Texte Libre

Ce blog est né d'un haïku. Le voici ...

couché sur l'herbe
dans mon manteau d'étoiles
j'ai dormi

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Pas de haïkus hier pour cause de voyage-éclair à Bruxelles pour un salon.

La grève n'étais pas terminée, j'ai mis deux heures en voiture pour parcourir les douze kilomètres qui me séparent de la gare du Nord et j'ai bien sur raté mon train. Je m'étais pourtant levé tôt (5h30) afin d'éviter les embouteillages, mais rien à faire. Les entrées sud de Paris et la ville elle-même étaient bloquées.  Lorsque j'ai enfin atteint la gare du Nord, c'et pour y trouver le parking complet, et j'ai donc loupé le train suivant, devant chercher un autre parking avec une place disponible!

Heureusement, les Thalys (note pour mes amis canadiens : le TGV Paris-Bruxelles-Amsterdam-Cologne) fonctionnaient normalement et il y en a un toutes les demi-heures. Cerise sur le gâteau, les contrôleurs se montraient assez souples et j'ai donc enfin pu atteindre Bruxelles.

après les bouchons
écroulé sur la banquette
rouge comme le Thalys

(toujours pour mes amis canadiens : le Thalys est d'un joli rouge foncé ...)

Le salon à Bruxelles démarrait. Nous avons pu y rencontrer la personne que nous voulions et réaliser ce qui était prévu. Il faisait déjà nuit lorsque nous avons quitté le palais des expositions. L'atomium brillait doucement sous la lune, déjà décoré pour Noël d'une guirlande lumineuse mauve du plus bel effet.

nuit claire -
reflets multiples de la lune
sur l'atomium

Malédiction du jour, notre taxi a dû affronter les embouteillages de Bruxelles avant d'arriver à la gare. Il ne m'a ensuite fallu "que" une heure et demie pour rejoindre la maison ... Arrivé là, je me suis écroulé sans attendre.

Ce matin, la grève semblait terminée, mais il subsistait encore quelques encombrements, soit des usagers des transports rendus méfiants, soit les classiques encombrements du vendredi dûs à ceux qui partent directement du bureau en week-end. Rien de grave, surtout comparé aux neuf derniers jours.

passé au rouge
le feu sur lequel la corneille
s'est posée

pluie oblique
les conducteurs résignés
la tête basse

La grève des transports commence à agacer sérieusement tout le monde. Les embouteillages sont monstrueux et tout le monde est fatigué.

embouteillages  -
la place Balard a l'air
d'un manège fou

embouteillages  -
envier la lune
dans le ciel vide

Sous le plancher de la maison d'un pauvre homme se trouve un trésor, mais comme il n'en connaît pas l'existence, il ne pense pas qu'il est riche.

De même, à l'intérieur de son esprit se trouve la vérité elle-même, ferme et éternelle.

Pourtant, comme les êtres ne la voient pas, ils ressentent un flux continuel de malheur.

Le trésor de la liberté réside dans la maison de l'esprit;
les bouddhas renaissent avec pureté dans ce monde de telle sorte que ce trésor puisse être révélé.

(Le continuum incomparable, Bouddha Maitreya)


(extrait du Bouddhisme pour les nuls)
Le ciel a été blanc toute la journée, étalant une lumière laiteuse sur la terre et rendant l'horizon indistinct.  C'est toujours  une ambiance particulière, où ciel et terre se confondent.

horizon vague -
la Voie Lactée renversée
sur la Terre
nuit de novembre -
la pluie dispense mes larmes
de couler
La grève qui paralyse les transports publics depuis mercredi  met un bazar considérable dans le pays. Elle occasionne aussi des scènes pittoresques dans  Paris:

grève des transports -
rue Mademoiselle
trois petits poneys

Le Vélib, le vélo en self-service de Paris, trouve ainsi un clientèle visiblement habituée à d'autres modes de transports:

sur son vélib
le commandant de bord
les genoux cagneux

Pendant ce temps, certains réagissent avec pragmatisme (et opportunisme):

grève des transports -
promotion en vitrine
sur les vélos pliants

Et ça ne semble pas prêt de s'arrêter ...

le froid s'installe
le croissant de lune découpe
lentement la nuit
babils et caresses -
entre ma fille et moi
des histoires sans paroles

dans ses yeux gris-bleu
je n'en finis pas de tomber
ma toute-petite
La Nature est merveilleuse.  Dès qu'elle le peut, elle reprend ses droits, riche de millions d'années d'évolution qui l'ont rendu parfaitement apte à se renouveler.


A l'heure même où l'on s'inquiète  à juste titre du réchauffement climatique, elle vient de me le prouver en pleine ville. Il y a un petit parc à côté du bureau, dans lequel j'ai déjà composé bon nombre de haïkus. Lorsque je dis "petit", c'est à peine un parc, presque un grand jardin. Et pourtant ...

l'arbre tousse des feuilles
deux mésanges, trois pinsons et un pivert
- le vent d'automne

Imaginez ma surprise en voyant jaillir d'un seul arbre trois espèces d'oiseaux dont deux (le pinson et le pivert) ne sont pas si communes, surtout en ville!

Un rayon de soleil pour la journée.

Manteau d'étoiles



Bienvenue sur le blog haïku de Richard (alias Yamasemi), principalement consacré au haïku et au senryû, un style de poème court venu du Japon.

Découvrez mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des Maîtres du haïku et mes propres haïkus et senryûs au fil des jours. Vous trouverez plus d'informations sur ce blog dans la page d'aide.

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