J'avais déjà lu que certaines espèces d'oiseaux grégaires comme les corvidés s'assemblaient parfois en "tribunaux" avant d'exécuter littéralement l'un des leurs. Je ne l'avais jamais vu jusqu'à hier, au bord de la route en rentrant chez moi.
rayon de soleil -
dans le sous-bois deux corneilles
en tuent une troisième
les nuages blancs
suspendus dans le ciel
au mur un Magritte
à travers la vitre
mon fils suit du doigt en riant
des serpents de pluie
Hommage, car il rappelle ce merveilleux haïku d'Issa:
l'enfant voulait
entre ses doigts
saisir des gouttes de rosée
Cette rentrée s'avère très active: redémarrage sur les chapeaux de roues des projets au bureau, le second bébé qui s'annonce et provoque donc l'accélération d'un projet immobilier latent, sans compter d'autres projets poétiques et les diverses sorties organisées par la famille, les amis et nous-même!
Ceci pour expliquer un petit coup de fatigue. L'inspiration ne marque pas le pas, mais je n'ai pas le temps matériel de me poser et de me relaxer mentalement. Je jette des notes dans mon fidèle carnet, et les esquisses de haïkus se multiplient sans aboutir encore. Je n'en suis pas inquiet outre mesure, c'est une période très excitante, exaltante même dans le cas de la seconde paternité. J'aimerais toutefois pouvoir prendre le temps et le recul nécessaire pour transformer ces notes en haïkus et senryus. Actuellement, le mental est trop sollicité pour cela. Ce n'est qu'aux petites heures du matin, lorsque tout ou presque dort encore, que je puis saisir un instant qui me procure une illumination:
fenêtre embuée -
le monde m'y apparaît
tel qu'il est peut-être
balade en iPod
les poissons dans l'aquarium
en rythme avec Keith Jarrett
dans la nuit profonde
un bébé pleure longtemps
personne ne vient
dans ma poche
tu sembles vouloir t'installer
petite araignée
la petite araignée
se faufile dans ma poche
l'été se termine
la libellule
sur le jardin de mon enfance
semble toujours la même
Je ne sais pas si c'est la transition été-automne, mais je trouve beaucoup d'inspiration au marché en ce moment. Après le velouté de potimarron, quoi de plus sympathique qu'une belle poignée de
mirabelles pour terminer le repas? Elles sont succulentes cette année, croyez-moi. Choisissez-les bien mûres, jaune orangé commençant à se piqueter de rouge, elles seront plus sucrées.
toutes timides
les joues empourprées
les mirabelles
des billes de clown
parfois couperosées
les mirabelles
Il y a la table, mais aussi les haïkus (et les senryûs) tout de même!
dimanche au marché
un potimarron sourit
de toutes ses graines
le potimarron
et le marchand de primeurs
- tout deux bonne mine
Notre petit séjour normand a bénéficié d'une météo correcte. Nous n'avons cependant pas échappé à une bonne rincée le dernier jour!
Cela commence par un ciel qui s'assombrit:
brise de mer -
les voiles multicolores
séparent ciel et eau
ciel d'ardoise -
les voiles multicolores
soudain plus vives
seuls les cris des mouettes
entre soleil et pluie
éclairent la plage
Et puis la douche!
pluie battante -
plus de drapeau sur la plage
ni de maillots
et courir à l'abri s'impose:
orage à Cabourg -
à l'abri le temps d'un thé
et d'une madeleine
(pas n'importe où: chez Dupont avec un thé (authentique!), avenue de la mer. Le choix de thé est très convenable et il est servi infusé à point. Encore
plus intéressant, un vrai chocolat, c'est à dire le chocolat fondu, servi avec le lait à part, que vous pourrez choisir doux, semi-amer ou amer, et doser à
votre goût. Enfin, les madeleines sont parfumées à souhait et toute fraîches. Rien que pour cela, je n'en veux pas à l'orage, je me remercie!)
Nous partons demain dans le sud jusqu'au 29 Août. Nous allons chasser l'été, puisqu'il a déserté Paris. A la semaine prochaine!