Texte Libre

Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

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crépuscule d'été
en rond au pied du gros platane
treize corbeaux
Ca y est, j'ai fini mes portes.

Bien sûr, il reste sans doute quelques retouches, et je garde les fonds de pot à portée de la main, mais l'essentiel est fait, enfin.

Pour la dernière fois, j'ai ouvert le pot de peinture jaune au couvercle cabossé à force d'avoir été refermé à coup de tournevis. C'est peut-être pour ça que j'ai maintenant un pot à musique.

coup de tournevis -
le pot de peinture s'ouvre
dans un bruit de gong

Un petit clin d'oeil au passage à mes amis de l'Association française de haïku, dont la revue s'appelle justement Gong!
Une personne qui n'a jamais commis d'erreurs n'a jamais innové.

Albert Einstein
au pli de l'aine
embrasser un grain de beauté
encore inconnu

de ma main en coupe
caressant son sein
je caresse aussi son cœur
Je parlais des lucioles l'autre jour. La régression dramatique des populations de ces insectes est en grande partie due à la pollution lumineuse, c'est à dire à un éclairage urbain mal géré qui fait que, bientôt, nos enfants ne sauront plus ce qu'est la nuit. Ayant pratiqué un peu l'astronomie en amateur, j'en aiu bien senti les effets, car les étoiles sont évidemment les premières à faire les frais de l'éclairage urbain. Lorsque les nuages sont bas, comme cette nuit, l'éclairage à l'acétylène se reflète dans la couverture nuageuse, ce qui crée un halo orangé proprement hideux. Pour donner une idée, il faut descendre jusqu'au Morvan pour échapper à la pollution lumineuse de la région parisienne!

Autant dire qu'il faut aller loin pour dormir encore sous un manteau d'étoiles ...

nuit artificielle -
l'éclairage urbain a tué
toutes les étoiles

Il ne me reste plus qu'une porte à peindre. J'aurais donc bientôt à nouveau le temps de répondre aux commentaires que vous m'avez laissés depuis quinze jours. Merci de votre fidélité et de votre patience!

Journée maussade aujourd'hui. La pluie est tombée pratiquement toute la journée, une petite pluie fine, serrée, qui vous trempe rapidement comme une soupe.

réveillé par la pluie -
le bruit du train traverse à peine
son clapotis

petite pluie fine -
les côteaux n'en finissent pas
de reverdir

l'été se termine
sur une dernière floraison
les parapluies
Je suis généralement méfiant lorsqu'il s'agit de transposer terme à terme une forme artistique dans un autre art. Le haïku ne fait pas exception, et je n'avais pas encore été convaincu par les tentatives de transposition du haïku en musique ou  en images.

Ainsi, je pense avoir pas mal déçu Bruno qui parlait avec enthousiasme des Sept Haïkaïs d'Olivier Messiaen. Pour moi, ces pièces dissonantes et trop longues n'ont ni la sobriété, ni le côté immédiat du haïku. Lorsque je pense à une transposition sonore du haïku, seul le 7ème prélude en La Majeur de Chopin me paraît mériter l'apellation de haïku. C'est une mazurka minuscule (trois lignes de partion, comme les trois lignes d'un haïku) évoquant merveilleusement la Pologne natale du compositeur. Toutes les autres tentatives restent à mon sens des exercices de style, parfois brillants, mais pas tout à fait dans l'esprit du haïku.

Je pensais aussi la même chose du cinéma, en pire. En effet, le flou propre au haïku s'accomode mal de la précision de l'image. On trouve ainsi facilement avec une simple recherche des diaporamas ou clips se contentant de montrer des images de nature sur fond de musique plus ou moins exotique accompagnant la lecture d'un haïku.  J'avais d'ailleurs ironisé sur certaines tentatives vidéo de récupération marketing du haïku.

Et puis je suis tombé sur le site de Mr Yosemite.

Que nos amis provençaux regardent ceci. N'est-ce pas un haïku sur les cigales?

Et que dire de cette illustration du fameux haïku de Kyoraï :

De bouger il n'a pas l'air.
Pourtant il travaille dur
Son champ, le paysan !


Ou encore ce haïku d'hiver, dont le texte est emprunté à Paul Bergèse, mais qui pourrait tout aussi bien s'en passer. En effet, en quarante secondes en moyenne, chacun de ces petits films suggère sans montrer lourdement. Aucun artifice, juste ces choses vues qui peuvent être autant de moments haïkus, de ces moments qui nous donnent envie de les partager en écrivant un haïku.

En ce sens, ce site nous donne peut-être à voir ce qui se passe juste avant qu'on ait envie de prendre le carnet et le stylo. C'est en tout ca sà mon sens le seul site aujourd'hui transposant avec succès le haïku dans le monde de la vidéo ou du cinéma. Je l'ajoute donc à ma liste de sites amis et vous encourage vivement à le visiter. N'hésitez pas à me faire vos retours.



rayon de soleil -
d'un moucheron l'éclair bref
sous les frondaisons
le moustique écrasé -
à nouveau
mon sang versé

Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

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