Au quotidien ...

Figues - André Cayrel & isabel Asunsolo Voici un livre délicieux, sans jeu de mots.

Ses deux auteurs ont réussi a enfermer dans cette jolie plaquette toute la rondeur, toutes les couleurs et toutes les saveurs des figues.

Ce recueil est d'abord la rencontre de deux auteurs : isabel Asunsolo et André Cayrel.

D'origine espagnole, isabel vit aujourd'hui à Beauvais, mais n'a pas oublié les figues vertes du nord de l'Espagne, las brevas. André vit en Provence et parle de celles du sud de la France.

On connaît l'écriture d'isabel et sa limpidité rare. Quant à André, il est un peu pour moi le Brassens du haïku et du senryû (j'ignore si la comparaison lui conviendra !)

Le résultat, illustré et manuscrit par isabel elle-même, est superbe et attachant. Gourmands, sensuels voire plus, la cinquantaine de figues réunies ici marient à la perfection le style des deux complices, à tel point qu'il n'est pas facile de distinguer les poèmes d'isabel de ceux d'André, ce qui était sans doute voulu.

Morceaux choisis :
 
  figues écrasées
sur les dalles brûlantes
  voie lactée

  dans le figuier
partageant notre dessert
  les oiseaux

  le jus de la figue
sur la figure de la fille
  moustache de chatte

  figues fraîches
frissons ou fantasme
  du fruit des fendues
 
  yeux fermés
la langue s'immisce
  miel et graines

  l'étoile sombre
cachette secrète ...
  pas folle la guêpe

Figues est édité par les éditions L'iroli, créées par isabel. Initialement tiré à vingt exemplaires numérotés (j'ai la joie de posséder le numéro 12), le recueil sera à nouveau disponible à partir de février, et les parisiens pourront le découvrir au salon du livre les 23, 25 et 26 mars avec les autres publications des éditions L'iroli.

Ne manquez pas de vous procurer ce recueil au parfum de figues et de soleil, le sourire vous viendra aux lèvres et sans doute l'eau à la bouche ...
Notre ami Jean-Pierre (celui qui vous expliquera bientôt comment a été construite la Grande Pyramide) me montrait hier deux photos prises à cinq minutes d'intervalle. Sur la première trône un magnifique cèdre du Liban dont le gabarit force le respect. Sur la seconde ... plus rien !

Sous prétexte qu'il penchait, certains résidents ont obtenu son abattage, alors qu'il eût suffit de le haubanner. Allons bon !

des siècles de sagesse
cinq minutes de bêtise
- le cèdre abattu
encore une semaine
que je n'ai pas vue passer -
arrêtez le manège
Entre le projet Kheops et la surveillance des travaux dans l'apaprtement, je suis totalement épuisé. En dépit du magnifique ciel bleu, je n'ai pas eu le ressort de mettre le nez dehors. Cela fait du bien parfois de ne rien faire, hormis ce qui est vraiment important.

toute la journée
ne faire que dormir
et jouer avec mon fils
Florian a probablement attrapé une bronchiolite. Sa respiration émet un crépitement caractéristique :

réveillé en sursaut
par le bruit d'un feu de brindilles
- bronchiolite

Il m'a semblé qu'il était fiévreux hier soir,  mais il n'en était rien. Heureusement, car chez un petit c'est toujours impressionnant :

petit front brûlant
sueurs froides des parents
- enfant malade

Rendez-vous chez la pédiatre en vue ...
Il n'est pas dans mes habitudes de trop parler de mon job, mais le projet sur lequel je travaille depuis dix-huit mois est à la fois si passionnant et si atypique que je lève un coin du voile alors que nous en divulguons en ce moment la première étape.

Je travaille chez un grand éditeur de logiciels français. Nous appelons notre domaine la "gestion du cycle de vie du produit".  En clair, tout ce qui peut se concevoir et se fabriquer dans l'industrie, de la bouteille plastique à l'avion de ligne, peut l'être de A à Z avec nos logiciels. Je travaille sur le web de la maison.  Ayant mis au point un programme de mécénat technique (nous prêtons nos logiciels dans certaines conditions précises à des personnes ou associations à but non-lucratif ayant un projet créatif), nous avons dans le cadre de ce programme accepté d'aider un architecte menant une quête tout à fait originale : proposer une nouvelle théorie de la construction de la pyramide de Kheops.

En effet, on ne sait toujours pas avec certitude comment ce gigantesque monument, la dernière des sept merveilles du monde antique encore debout, a été construit.

Aussi loin des élucubrations new-age que de l'expertise pontifiante, notre architecte s'est attaqué avec rigueur, compétence et humilité au mystère, et l'équipe de passionnés que nous avons rassemblée autour de lui est fermement convaincue du bien-fondé de sa démarche.

Nous avons donc mis à sa disposition nos logiciels afin qu'il modélise Kheops et simule sa théorie de construction afin de la valider sur cette "pyramide virtuelle" de manière scientifique et sans toucher au monument. Nous disposons aussi de logiciels permettant d'exposer la théorie et le travail de validation effectué avec nos produits de simulation 3D scientifique dans des univers interactifs en 3D très réussis.

La première étape de cette phase de communication consiste à mettre en ligne une "bande-annonce" sous la forme d'un mini-site en 3D, lui-même relayé par une mini-vidéo sur les principaux sites de partage.
 



La prochaine étape ... arrivera le 30 mars.

Si comme moi vous êtes passionnés par la civilisation égyptienne, rendez-nous visite et prenez date pour la suite ...
au coeur de la nuit
des étoiles souriantes
- chambre d'enfant
du dépôt vert sur le vin nouveau non filtré
le feu rougeoie dans le petit poêle en terre
la nuit tombe, ciel de neige
viendras-tu boire une coupe ou non ?

(Po Chu Yi, 772-846)


J'avais un ami. Un ami de vingt ans rencontré pendant mes études, de l'un de ceux  que l'on appelle "mon frère".  Une véritable amitié comme la littérature en a tant célébrées : Saint-Ex et Guillaumet, Montaigne et la Boétie ...

Et puis je me suis marié. Le soir même, il confiait à quelqu'un qu'à présent, ce ne serait plus pareil. J'eus beau lui dire que cela ne changeait rien, les liens se sont peu à peu distendus dans les faits, nous avons commencé à moins nous voir. J'ai d'abord cru à la peur de nous gêner, mon ami étant d'une discrétion pouvant aller jusqu'à l'effacement.

Lorsque Florian est né, ce fut pire encore. Il fallut me rendre à l'évidence: c'était désormais toujours moi qui prenait l'initiative des contacts. Peut-être jugeait-il que nos modes de vie s'étaient trop éloignés pour qu'il ait encore sa place? Jamais pourtant ne lui avait-on rien fait sentir de tel. A moins que la différence de nos situations ne le fasse secrètement souffrir. Toujours est-il que je fis un test: ne pas appeler et attendre. Cela fait maintenant un an que j'attends.

Mon ami, tu ignores même que Florian va avoir une petite soeur ou que nous allons déménager au printemps. Ton silence m'étonne et me peine. Sache si tu me lis que de mon côté rien n'a changé et que ma porte t'est toujours ouverte.

J'avais d'abord pensé à ...

l'hiver tarde -
à l'ami perdu de vue
j'écris une longue lettre

mais finalement :

l'hiver se dérobe -
à l'ami perdu de vue
j'écris ce poème

Je suis assez occupé en ce moment par un important projet au bureau (dont je reparlerai la semaine prochaine) et les travaux de l'appartement. La seule chose qui parvienne à me détendre et à m'aider à lâcher prise est de jouer au mahjong sur mon ordinateur. Mais :

jouant au mahjong
seul contre l'ordinateur
vers toi mon ami
se tournent mes pensées -
ah! que n'es-tu mon adversaire!
On m'avait dit que l'achat et la réfection d'un appartement étaient fatigants. Je confirme!

Depuis début septembre, date à laquelle nous nous sommes sérieusement attelés à la recherche d'un nouvel appartement, j'ai en effet la sensation d'être entré dans un tourbilllon dans lequel je file de plus en plus vite sans pouvoir vraiment contrôler ma trajectoire. Signature du compromis mi-octobre, recherche et signature du prêt immobilier, signature de l'acte de vente le 21 décembre, négociation et signature du devis des travaux le 27, j'ai l'impression de ne plus voir le jour.

Le résultat sera bien sûr à la hauteur des efforts, et je me réjouis d'avance de construire avec Christine notre nouveau foyer. Il n'en reste pas moins vrai que je suis épuisé et que je ne parviens pas à récupérer. Corollaire de tout cela, j'ai de plus en plus de mal à écrire et à tenir ce blog, le plus clair de mon énergie passant d'une part dans l'appartement, d'autre part dans un important projet au bureau.  Je n'ai donc pas la disponibilité d'esprit ni le recul nécessaires à l'écriture de haïkus de qualité en ce moment. Cela commence du reste à m'inquiéter, car la "machine" semble bien grippée.

Il faut dire que je suis plus occupé à choisir la baignoire, le carreau de la salle de bain ou les robinets qu'à regarder les petits oiseaux ou à sentir le vent sur ma main. Ca restreint un poil le champ de l'expérience ...

même les yeux fermés
voir carreaux et robinets
- travaux en cours

Un cap un peu délicat à passer, mais le jeu en vaut la chandelle.

Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

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