Vu, lu, entendu

B.B. King sur scène Le Blues avait trois rois, trois King: Freddie King, Albert King et Riley Ben King , plus connu sous le nom de B.B. King (B.B. pour Blues Boy). On peut y ajouter pour compléter le carré Albert Collins, qui ne s'appelait pas King, mais méritait pourtant bien de faire partie des Rois.

Freddie, le roi de carreau, une force de la nature, nous a quitté en 1976, foudroyé sur scène en plein solo.

Albert King, le roi de trèfle, un gaucher au son unique et à la belle voix de ténor, s'éteint paisiblement en 1997.

Albert Collins, le roi de pique, dont la Télécaster acérée virevoltait comme une guêpe enragée, part prématurément  en 1992.

Reste B.B. King, incontestable roi de coeur, qui a soufflé allégrement ses 80 bougies en septembre 2005 et nous a gratifiés à cette occasion d'un album intitulé précisément 80 sur lequel on retrouve une sélection d'amis prestigieux (Eric Clapton, Van Morrison, Sheryl Crow, Roger Daltrey et j'en passe), venus reprendre en duo avec lui les immortels succès du Maître. Rien de révolutionnaire, mais le blues ne révolutionne rien, c'est la musique de la vie, du quotidien, et c'est très bien ainsi. Et puis, c'est son anniversaire, donc la fête, et c'est tout ce qui compte.

A l'intention de ceux qui ne le connaissent pas, quelques points de repères sur une longue vie de musique.

 3 O'Clock Blues

Riley  B. King nait en 1925 dans une plantation de coton non loin d'Indianola, dans le Mississippi (évidemment!) Il y travaille tout en commençant à jouer de la guitare. Son style est alors influencé par les anciens bluesmen, tels Blind Lemon Jefferson ou T. Bone Walker, mais aussi par un blanc dont il revendique l'influence: Django Reinhardt! On lui devra le raffinement mélodique et harmonique futur du blues de B.B.  N'oublions pas non plus la guitare hawaïenne, dont les sonorités très vocales influenceront nombre de bluesmen. Mais là où la plupart des bluesment reproduiront le son des hawaïens en faisant glisser sur les cordes de la guitare un goulot de bouteille (bottleneck), B.B. tente d'arriver au même résultat juste avec ses doigts, en faisant vibrer la note. Il développe ainsi petit à petit un vibrato unique, très impressionnant sur scène (tout son avant-bras vibre, le doigt sur le manche de la guitare restant fixe). Ce vibrato unique est à la base du son et du toucher unique du Maître, tout en nuances.

En 1948, alors qu'il anime une émission de radio, il obtient son premier succès avec 3 O'Clock Blues et prend le nom de Blues Boy King, vite abrégé en B.B. King. Il commence alors à écumer les clubs de musique où il se fait très rapidement un nom.

Lucille

Dans les années 50, alors qu'il se produit dans l'un de ces clubs, éclate une bagarre pour une femme. Dans la mêlée, le poêle qui chauffe l'établissement se renverse et met (littéralement) le feu à la baraque! Tout le monde se rue dehors pour échapper à l'incendie, B.B. compris. Il réalise alors qu'il a oublié sa guitare à l'intérieur et retourne extraire son bien du club en feu.
Réalisant le risque qu'il vient de prendre, et apprenant que la femme pour laquelle la rixe s'est déclenchée s'appelait Lucille, il décide de baptiser sa guitare et toutes celles qui suivront Lucille, pour se souvenir de ne plus commettre une telle stupidité. C'est le début de la légende.

Il y aura bien des Lucille, d'abord accoustiques, puis électriques. Les plus connues sont ces grosses Gibson demi-caisses qui paraissent si petites dans ses mains. A partir de 1982, Gibson développe avec lui le modèle spécifique Lucille, que tout amateur (fortuné) peut acquérir (mais pour acquérir le son du Maître, ni ses doigts ni son coeur ne sont disponibles...)

Il y a entre B.B. et Lucille une véritable relation d'amour, expliquée dans un long blues de dix minutes improvisé en studio, Lucille, où B.B. explique comment sa guitare l'a "sorti des plantations". Comme il aime à le dire, "je chante, et puis Lucille chante"

The Blues had a baby (and they named it Rock'n Roll)

Dans les années 60, les rockers, et en particulier les Anglais, découvrent le Blues et ses grands noms. B.B. devient alors une des influences majeures des guitaristes, depuis Eric Clapton jusqu'à Led Zeppelin en passant bien sûr par les Rolling Stones et les Beatles (John Lennon citait B.B. comme son guitariste préféré).  Les petits blancs renvoient l'ascenseur, citant abondamment leurs références, enregistrant avec eux des disques qui permettent à ces musiciens souvent oubliés de faire une seconde carrière. Keith Richards, guitariste des Stones, ne manque jamais de rappeler comment, lors de leur premier séjour américain, il avait vu avec stupéfaction Muddy Waters, autre légende de la guitare Blues, occupé à repeindre le plafond du studio de Chicago où ils enregistraient!

Les Stones inviteront B.B. King (ainsi que Ike & Tina Turner) sur leur tournée américaine en 1969. Un album sortira de cette tournée, sans conteste leur meilleur enregistrement public (Get yer yaya's out). Ils avaient voulu cet album double, le premier disque étant consacré à la performance de B.B., Ike et Tina. Le refus de leur maison de disque sera l'une des raisons de leur rupture avec elle. Chapeau Messieurs pour être allé jusqu'au bout de vos convictions...

The thrill is gone

La tournée avec les Stones et les rock stars qui le citent continuellement comme leur maître à jouer ont un effet bénéfique sur la carrière de B.B. King. Fini les clubs, voici le temps des grandes salles de concerts. Côté disque, si B.B. a maintes fois connu le succès, c'était uniquement dans les hit-parades Blues. En 1970, la roue tourne avec la balade The thrill is gone, qui se hisse à la quinzième place du hit parade pop, donc blanc! C'est la reconnaissance. Tout le monde vient découvrir sur scène ce géant débonnaire, dont la musique est aussi chaleureuse que ce personnage qui dit n'avoir comme principe que celui-ci: ne jamais détester personne.

When Loves comes to town

Les générations se succèdent, le succès et la fascination exercée par B.B. King sur le public et aussi les rockers ne se démentent pas. En 1989, Bono compose pour lui When Loves comes to town et invite B.B. sur la tournée mondiale de U2 (Rattle and hum tour). Je me souviens du concert de Bercy, avec B.B. King en première partie, dans son strict costume gris. Un pur set de Blues superbement emmené. Changement d'ambiance pendant l'excellent concert de U2: il remonte sur scène avec eux, habillé de cuir noir de la tête aux pieds, pour un When Loves comes to town d'anthologie.

Alive & Well

Définitivement respecté dans le monde musical et adoré par son public, B.B. enregistre à partir du milieu des années 90 des disques où il invite de nombreux artistes à revisiter ses grands succès en duo. Cela commence avec ses pairs du Blues sur l'excellent Blues Summit, puis avec les rockers qu'il a tant influencés et qui lui ont bien renvoyé l'ascenseur. Se succèdent ainsi Deuces Wild, Blues on the Bayou et Riding with the King, avec un Eric Clapton en état de grâce.
Aimant plus que tout la scène, B.B. continue à tourner, réduisant toutefois le rythme avec l'âge, puisqu'il passera de 350 à "seulement" 300 concerts par an en moyenne!

Funny how times slips away

Et voici B.B. King fêtant ses 80 ans. Pourquoi un billet aussi long sur B.B. sur ce blog consacré au haïku? Tout d'abord parce que j'adore le Blues en général et B.B en particulier et que je souhaitais rendre hommage à un musicien mais aussi à un personnage exceptionnel.

Ensuite, B.B. a entrepris une tournée d'adieu (Farewell Tour), qui passera par l'Europe le 16 septembre chez nos amis belges au Forest National de Bruxelles et le 17 septembre chez nous au Zenith de Paris.

Ayant vu l'homme sur scène déjà trois fois (première partie de U2, la Cigale et soirée Blues du festival Jazz in Marciac), je ne peux que vous recommander chaudement ce concert, pour lequel j'ai déjà pris mes billets.

Espérons que B.B. vive et joue encore longtemps, car lorsque le dernier roi du Blues partira, personne ne saura plus faire chanter Lucille ni aucune autre guitare aussi bien.

sous ses gros doigts noirs
caressée Lucille chante -
papillons sonores
Notre ami Jeremiah Burlington, qui prend de plus en plus goût au haïku (bravo ), nous propose cette semaine un fil rouge: le Blues, en particulier à l'harmonica.

Etant fan de la musique tout comme de l'instrument en question, je ne peux qu'approuver vigoureusement et vous conseiller d'aller chez lui. Jeremiah a même compilé une liste de liens web de derrière les douze mesures que je vous recommande.

Cerise sur le gâteau, quelques haïkus sur le Blues (haïklues? haïblues?) bien troussés, dont certains en Anglais. Moi qui avait tenté les jazzhaïkus, l'idée me plait évidemment. J'y vais donc de mon haïblues (finalement je préfère ce néologisme) du jour:

sur douze mesures
coulent les larmes électriques -
my baby left me
Philipp Chekler a plusieurs passions, parmi lesquelles on compte la photographie argentique (il a dirigé pendant 25 ans un labo photo pro), la peinture et les arts martiaux, en particulier l'aïkido et le sabre.

Le tout donne une synthèse très intéressante, visible sur son site personnel et surtout en direct sur plusieurs expositions, dont l'une est en cours à la galerie Art Montparnasse (2bis rue Raymond Losserand, Paris 14è) du 11 mai au 10 juin 2006.

L'exposition est centrée sur une série de peintures au couteau inspirées de l'oeuvre de Miyamoto Musashi. Samouraï de légende, ce guerrier accompli a passé les deux dernières années de sa vie à consigner son Art dans un ouvrage lui aussi légendaire, le Gorin No Sho (le livres des cinq cercles).

C'est cet ouvrage qui a inspiré Philipp dans des tableaux où le mouvement est roi. La manière oscille entre la légèreté du mouvement d'un calligraphe (Musashi était aussi un calligraphe réputé) et l'épaisseur de la matière travaillée au couteau.

L'amour de Philipp Chekler pour le sabre est manifeste dans ces oeuvres (tout comme dans son enseignement de l'aïkido du reste où le ken, en bois heureusement, est bien présent. Mes épaules s'en souviennent!)

Les autres peintures, consacrées à l'aïkido, sont tout aussi intéressantes dans leur restitution du mouvement.

Changement d'ambiance avec les transferts Polaroïd. Passionné de photo et surtout de labo (ne lui parlez pas de photo numérique ...), Philipp a utilisé un procédé exclusif permettant de garder juste l'image sur l'émulsion, qui est ensuite mariée à un  papier pur chiffon (du vélin d'Arches ou du Japon nacré) sur laquelle elle trouve un nouveau mouvement.  Tantôt figuratif, tantôt abstrait, parfois allié à des textures (chiffon, brindilles), le résultat est étonnant.

Bref, une exposition à voir, surtout si vous aimez l'art japonais, qui a bien sûr une nette influence sur le travail de Philipp.
L'esprit est comme un miroir.
Chaque jour vous devez le nettoyer, et ne pas laisser la poussière s'accumuler.

Huineng


J'ai déjà dit à quel point un esprit encombré ou parasité entravait l'écriture du haïku. Je ne saurais trouver une meilleure image que celle de Huineng.

Un miroir restitue ce qui se passe ici et maintenant, ce qui est l'exacte conception du haïku selon Bashô. Il renvoie la pure expérience de Santoka ou le croquis d'après nature de Shiki.

En ce sens, écrire des haïkus est un excellent moyen de mesurer la propreté du miroir spirituel. Si l'inspiration fait défaut ou si les mots pour composer ne viennent pas, il faut se poser la question de la poussière et de sa nature, et procéder au nettoyage approprié.

Si le miroir est propre, les haïkus naissent et se forment presque spontanément. L'impression d'accord avec le monde qui en résulte est des plus agréables, et il m'arrive ainsi d'entrevoir, peut-être, ce que pourrait être l'Eveil.
Lire Hors-Série°2 - Le Petit Prince Le Petit Prince a soixante ans, du moins en France. Initialement paru en 1943 à New-York, où Saint-Exupéry séjournait, il faudra attendre avril 1946 pour voir ce "grand petit livre" paraître en France.

Je viens de me procurer et dévorer le numéro spécial hors-série que Lire consacre à ce véritable phénomène. Oeuvre française la plus traduite à l'étranger (plus de 150 langues et dialectes, y compris régionaux) , il s'en serait écoulé environ 80 millions d'exemplaires depuis 1943, dont plus de huit millions et demi en France.

On apprend énormément de choses intéressantes dans ce hors-série très bien documenté, notamment sur la genèse du Petit Prince et sur la vie de l'écrivain à New-York au moment où il écrit ce qui sera son livre le plus célèbre. Au delà du mythe Saint-Ex et des controverses qu'il a pu faire naître, on découvre un grand ours pataud et écorché vif, passionné et touchant. Sait-on qu'il fut espionné par le FBI parce que, n'ayant pas assez nettement condamné le régime de Vichy, on le soupçonnait de travailler pour eux? Mais les limiers de J Edgar Hoover ne pourront que rendre compte de "son idéal élevé et son attachement total aux nations unies  alliées contre les fascismes européens et japonais". On apprend aussi que Saint-Exupéry, peu confiant en ses talents de dessinateur, a longtemps cherché un illustrateur pour le Petit Prince avant qu'il ne devienne évident que lui seul pouvait le faire, le petit personnage dessiné sur un coin de nappe de restaurant étant bien la source du conte. Il y a aussi les influences croisées de ses amis, de son épouse Consuelo et de ses maîtresses (ce grand écorché vif ne pouvait s'empêcher de séduire). Moins glorieux, il y a aussi la gestion très pragmatique de l'héritage de l'aviateur-écrivain, avec son site de produits dérivés, les "contresens rutilants, affligeants" selon Philippe Delerm.
On  apprend aussi que le célèbre "Dessine-moi un mouton" est déposé!  Mais les héritiers ont fait "cadeau" des droits à Mylène Farmer, qui en avait fait le titre d'une chanson, en raison de la célébrité de la chanteuse et donc de la "pub gratuite" qu'elle leur procurait incidemment!

Peu importe, seul compte pour moi le livre.

Il faut dire que Saint-Exupéry et moi, c'est une vieille histoire, où intervient un troisième acteur: mon père. Mon père, qui m'a élevé en me disant qu'il fallait toujours laisser aux autres "le bénéfice du doute", était nourri des livre de Saint-Ex. Sans le savoir,  il allait me transmettre le virus, juste en le citant au détour d'une conversation, juste en laissant traîner "Vol de nuit" sur une table de nuit où bien mon préféré "Terre des hommes". Je confesse avoir mis du temps à apprécier Le Petit Prince, qui me paraissait curieusement simpliste. Ce n'est qu'après avoir lu Citadelle, oeuvre posthume restée inachevée, que le déclic s'est produit. J'avais en fait affaire au même livre, mais ce qui était longuement développé dans Citadelle était tout entier contenu, pur et fulgurant, dans le concis Petit Prince.

J'ai grandi avec ces livres qui parlaient de dépassement de soi, de tolérance et d'amitié. J'ai grandi avec la légende de l'aéropostale, dont le site, de manière assez choquante, mentionne à peine Saint-Ex. Plus tard, dans la cour du gymnase Racine du lycée Saint-Louis, où j'étais en prépa, j'ai cherché et trouvé sur le monument des anciens élèves de Saint-Louis morts pour la France le nom d'Antoine de Saint-Exupéry. C'est sans doute idiot, mais cela me faisait quelque chose de me dire qu'il avait parcouru cette cour et ces couloirs, sué sang et eau sur une interro de Math dans les mêmes "thurnes" (des salles minuscules où l'on prépare et passe les "colles", les interrogations orales). J'ai même cherché, mais aucun petit prince dessiné sur un coin de pupitre ou de mur ne subsistait.

Saint-Ex disparut un jour d'été 1944 sur son P38, en silence, sans même un "Coupons moteur arrière droit" comme son ami Mermoz. Comme le Petit Prince.

Sans doute lirai-je le Petit Prince à mon fils dans quelque temps. En tout cas, pour l'endormir ou pour le distraire, et même si c'est un contresens rutilant, je lui allume une lampe magique représentant le Petit Prince. Et il n'en semble pas le moins du monde affligé.

Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants. (Mais peu d'entre elles s'en souviennent.)

J'essaye de m'en souvenir tous les jours...
Je viens d'avoir des nouvelles de quelqu'un que j'aime bien.

Il y a quelques années, j'avais sympathisé avec Patrick Jagou, qui gérait les relations entre mon entreprise et la sienne, une importante société d'informatique californienne.

A l'époque, nous venions de porter nos programmes sur les ordinateurs de cette entreprise, qui était la plus "pétillante" et la plus "fun" de toutes. Loin des boîtes grises tristes et laides, leurs machines étaient dessinées par un studio de design et arboraient des lignes fluides et des couleurs vives. Dans le même esprit, ils avaient racheté une célèbre société de supercalculateurs et avaient fait de ces "broyeurs de nombres" à priori rébarbatifs des engins de science-fiction superbes, noirs avec des filets rouges, qu'on aurait dit sorti de 2001 Odyssée de l'espace!

Nos produits se vendaient bien sur leur plate-forme, ce qui donnait lieu régulièrement à des fêtes (du style "la millième licence vendue") pour laquelle ils venaient carrément amarrer une péniche en face de chez nous, sur laquelle nous célébrions l'événement.

Puis, quelques errements stratégiques se produisirent, la société en question alla moins bien, et j'appris un jour le départ brutal de Patrick.

Je viens de recevoir de sa part un courriel assez extraordinaire. Patrick a fondé sa société, Kahuna Vision, éditrice du site resterzen.com.

Dans un document intitulé non sans humour le manifeste aux 100000 caractères, Patrick expose son itinéraire et les raisons qui l'ont poussé à fonder sa société. Et c'est impressionnant.

J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les gens qui vont jusqu'au bout de leurs convictions, quoi qu'il leur en coûte. C'est le cas de Patrick, qui a décidé de communiquer son expérience dans deux domaines à priori fort éloignés:

  • les entreprises multinationales américaines
  • les philosophies extrême-orientales

Cela étant, les conditions de stress dans les premières font assez vite comprendre que l'on puisse avoir besoin des secondes...

Il est bien difficile de résumer le manifeste aux 100000 caractères, aussi ne m'y risquerais-je pas. Allez plutôt chercher l'original (il est même téléchargeable en pdf) et lisez-le à tête reposée, il en vaut largement la peine.

Je souhaite à Patrick un franc succès dans cette entreprise originale, où il semble avoir trouvé un épanouissement qui fait plaisir à voir. J'espère que son proverbe californien favori (do what you love, and money will follow, en Français: fais ce que tu aimes, et l’argent suivra) se vérifiera. En tout cas, chapeau pour la démarche, pour l'honnêteté intellectuelle et pour la prise de risques!
J'avais déjà parlé du site Lighthouse in a tree (le phare dans un arbre) ouvert par un ami.

Après seulement quelques mois, ce site consacré à la vente en ligne de tirages photos de haute qualité se voit recommandé par Captain Web, le "Michelin" des sites marchands.

C'est une belle réussite pour mon ami Doigts dans la rizière (son pseudo lorsqu'il vient laisser un commentaire ici) et une juste reconnaissance de son travail et de celui des photographes et tireurs qui lui font confiance.

Par ailleurs, à l'occasion de la sortie de l'ouvrage Fleur de henné de Michèle Maurin, aura lieu le 18 mai à 18h30 une projection réalisée par Linatree dans le cadre des jeudis de l'IMA. Etant donnée la qualité du site, cela promet. Cohérence oblige, les tirages des photos de Michèle Maurin font appel à un procédé exclusif de ... virage au Henné!

Avis aux amateurs de belles photographies, il faut désormais compter avec Linatree.
La revue canadienne Haïkaï lancée début 2006 et dont trois numéros ont déjà été publiés évolue. Et quelle évolution, puisque Guy Boulianne, instigateur de cette revue sur son site Mille poètes, vient d'en confier la direction littéraire à André Duhaime!

Figure majeure du haïku au Québec, André est le créateur du site de référence Haïku sans frontières.

Haïkaï se donne ainsi les moyens de devenir une revue majeure dans le paysage du haïku francophone.  Je cite le courriel reçu d'André Duhaime:

Cette revue sera une vitrine pour:
  1. le HAIKU (idéalement 9 haïkus maximum par poète par numéro, présentation de 3 haïkus par page),
  2. le TANKA (idéalement 6 tankas maximum par poète par numéro, présentation de 2 tankas par page),
  3. le RENKU (un ‘kasen’ ou 36 chaînons maximum par poète par numéro, présentation sur 6 pages),
  4. le HAIBUN (proses brèves accompagnées de haïkus; présentation sur 2 ou 3 pages par poète)
  5. des articles sur ces formes poétiques.
Le contenu de la revue va donc s'étoffer significativement. Parallèlement, elle va devenir bimestrielle (elle était jusqu'ici mensuelle), ce qui s'explique sans doute par un travail de lecture, de sélection des textes et de mise en forme accru.

Comme je le disais lors de la parution du numéro 1, le succès et la crédibilité d'une telle revue ne peuvent se concevoir à terme sans une sélection des poèmes à paraître. Déjà, quelques personnes sur haiku-fr s'étaient interrogées sur les critères de publication, quelques poèmes parus s'éloignant en effet des critères constitutifs du haïku.

En sollicitant André Duhaime, Guy Boulianne met donc tout le monde d'accord sur l'avenir de Haïkaï.

Pour ma part, je continuerai à soumettre des haïkus à la revue, sachant qu'une sélection par André ou son comité de lecture me comblerait de joie.

Bientôt l'épreuve du feu ...
Sur une idée de Solenn, relayée par Allie puis par Taïan Akita, j'ai le plaisir de vous présenter ma PAL, c'est à dire ma Pile A Lire (cliquez sur l'image pour la voir en grand format).

Comme bien des lecteurs à l'appétit solide, j'accumule les livres à lire au gré de mes trouvailles et de mes centres d'intérêt.  J'ai trouvé sympathique cette idée de rassembler tous les livres en attente et de faire un petit bilan. D'une part cela permet de faire le point, d'autre part de mettre (peut-être) un frein salutaire à la frénésie d'achat (on peut toujours rêver...)
Il faut dire que j'ai grandi au milieu des livres. Ma mère est une lectrice boulimique, de même que mon père, qui a travaillé toute sa vie dans le livre d'Art. Pour un ami éditeur de bibliphilie, il avait même écrit les textes très intéressants et pédagogiques  d'un site web que j'avais réalisé. Dans la maison de mon enfance, où que le regard se pose, on trouve une bibliothèque. L'un de mes plus ancien et plus persistant souvenir est celui des étagères déformées par le poids des livres!

Voici donc ma PAL courante. On y trouve de nombreux recueils de poésie évidemment, mais aussi des ouvrages consacrés à la photographie et au web. Dans le désordre:

  • Le Zen des CSS de David Shea/Molly Holzschlag (livre technique, c'était pour relooker mon blog )
  • la notice de mon Nikon D200
  • Le langage de l'image de Réné Bouillot et Bernard Martinez
  • Comment photographier celle que vous aimez de Bertrand Machet. Un livre de bon conseil pour faire de ma chérie une star (c'en est une, de toutes manières).
  • L 'essentiel de l'éclairage, de Chris Weston
  • Pratique de l'exposition en photographie de Bryan Peterson
  • Cinq méditations sur la beauté, de François Cheng
  • Eloge de l'ombre, de Junichiro Tanizaki. Un livre conseillé par plusieurs membres de la liste haiku-fr et permettant de comprendre l'esthétique japonaise (peut-être!)
  • Le saké, la lune et l'amour, une sélection de poèmes japonais traduits par Alain Kerven
  • Les belles endormies, de Kawabata, dans la très belle éditions d'Albin Michel, illustrée des superbes et troublantes  photos et illustrations de Frédéric Clément (que vous pouvez retrouver sur son blog)
  • Dans la boîte à clous tous les clous sont tordus, de Hosai
  • Poèmes de ma hutte de montagne, de Saigyo
  • Le mangeur de kakis qui aime les haïkus, de Shiki
  • Le  voyage d'un peintre chinois en Bretagne, de He Yifu dont j'avais déjà le magnifique Voyage d'un peintre chinois à Paris
  • Le  n°6 hors-série du Point consacré aux textes fondamentaux de l'hindouisme, du bouddhisme et du Taoïsme.
  • et enfin, mais non des moindres (surtout pour toi Taïan ) l'extase du thé, sélections de poèmes chinois aux éditions Moudarren.
De longues heures de lecture en perspective, donc. En fond musical, Mozart bien sûr, et sa fameuse intégrale.
Une idée sympathique (et déjà en voie de réalisation, donc) serait  que tous les amateurs de livres tenant blog  présentent aussi  leur PAL et fassent des trackbacks sur les PAL (les PAUX???) des autres afin de se donner mutuellement des idées de lecture. Une belle chaîne littéraire à forger?

Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

Vous pouvez si vous le désirez réagir sur chaque article en utilisant le lien "Ajouter un commentaire" et, si vous avez apprécié votre visite, vous pouvez aussi recommander ce blog.

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