) etc. Et de citer page suivante Tôhô, disciple de Bashô: la nouveauté est la fleur du haïkaï, reconnaissant que la poésie ne s'accommode pas de règles figées.
Inversement, Henri Brunel dans Sages ou fous les Haïkus? (éd. Calmann Lévy) écrit en parlant du haïku français : la règle des dix-sept syllabes est rarement appliquée, et note que : chaque langue suit la pente de son génie singulier, et le Français, plus disert que le Japonais se plie moins facilement à la règle des dix-sept syllabes.
Et en effet, les fameuses dix-sept syllabes réparties en lignes de cinq et sept syllabes font partie du patrimoine poétique japonais et sont au moins aussi importantes que l'alexandrin dans la poésie française.
La langue japonaise est plus elliptique, ne comporte pas d'articles et le sujet d'un verbe peut être omis. Elle est naturellement syllabique (les caractères représentent une syllabe) ce qui en rend le compte facile. Mieux, certains mots n'ont pas une réelle signification, ils font office de ponctuation. On trouvera ainsi souvent dans les originaux japonais ya et kana qui sont respectivement une interjection et une marque d'admiration respectueuse (kana termine fréquemment un haïku). Ces deux mots sont très commodes lorsqu'il manque une ou deux syllabes et n'ont pas le caractère un peu artificiel d'un oh! ou d'un ah! français. Et lorsqu'il y a trop de syllabes, il suffira d'enlever un sujet ou deux et le tour sera joué. Le Français est loin d'offrir ce type de facilité, ce dont sont du reste bien conscients les Japonais francophones, qui mesurent bien le fossé qui sépare nos deux langues. J'ai eu l'occasion de parler de haïku avec trois d'entre eux, et ils étaient très surpris lorsque je leur ai dit que nous tentions de respecter la métrique 5-7-5 et stupéfaits lorsque je leur ai montré ... qu'on y parvenait!
En dépit de toutes ces facilités, les maîtres japonais classiques ont parfois pris quelques libertés avec le 5-7-5. On sait aussi qu'à la fin du dix-neuvième siècle, Hekigodo prôna une liberté de forme, se débarassant même du kigo, le mot de saison et bien évidemment de la contraignante métrique.
Sur les listes de diffusion consacrées au haïku, on lit un peu de tout, mais il n'y a généralement pas d'attitude systématique. On voit souvent que le haïku anglophone tourne autour de quatorze-quinze syllabes (concision de l'Anglais), alors que le Français peut aller jusqu'à une vingtaine du fait de sa structure. Il n'en demeure pas moins que certains, au prix d'un choix très soigneux des mots, se font adeptes d'un minimalisme (une douzaine de syllabes) impressionnant. Tout est dit en 3-5-3 (Marcel, Robert, si vous me lisez ...) sans fioritures inutiles ni, et c'est un exploit, aucune sécheresse. Je reste admiratif, car je me reproche souvent mon côté verbeux (d'ailleurs, cet article ...).
Un exemple de ce minimalisme dû à Marcel :
ciel dégagé -
l'unique étoile
du berger
Pas un mot de trop. Et pourtant lorsque je lis ce haïku, je suis sous le ciel nocturne, et je vois Vénus briller au-dessus de moi. Imparable, magnifique.
Pour ma part, j'adopte comme souvent la "voie du milieu". J'apprécie le 5-7-5 pour son rythme ternaire, son bel équilibre, notamment dû à l'alternance court-long-court. Cependant, je ne lis pas le Japonais, et ce n'est qu'à travers leurs traductions françaises que j'ai pu apprécier les haïkus des Maîtres. La métrique 5-7-5 y était très rarement respectée, et pourtant, j'y ai trouvé cette "saveur" qui me plaît tant et m'a donné envie de m'y essayer. Comment donc considérer la métrique comme un critère absolu? Ce serait incohérent.
Lorsque je compose un haïku, j'essaye donc toujours à priori d'écrire un 5-7-5. Selon que j'obtiens un poème trop long ou trop court, ma démarche est bien différente :
trop long: je tente, sans torturer la syntaxe ni verser dans le style télégraphique, de mieux choisir mes mots pour obtenir un 5-7-5. Si je ne peux y parvenir mais que je suis à dix-huit syllabes, je m'estime satisfait. Il est rare que je dépasse ce compte. Au delà, j'estime que ma construction ou mon choix de mots peuvent gagner en concision, et c'est le signe qu'il faut retravailler le verset. Souvent, c'est un défaut dans l'angle sous lequel j'ai initialement présenté les choses, et ce remaniement est alors salutaire pour la force et la pureté du résultat final.
trop court: cela m'a posé problème au début, et cela me posait toujours problème jusqu'il y a un ou deux mois. Autant gagner en concision permet d'épurer le trait et de gagner en force, autant "rallonger la sauce" est néfaste et ne fait qu'affadir.
Ainsi du haïku qui a donné son titre à ce blog:
couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi
ce qui donne un 4-6-3 (treize syllabes). J'ai bien essayé de faire un 5-7-5 :
allongé sur l'herbe
dans mon grand manteau d'étoiles
heureux, j'ai dormi
Félicitations, vous venez d'assister à un beau massacre. Ce qui était léger (le karumi cher à Bashô) s'est irrémédiablement alourdi de toutes ces chevilles (grand, heureux), et au lieu d'allongé, je pourrais plutôt dire vautré, parce que c'est bien ce que j'ai fait avec cet essai!
Toute la pureté de cette nuit à la belle étoile, toute la force de la situation s'est envolée, engluées dans une prosodie de convenance où les ajouts ... n'ajoutent rien!
Et pourtant, c'est un 5-7-5.
Après de nombreux essais, et après avoir pris l'avis d'haïjins expérimentés en qui j'ai toute confiance (Francis, Yves, si vous me lisez ...), j'en reste définitivement à mon 4-6-3, même s'il ne constitue pas ce que j'appelle un haïku canonique.
L'esprit doit avoir priorité sur la lettre. Kana
La plupart des sites ou ouvrages traitant du haïku en donnent une définition très formelle: un poème court de dix-sept syllabes réparties en trois lignes de 5, 7 et 5 syllabes. J'ai moi-même débuté ce blog comme ça. Or, il suffit de lire des haïkus classiques japonais traduits en Français pour s'apercevoir que cette règle n'est que très rarement respectée. Il en est de même des haïkus écrits directement en Français ou dans d'autres langues. Alors? haïkus ou simples poèmes courts? Noter que les divers éditeurs ou sites en ligne proposant des concours de haïkus exigent d'ailleurs souvent le 5-7-5, comme s'il s'agissait là du seul critère faisant d'un tercet un haïku. C'est bien sûr faux, mais il faut reconnaître que c'est un critère objectif facile à vérifier.
Ce débat agite régulièrement les haïjins. Il y a les puristes, tels Philippe Costa qui, dans son Petit manuel pour écrire des haïkus (éd. Philippe Picquier), prône un respect absolu des contraintes de forme ce qui forcerait selon lui à se montrer plus créatif. Cela se défend, lorqu'on voit ce qu'un Racine, un Baudelaire ou un Nerval ont pu faire dans le format très contraignant du sonnet et de l'alexandrin. Et Philippe Costa d'ajouter: Je crois pouvoir affirmer que vous n'obtiendrez aucune reconnaissance des "hommes de l'art" si vous passez outre aux contraintes de métrique, et ce même si vos poèmes témoignent de la meilleure verve poétique.
Voilà qui a le mérite d'être clair. Voire ... car trois lignes plus loin, l'auteur préconise une certaine souplesse dans certains cas concernant le nombre de syllabes. Et de recourir aux procédés poétiques classiques: élision du e final, diérèse (prononcer vi-o-lon, soit trois syllabes, au lieu de vio-lon, deux syllabes) etc. Et de citer page suivante Tôhô, disciple de Bashô: la nouveauté est la fleur du haïkaï, reconnaissant que la poésie ne s'accommode pas de règles figées.
Inversement, Henri Brunel dans Sages ou fous les Haïkus? (éd. Calmann Lévy) écrit en parlant du haïku français : la règle des dix-sept syllabes est rarement appliquée, et note que : chaque langue suit la pente de son génie singulier, et le Français, plus disert que le Japonais se plie moins facilement à la règle des dix-sept syllabes. Et en effet, les fameuses dix-sept syllabes réparties en lignes de cinq et sept syllabes font partie du patrimoine poétique japonais et sont au moins aussi importantes que l'alexandrin dans la poésie française.
La langue japonaise est plus elliptique, ne comporte pas d'articles et le sujet d'un verbe peut être omis. Elle est naturellement syllabique (les caractères représentent une syllabe) ce qui en rend le compte facile. Mieux, certains mots n'ont pas une réelle signification, ils font office de ponctuation. On trouvera ainsi souvent dans les originaux japonais ya et kana qui sont respectivement une interjection et une marque d'admiration respectueuse (kana termine fréquemment un haïku). Ces deux mots sont très commodes lorsqu'il manque une ou deux syllabes et n'ont pas le caractère un peu artificiel d'un oh! ou d'un ah! français. Et lorsqu'il y a trop de syllabes, il suffira d'enlever un sujet ou deux et le tour sera joué. Le Français est loin d'offrir ce type de facilité, ce dont sont du reste bien conscients les Japonais francophones, qui mesurent bien le fossé qui sépare nos deux langues. J'ai eu l'occasion de parler de haïku avec trois d'entre eux, et ils étaient très surpris lorsque je leur ai dit que nous tentions de respecter la métrique 5-7-5 et stupéfaits lorsque je leur ai montré ... qu'on y parvenait!
En dépit de toutes ces facilités, les maîtres japonais classiques ont parfois pris quelques libertés avec le 5-7-5. On sait aussi qu'à la fin du dix-neuvième siècle, Hekigodo prôna une liberté de forme, se débarassant même du kigo, le mot de saison et bien évidemment de la contraignante métrique.
Sur les listes de diffusion consacrées au haïku, on lit un peu de tout, mais il n'y a généralement pas d'attitude systématique. On voit souvent que le haïku anglophone tourne autour de quatorze-quinze syllabes (concision de l'Anglais), alors que le Français peut aller jusqu'à une vingtaine du fait de sa structure. Il n'en demeure pas moins que certains, au prix d'un choix très soigneux des mots, se font adeptes d'un minimalisme (une douzaine de syllabes) impressionnant. Tout est dit en 3-5-3 (Marcel, Robert, si vous me lisez ...) sans fioritures inutiles ni, et c'est un exploit, aucune sécheresse. Je reste admiratif, car je me reproche souvent mon côté verbeux (d'ailleurs, cet article ...).
Un exemple de ce minimalisme dû à Marcel :
ciel dégagé -
l'unique étoile
du berger
Pas un mot de trop. Et pourtant lorsque je lis ce haïku, je suis sous le ciel nocturne, et je vois Vénus briller au-dessus de moi. Imparable, magnifique.
Pour ma part, j'adopte comme souvent la "voie du milieu". J'apprécie le 5-7-5 pour son rythme ternaire, son bel équilibre, notamment dû à l'alternance court-long-court. Cependant, je ne lis pas le Japonais, et ce n'est qu'à travers leurs traductions françaises que j'ai pu apprécier les haïkus des Maîtres. La métrique 5-7-5 y était très rarement respectée, et pourtant, j'y ai trouvé cette "saveur" qui me plaît tant et m'a donné envie de m'y essayer. Comment donc considérer la métrique comme un critère absolu? Ce serait incohérent.
Lorsque je compose un haïku, j'essaye donc toujours à priori d'écrire un 5-7-5. Selon que j'obtiens un poème trop long ou trop court, ma démarche est bien différente :
trop long: je tente, sans torturer la syntaxe ni verser dans le style télégraphique, de mieux choisir mes mots pour obtenir un 5-7-5. Si je ne peux y parvenir mais que je suis à dix-huit syllabes, je m'estime satisfait. Il est rare que je dépasse ce compte. Au delà, j'estime que ma construction ou mon choix de mots peuvent gagner en concision, et c'est le signe qu'il faut retravailler le verset. Souvent, c'est un défaut dans l'angle sous lequel j'ai initialement présenté les choses, et ce remaniement est alors salutaire pour la force et la pureté du résultat final.
trop court: cela m'a posé problème au début, et cela me posait toujours problème jusqu'il y a un ou deux mois. Autant gagner en concision permet d'épurer le trait et de gagner en force, autant "rallonger la sauce" est néfaste et ne fait qu'affadir.
Ainsi du haïku qui a donné son titre à ce blog:
couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi
ce qui donne un 4-6-3 (treize syllabes). J'ai bien essayé de faire un 5-7-5 :
allongé sur l'herbe
dans mon grand manteau d'étoiles
heureux, j'ai dormi
Félicitations, vous venez d'assister à un beau massacre. Ce qui était léger (le karumi cher à Bashô) s'est irrémédiablement alourdi de toutes ces chevilles (grand, heureux), et au lieu d'allongé, je pourrais plutôt dire vautré, parce que c'est bien ce que j'ai fait avec cet essai!
Toute la pureté de cette nuit à la belle étoile, toute la force de la situation s'est envolée, engluées dans une prosodie de convenance où les ajouts ... n'ajoutent rien!
Et pourtant, c'est un 5-7-5.
Après de nombreux essais, et après avoir pris l'avis d'haïjins expérimentés en qui j'ai toute confiance (Francis, Yves, si vous me lisez ...), j'en reste définitivement à mon 4-6-3, même s'il ne constitue pas ce que j'appelle un haïku canonique.
L'esprit doit avoir priorité sur la lettre. Kana
Ven 6 jan 2006
5 commentaires
Ah! l'inspiration ... grande question, qui fera d'ailleurs l'objet d'un billet ultérieur sur Manteau d'étoiles.
L'inspiration ne se compte certes pas en syllabes, mais lorsqu'on prétend respecter une forme, quelle qu'elle soit (musicale, poétique, art martial etc.), l'inspiration est une source jaillissante, la forme est comme les mains qui nous permettent d'y boire. Et il faut bien serrer un peu les doigts, sans quoi l'eau fiche le camp et on meurt de soif...
Comme le dit le proverbe japonais que tu cites sur ton blog, "l'eau prend toujours la forme du vase"
L'inspiration ne se compte certes pas en syllabes, mais lorsqu'on prétend respecter une forme, quelle qu'elle soit (musicale, poétique, art martial etc.), l'inspiration est une source jaillissante, la forme est comme les mains qui nous permettent d'y boire. Et il faut bien serrer un peu les doigts, sans quoi l'eau fiche le camp et on meurt de soif...
Comme le dit le proverbe japonais que tu cites sur ton blog, "l'eau prend toujours la forme du vase"
Yamasemi
Merci Richard pour ce post particulièrement instructif.
Pour ma part, et en cela je répond à Gérard, je trouve la forme 5-7-5 porteuse d'inspiration.
Mais je débute dans cet art difficile et ne compte pas toujours correctement les syllabes (je pensais que tu réagirais à mon haïku sur le Thé Bulgare, mais peut-être n'en est-ce pas un ?).
Je suis venue au haïku par Neige de Maxence Fermine. Tu cites ici pas mal d'ouvrages, lequel me conseillerais-tu pour débuter ?
Pour ma part, et en cela je répond à Gérard, je trouve la forme 5-7-5 porteuse d'inspiration.
Mais je débute dans cet art difficile et ne compte pas toujours correctement les syllabes (je pensais que tu réagirais à mon haïku sur le Thé Bulgare, mais peut-être n'en est-ce pas un ?).
Je suis venue au haïku par Neige de Maxence Fermine. Tu cites ici pas mal d'ouvrages, lequel me conseillerais-tu pour débuter ?
Taïan Akita - le 07/01/2006 à 13h37
Bonjour Taïan, merci pour ton commentaire. Bien qu'étant loin d'être un Maître, j'essaye de partager mon itinéraire dans l'écriture avec les visiteurs de Manteau d'étoiles. Ce que je dit n'engage donc que moi, ce n'est pas parole d'évangile.
Pour répondre à ta question, je te conseillerai en priorité deux livre: le Brunel dont je parle dans ce billet (Sages ou fous les haïkus?) et une "anthologie-promenade" comme l'intitule son auteur: Fourmis sans ombre - le livre du haïku, par Maurice Coyaud( éd. Phébus libretto). Le Costa, ce sera pour plus tard, il est plus technique et un peu péremptoire dans ses opinions.
Lis bien les haïkus du Coyaud, revenir à la source et lire les Maîtres, bien s'imprégner de la saveur si particulière des haïkus est à mon sens le meilleur moyen de débuter. Ensuite, le livre d'Henri Brunel te donnera les bases.
Si tu le désires et si tu n'as pas peur des remises en question (amicales!), tu pourras aussi t'inscrire sur la liste de diffusion haiku-fr qui est un lieu d'échange et un atelier d'écriture en ligne.
Sur le thé bulgare, en fait comme il n'y avait pas de différences typographique avec le reste de ton post, j'avoue que je n'avais pas isolé les trois lignes, désolé.
Sur mon coeur viennent
Les roses de Bulgarie
Couchées, endormies
C'est un 4-7-5, donc aucun souci de forme. Sur le fond, je dirai que ce n'est pas encore tout à fait un haïku, parce que la vision qui y est délivrée est "fermée". Je m'explique: tu dis pratiquement tout, ne laissant pas le lecteur imaginer.
C'est une très belle image, mais très personnelle, vois-tu ce que je veux dire?
Rassure-toi, c'est ce que l'on pointe souvent du doigt chez moi sur haiku-fr. Il n'est pas facile de prendre de la distance avec ce que l'on vit et transmet par le haïku pour le rendre en quelque sorte "universel" et ouvrir une porte par laquelle les lecteurs iront dans leur propre monde.
Je t'encourage à lire des haïkus classiques pour saisir ce que j'ai voulu dire et à retravailler tes roses bulgares. Je pense que tu n'es pas loin de ton premier haïku. Continue!
Amitiés,
Richard
Pour répondre à ta question, je te conseillerai en priorité deux livre: le Brunel dont je parle dans ce billet (Sages ou fous les haïkus?) et une "anthologie-promenade" comme l'intitule son auteur: Fourmis sans ombre - le livre du haïku, par Maurice Coyaud( éd. Phébus libretto). Le Costa, ce sera pour plus tard, il est plus technique et un peu péremptoire dans ses opinions.
Lis bien les haïkus du Coyaud, revenir à la source et lire les Maîtres, bien s'imprégner de la saveur si particulière des haïkus est à mon sens le meilleur moyen de débuter. Ensuite, le livre d'Henri Brunel te donnera les bases.
Si tu le désires et si tu n'as pas peur des remises en question (amicales!), tu pourras aussi t'inscrire sur la liste de diffusion haiku-fr qui est un lieu d'échange et un atelier d'écriture en ligne.
Sur le thé bulgare, en fait comme il n'y avait pas de différences typographique avec le reste de ton post, j'avoue que je n'avais pas isolé les trois lignes, désolé.
Sur mon coeur viennent
Les roses de Bulgarie
Couchées, endormies
C'est un 4-7-5, donc aucun souci de forme. Sur le fond, je dirai que ce n'est pas encore tout à fait un haïku, parce que la vision qui y est délivrée est "fermée". Je m'explique: tu dis pratiquement tout, ne laissant pas le lecteur imaginer.
C'est une très belle image, mais très personnelle, vois-tu ce que je veux dire?
Rassure-toi, c'est ce que l'on pointe souvent du doigt chez moi sur haiku-fr. Il n'est pas facile de prendre de la distance avec ce que l'on vit et transmet par le haïku pour le rendre en quelque sorte "universel" et ouvrir une porte par laquelle les lecteurs iront dans leur propre monde.
Je t'encourage à lire des haïkus classiques pour saisir ce que j'ai voulu dire et à retravailler tes roses bulgares. Je pense que tu n'es pas loin de ton premier haïku. Continue!
Amitiés,
Richard
Yamasemi
Bonjour Richard et merci de ton attention,
Les livres sont commandés.
J'ai un tempérament hypersensible qui supporte mal les remises en question venant d'autres que moi. Mais, j'ai été m'asseoir sur le banc de la photographie et j'y ai pris la décision de m'inscrire sur haïku.fr. Ce sera mon exercice d'hmilité pour 2006.
Tes explications sont très claires et enrichissantes. Je t'en remercie.
Amicalement
Les livres sont commandés.
J'ai un tempérament hypersensible qui supporte mal les remises en question venant d'autres que moi. Mais, j'ai été m'asseoir sur le banc de la photographie et j'y ai pris la décision de m'inscrire sur haïku.fr. Ce sera mon exercice d'hmilité pour 2006.
Tes explications sont très claires et enrichissantes. Je t'en remercie.
Amicalement
Taïan Akita - le 08/01/2006 à 15h37
Taïan,
ne me remercie pas, c'est bien normal. Quand tu enverras ton premier message sur haïku-fr, présente-toi en précisant que tu débutes et que tu es arrivée par moi. Les membres de cette liste sont sympas et n'hésitent pas à expliquer les choses en détail. Heureux que tu nous rejoignes!
Amicalement,
Richard
ne me remercie pas, c'est bien normal. Quand tu enverras ton premier message sur haïku-fr, présente-toi en précisant que tu débutes et que tu es arrivée par moi. Les membres de cette liste sont sympas et n'hésitent pas à expliquer les choses en détail. Heureux que tu nous rejoignes!
Amicalement,
Richard
Yamasemi
"Couché dans l'herbe
heureux sous le manteau d'étoiles
j'ai dormi"
:)))))
tres instructif ce post... merci
heureux sous le manteau d'étoiles
j'ai dormi"
:)))))
tres instructif ce post... merci
Man Arenas - le 27/02/2006 à 15h15
Merci!
Yamasemi
Vous confondez dans votre 2ème paragraphe l'orthographe de "hors" et de "or", ce n'est guère de bon présage...
Pour la "Bulgarie", selon Costa et la diérèse, le vers fait bien 5 syllabes: vi-ennent vaut pour 2. Je crois que je penche pour la sévérité de Costa et que je me procurerai son manuel
Pour la "Bulgarie", selon Costa et la diérèse, le vers fait bien 5 syllabes: vi-ennent vaut pour 2. Je crois que je penche pour la sévérité de Costa et que je me procurerai son manuel
de Coen - le 19/06/2006 à 15h32
Cela arrive lorsque j'écris vite ou que je suis fatigué. Ne vous arrive-t-il pas de faire des erreurs cher M. de Coen?
Concernant Ph. Costa, je me méfie un peu de ceux qui s'érigent en juges. Il y a tant d'écoles de haïku au Japon que je trouve sa rigueur excessive. Et lorque, dans son manuel, il accuse Natsume Soseki d'avoir plagié son style poétique, je reste un peu sceptique devant une telle prétention ...
Richard
Concernant Ph. Costa, je me méfie un peu de ceux qui s'érigent en juges. Il y a tant d'écoles de haïku au Japon que je trouve sa rigueur excessive. Et lorque, dans son manuel, il accuse Natsume Soseki d'avoir plagié son style poétique, je reste un peu sceptique devant une telle prétention ...
Richard
Yamasemi
Bonjour
l'inspiration se compte t'elle en syllabes ?
Amicalement
Gerard