Suite au senryû d'hier, deux réactions intéressantes de MoHe et Philippe: la suppression du "faux", le pluriel "Pères Noël" suffisant à impliquer qu'il s'agit d'imposteurs puisque le "vrai" est unique.
C'est bien vu, et je me rallierais bien à cette suggestion.
Le senryû revu et corrigé deviendrait donc:
C'est logique, mais curieusement il me manque quelque chose.
Il s'agit d'un senryû, non d'un haïku. La force du haïku réside dans son ouverture et son pouvoir de suggestion. Un minimum de mots pour un maximum de signifié entre les mots.
Le senryû est bien plus explicite. Il parle de l'humain, de ses petits travers ou de ses grandes misères et il n'hésite pas à prendre parti. Il est volontiers décapant, satyrique, voire féroce.
Ici, j'ai voulu rendre compte de cet élan de générosité très saisonnier que l'on constate autour de Noël, de cette sorte de dédouanement qui permet de s'amuser pendant les fêtes en ayant bonne conscience alors que le reste de l'année, on oublie les pauvres gens.
Entendons nous bien: je ne donne pas de leçon (qui serais-je pour en donner?) et je ne parle pas forcément de vous ou moi. Je parle de tous ceux qui pourraient vraiment changer les choses et qui ne font rien ou si peu, laissant précisément vous ou moi supporter seul ou presque le poids d'une mauvaise conscience réveillée par le fameux et lancinant tintement de la cloche de l'Armée du Salut pendant les courses de Noël.
Les "faux Pères Noël" ne sont pas seulement les hommes en rouge affublés d'une barbe postiche ... D'où l'emploi de l'épithète "faux", qui appuie là où ça fait mal ... surtout six mois avant les élections présidentielles françaises.
C'est bien vu, et je me rallierais bien à cette suggestion.
Le senryû revu et corrigé deviendrait donc:
tintements têtus -
les cloches des Salutistes
parmi les Pères Noël
les cloches des Salutistes
parmi les Pères Noël
C'est logique, mais curieusement il me manque quelque chose.
Il s'agit d'un senryû, non d'un haïku. La force du haïku réside dans son ouverture et son pouvoir de suggestion. Un minimum de mots pour un maximum de signifié entre les mots.
Le senryû est bien plus explicite. Il parle de l'humain, de ses petits travers ou de ses grandes misères et il n'hésite pas à prendre parti. Il est volontiers décapant, satyrique, voire féroce.
Ici, j'ai voulu rendre compte de cet élan de générosité très saisonnier que l'on constate autour de Noël, de cette sorte de dédouanement qui permet de s'amuser pendant les fêtes en ayant bonne conscience alors que le reste de l'année, on oublie les pauvres gens.
Entendons nous bien: je ne donne pas de leçon (qui serais-je pour en donner?) et je ne parle pas forcément de vous ou moi. Je parle de tous ceux qui pourraient vraiment changer les choses et qui ne font rien ou si peu, laissant précisément vous ou moi supporter seul ou presque le poids d'une mauvaise conscience réveillée par le fameux et lancinant tintement de la cloche de l'Armée du Salut pendant les courses de Noël.
Les "faux Pères Noël" ne sont pas seulement les hommes en rouge affublés d'une barbe postiche ... D'où l'emploi de l'épithète "faux", qui appuie là où ça fait mal ... surtout six mois avant les élections présidentielles françaises.
Commentaires
Ta persistance est justifiée Richard. Cependant, ton idée a peu de chance de rencontrer l'univers culturel du lecteur qui dans 90 pour cent des cas identifie le père-noël à l'homme en rouge.
Et j'ajoute, le terme faux met encore plus l'accent sur ce qu'il exclue.
Si tu veux désigner les faux "charitables" remplacés aujourd'hui par l'espèce des charitables télévisés, peut-être un autre terme conviendrait-il, les faux samaritains par exemple ou autre chose.
Je ne sais pas.
En toute amitié
Phil
Et j'ajoute, le terme faux met encore plus l'accent sur ce qu'il exclue.
Si tu veux désigner les faux "charitables" remplacés aujourd'hui par l'espèce des charitables télévisés, peut-être un autre terme conviendrait-il, les faux samaritains par exemple ou autre chose.
Je ne sais pas.
En toute amitié
Phil
commentaire n° : 2
posté par :
philippe
(site web)
le: 13/12/2006 20:20:06
Ce n'est pas évident en effet. Samaritains est un peu trop connoté à mon goût. On va laisser refroidir un peu, j'y reviendrai dans quelque temps.
Amicalement,
Richard
Amicalement,
Richard
réponse de : Richard (site web)
le: 24/12/2006 01:28:48
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Par ailleurs, il est vrai que le senryû qui est (peut-être) régi par d'autres règles que le haïku. (Quoi que - le concept de senryû n'est toujours pas tout à fait construit chez moi, je l'avoue humblement.Nous en avons justement discuté dimanche et il me semble que tout n'est pas clair lorsqu'on distingue haïku et senryû - mais ça, c'est une autre question).
Merci pour ce petit bout de discussion !
amicalement
M.
La discussion haïku-senryû paraît à priori nette (haïku: nature, mise en retrait de l'humain, absence de jugement, senryû: aspect humain prédominant, prise de position, aspect satyrique).
Dans la pratique, il m'arrive d'écrire des senryûs déguisés en haïkus, notamment ceux que j'appelle les "haïkus métaphysiques" comme celui-ci:
pour son seul voyage
il n'a pas beaucoup de temps
le flocon de neige
qui se rapporte évidemment à la condition humaine.
Le débat fait parfois rage à l'AFH où certains se demandent s'il ne faudrait pas une troisième catégorie (haïku-senryû). A vrai dire, je m'en moque un peu!
Amicalement,
Richard