Au quotidien ...

Grand moment hier avec la seconde échographie, dite "morphologique". En effet, le bébé est suffisamment formé à ce stade pour que l'examen permette de vérifier que tous les organes sont présents au bon endroit et fonctionnent correctement. En outre, c'est lors de cette seconde échographie que l'on peut éventuellement déterminer le sexe ... si bébé se présente sous le bon angle!

Il est évident que je n'aurais raté cet exament pour rien au monde. Notre échographiste habituel étant encore en congés, nous avons dû avoir recours à un autre médecin.

Premier couac : alors que l'examen commence et que je scrute l'écran avec Florian sagement assis sur mes genoux, je lui dis "regarde bébé!".  Réaction immédiate du médecin, sur le ton péremptoire que les années d'études donnent parfois aux imbéciles : "Laissez-le! de toutes façons, il ne comprend rien!"

Ambiance.

D'une part, de quoi je me mêle, d'autre part je ne vois pas ce qui peut permettre à l'as de la sonde à ultra-sons de savoir ce qui se passe dans la tête de notre fils.  En sortant de la première échographie, nous avions demandé à Florian où était le bébé. Réaction immédiate: le bout de chou avait montré le ventre de Christine avec un grand sourire : "Là bébé!"  On se demande qui ne comprend rien.

La suite de l'examen fait remonter l'homme dans mon estime: très pro, il nous imprime de nombreuses vues du bébé. Un grand moment: le passage en 3D, possible grâce à son appareil apparemment plus moderne que celui de notre échographiste habituel. Curieusement, le bébé apparaît doré, comme un angelot Louis XV.

sur le moniteur
une frimousse dorée
- son premier sourire

Hélas, les deux clichés imprimés n'immortaliseront pas ce premier sourire fugitif, mais une moue et une expression plus neutre.

Second couac: le praticien nous demande si on veux connaître le sexe de l'enfant. Nous nous y étions refusé pour Florian, préférant le charme de la surprise pour notre aîné. Nous avons longuement hésité pour le second. J'avoue avoir cédé à la curiosité en téléphonant à la maternité pour connaître le résultat de l'amniocentèse.

amniocentèse -
la curiosité trop forte
c'est une fille!

Christine, persuadée que j'avais craqué (légendaire intuition féminine), avait fini par décider de savoir, et je lui avais annoncé la chose. Nous savions donc, et nous étions ravis, mais nous avons fait comme si de rien n'était et demandé à docteur Iceman, un peu pour le tester il est vrai.

Le résultat fut exact, mais la manière curieuse: "c'est une fille" annonce-t-il sur le même ton qu'il aurait employé pour dire "le train entre en gare", puis il éteint sans transition son appareil.

Re-ambiance.

Dernier couac : alors que j'avais emmené Florian qui s'impatientait en salle d'attente (à 2 ans, c'est long une échographie), docteur je-donne-des-leçons annonce à ma femme que la prochaine fois il vaudrait mieux venir sans notre fils car "cela ne le concerne pas".

C'est évident, une petite soeur qui arrive, cela ne concerne pas l'aîné. Tous les pédo-psychiatres vous diront que ça n'a vraiment, vraiment aucune espèce d'incidence ...

Une chose est certaine, il n'y aura pas de prochaine fois avec ce Monsieur. Nous préférons notre échographiste habituel, qui chantonne constamment en pratiquant l'examen et se montre beaucoup plus chaleureux et humain.
Quelle fin d'année! J'aurai l'occasion de revenir dessus, mais je suis épuisé. Nous avons réglé beaucoup de choses, mais j'ai un peu trop tiré sur la ficelle et je m'en ressens encore. Cela explique cette relative mise en sommeil de Manteau d'étoiles entre les fêtes. Je suis si fatigué que je ne parviens pas à écrire en ce moment et que cela ne m'inquiète même pas. Je pense que cela reviendra lorsque j'aurai pu me reposer encore un peu.

besoin de repos -
les haïkus sous ma plume
se dérobent tous

Bonne fin d'année à toutes et à tous, et à très bientôt.
Nous avons fêté aujourd'hui les soixante-dix neuf ans de ma mère. Etrange fête à vrai dire, la terrible maladie qui l'affecte ne lui laissant pas de répit. Moitié avec nous, moitié dans un monde qui n'appartient qu'à elle, je crois que notre passage lui a tout de même fait plaisir.
Je ne souhaite pas à mon pire ennemi d'être atteint de la maladie d'Alzheimer.

les yeux de ma mère -
le même regard aveugle
que les statues des saints
Vous avez donc devant vous la quatrième et dernière variante saisonnière de Manteau d'étoiles.

Les haïkus étant liés à ces saisons, j'ai donc eu l'idée de ces quatre variantes différant essentiellement par leur jeu de couleurs. En toute rigueur, je devrais avoir une cinquième variante, le Nouvel An étant considéré au Japon comme une cinquième saison. Peut-être m'y résoudrai-je, mais je ne veux pas non plus singer inconsidérément un usage qui nous soit étranger. A la rigueur pourrais-je avoir un design pour le temps de l'Avent, mais on voit tellement d'effets faciles sur tous les sites, notamment commerciaux, que je ne me sens pas le coeur d'en rajouter, hormis peut-être une petite surprise pendant les fêtes.

Vous avez donc:

- le printemps, dans une harmonie de vert tendre (bandeau) et d'orange (les poèmes)

- l'été, en principe de feu, donc à dominante rouge

- l'automne que nous venons de quitter, à dominante feuille morte

- et enfin l'hiver, avec le bleu de la glace, le bleu du froid

Enfin, la galerie d'images à droite se met aussi à l'heure du blog.

Voilà, vous savez maintenant tout!
Fin de semaine crevante. J'avais une grosse annonce à faire sur le web de ma boîte et je n'ai pas vu le jour.
Il paraît qu'il y a eu une tempête avec des rafales à 120 km/h (un mort dans Paris, une enseigne lui est tombé dessus!) Eh bien je n'ai rien vu, rien remarqué, ce qui s'appelle avoir la tête dans le guidon.

Ce n'est qu'en sortant ce soir que j'ai trouvé le ciel bizarre, totalement chamboulé avec des nuages pressés par un reste de vent. Les rayons du soleil perçaient par une trouée. Presque parallèles au sol, ils donnaient une lumière plate et sans couleur, presque une lumière d'éclipse. Très étrange.

horizon crayeux -
la terre et le ciel s'épousent
quelque part vers l'ouest

Allez, je vais dormir, je tombe de sommeil. Bonne nuit!
C'est le titre du premier cours de préparation à la naissance à la maternité des Bluets, où Florian est né et où devrait naître notre second enfant.

C'est aussi l'événement très émouvant que j'ai vécu hier. Je crois qu'il n'y a rien de plus beau pour un futur père que ce premier contact avec son futur enfant. Christine le sentait déjà bouger depuis une bonne quinzaine de jours, quand ...

soudain, sous mes mains
caressant son ventre rond
- toc! toc! je suis là!
J'emmène de plus en plus souvent Florian faire de petites courses avec moi. Le bout de chou est très curieux et adore ces courtes sorties. Moi aussi!

papa et fiston
quittant la boulangerie:
chacun son croûton
Christine a subi hier une amniocentèse.  Rien ne nous permettait de craindre à priori un problème chez le bébé à venir, mais il se trouve qu'au delà d'un certain âge, cet examen est systématiquement proposé car les statistiques montrent que les risques de problèmes génétiques augmentent.

Après un rendez-vous d'information avec le médecin, nous avons été convaincus de l'utilité de cet examen. Toutefois, je sentais bien Christine de plus en plus nerveuse à mesure que la date approchait.  Adepte d'une grossesse et d'un accouchement aussi naturels que possible, cet examen très intrusif et comportant des risques de fausse-couche la stressait.

L'examen se déroule sous échographie. Un opérateur manie la sonde et l'autre la seringue de manière à éviter de toucher le futur bébé.

au bout du cordon
un tout petit acrobate -
échographie

De mon côté, même si j'avais été franchement pour le jour où nous nous sommes décidés, je dois avouer que je n'en menais pas large lorsque j'ai vu la taille de l'aiguille. Elle me paraissait énorme!

amniocentèse -
l'aiguille au-dessus du ventre
un instant hésite

J'avais beau me dire que nous étions dans une maternité que nous connaissons bien (notre aîné y est né), que le médecin pratiquait 300 amniocentèses par an et que tout avait le maximum de chances de bien se passer, je trouvais l'examen interminable. Surtout, j'avais l'impression que l'aiguille se dirigeait vers le bébé alors que c'était précisément le contraire. L'absence de repère et la manque d'habitude sans doute. Le médecin, lui savait parfaitement où étaient l'aiguille et l'enfant.

Evidemment, hors de question de montrer mon appréhension  à ma femme, j'étais justement là pour la rassurer! J'ai néanmoins été très soulagé lorsque ce fut fini:

silhouette blanche -
bébé bouge sur l'écran
soupir des parents

Maintenant, c'est le repos qui s'impose pour la mère pendant quarante-huit heures. Et une quinzaine de jours à attendre les résultats.

Note: le "haïku de l'aiguille", dans sa structure, est similaire à ce célèbre poème de Buson:

Devant le chrysanthème blanc
les ciseaux un instant
hésitent

On peut le considérer comme un hommage, le sujet des deux poèmes étant finalement assez proches ...
Notre fils Florian (22 mois) a récemment pris une nouvelle habitude. Lorsqu'il veut quelque chose, il ne dit pas "veux ceci", mais il s'adresse directement à ce qu'il désire en lui disant de venir!

pâtisserie -
mon fils aux éclairs:
gâteau, viens !!!

C'est mignon et c'est ...logique!  Logique pour un petit garçon. Je suis fasciné par l'enfance, surtout la petite enfance, celle que l'on oublie (ou qu'on enfouit au fond de son inconscient). Voir grandir mon fils me renvoie à ma propre enfance et m'aide à la comprendre. C'est une joie renouvelée chaque jour.

Mon épouse Christine a coutume de dire que les petits enfants sont encore dans le divin. Et en effet, in utero, tout est parfait: pas de faim, pas de froid, pas d'angoisse. Tout désir est instantanément comblé. Personne n'est là pour vous contrarier, la dualité n'existe pas. Il paraît du reste que le jeune enfant ne fait aucune distinction entre lui et le monde (en particulier sa mère) avant au moins un an. Tout est unité, cette unité qu'on ne rejoint qu'à la fin de notre vie terrestre.

Pour le tout jeune enfant, encore proche de ce monde idéal, il est donc tout à fait possible qu'il suffise d'exprimer un désir pour qu'il se réalise, et ... qu'on parle aux gâteaux comme aux gens.

De même, si les enfants sont si impatients, c'est qu'ils sont encore proches du monde utérin où l'on n'a pas à attendre. Je vous le demande: pourquoi perdre trente secondes à marcher vers son papa ou sa maman quand on peut aller en courant se jeter dans leurs bras en dix? Ces histoires "d'être raisonnable" sont vraiment des trucs d'adultes!

Je ne cesse de me poser des questions en voyant Florian progresser. Et comment pensent les enfants avant de savoir parler? Car il est clair qu'ils pensent, il suffit de les regarder agir. Existe-t-il une sorte de "langage antérieur" universel et que l'on perdrait lors de l'acquisition de notre langue dite "maternelle" ?  J'ai l'intuition que l'oubli de la petite enfance se produit au moment de l'acquisition du langage des adultes, impuissant à conserver la subtilité de la "langue antérieure".

Autre question: quand sort-on de l'enfance? Après mûres réflexions, j'ai une réponse en forme d'image: on cesse d'être un enfant quand on ne court plus à la récré ...

Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

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