Il y a avait bien longtemps que je n'avais pas fait un sondage, ni partagé mes réflexions sur l'écriture du haïku.Après six mois d'arrêt, on me dit que mon écriture a encore évolué. C'est bien possible, il me semble en effet qu'elle est plus dépouillée qu'avant. Cela dit, elle ne me satisfait toujours pas. Je trouve qu'elle manque encore de naturel, qu'elle ne va pas suffisamment de soi.
Je commence à percevoir un peu plus précisément ce qui fait la "saveur" caractéristique du haiku. Il me semble que c'est la conjonction judicieuse de deux images (parfois trois, mais c'est plus rare et plus difficile à écrire sans verser dans la "liste de courses").
L'extrême brièveté du haïku débarasse ces deux images de tout élément parasite et concentre l'attention du lecteur sur elles et sur les rapports qu'elles entretiennent. Ce rapport fait la richesse du haïku. Il peut s'agir d'un rapport d'analogie, d'un glissement de sens subtil ou au contraire d'un antagonisme plus ou moins fort.
La juxtaposition des deux images ouvre en fait un espace plus ou moins vaste que le lecteur est supposé visiter. Il y trouvera des résonances avec son vécu, sa culture, son histoire, et plus elles seront profondes, plus il appréciera le haïku en question.
Il ne s'agit donc pas, comme le font la plupart des générateurs automatiques de haïkus, d'écrire une ligne concernant la météo (pour avoir le fameux kigo, ou mot de saison), puis d'insérer une image de nature et de terminer par une seconde n'ayant strictement aucun rapport pour faire un haïku correct.
L'espace entre les images vient de l'oeil particulier du poète et de sa capacité à associer à ce qu'il voit une autre chose vue ou vécue. C'est aussi un domaine où je dois m'améliorer. Plus le regard est large, plus la conscience est vaste, et plus l'oeil peut embrasser un maximum de choses, dont une ou deux émergeront plus particulièrement pour donner naissance au haïku. Une petite conjonction de choses qui provoquera chez le haïjin une émotion, un serrement de coeur ou un sourire qui lui vaudra la peine d'être apprivoisé en quelques mots qui formeront le haïku.
Il faut pour cela rester ouvert, garder une innocence que décrit pour moi parfaitement ce que disait le grand réalisateur Kenji Mizoguchi : "il faudrait se laver les yeux entre chaque regard".
Garder cette innocence des yeux pour continuer à s'émerveiller et parler des nuages ou des hirondelles sans trop se répéter par exemple...
Ensuite, il s'agit de ne pas trop encombrer l'espace que l'on ouvre entre les deux images en imposant trop sa propre vision au lecteur. Il doit être libre de poser le regard où il veut. c'est ce qui fait la richesse du haïku . Il ne faut ni lui mettre des oeillères, ni l'empêcher de tourner la tête en quelque sorte. Il faut donc suggérer plutôt qu'imposer (Francis, si tu me lis ...)
Dans cette quête du regard panoramique et de l'expression floue, j'ai fait hier une petite expérience.
Je traversais le parc voisin du bureau quand j'ai croisé une graine volante flottant silencieusement dans le sous-bois. On peut y voir de multiples choses, depuis la simple analogie humoristique jusqu'à une métaphore de la condition humaine. Entre les deux ... un vaste espace. Typiquement ce qui me semble pouvoir faire un bon haïku.
Je note donc rapidement : marchant sans but, je croise une graine volante, sans but elle aussi.
Le travail d'élagage commence. Marchant est inutile, on se doute que je ne vole pas, et "sans but" devrait suffire à suggérer une promenade. En outre, je me mets en retrait en utilisant le participe présent au lieu de la conjugaison à la première personne. La version initiale est donc:
sans but
croisant une graine volante
sans but non plus
croisant une graine volante
sans but non plus
Quelque chose me gêne. Ce "non plus" est un gros bouton sur le nez du haïku. Au bout de trois ou quatre relectures à mi-voix , je n'entends plus que lui. Il ferme trop, que ce soit au point de vue sens ou sonorité. Il dénonce trop lourdement l'analogie entre l'homme et la graine, il l'impose. Et il suffit de le lire à haute voix pour être gêné par ce "non plus" sur lequelle chute lourdement le tercet. Nouvelle version :
sans but
croisant une graine volante
sans but
croisant une graine volante
sans but
Voilà qui me parait mieux. Mais à la réflexion, la construction en miroir me fait un peu tiquer. Il me semble qu'elle fait un peu trop "technique d'écriture" et surtout qu'elle insiste encore lourdement sur l'analogie homme-graine. Certes, c'est le décalage initial qui m'a donné envie d'écrire le haïku, mais n'est-ce pas un peu téléphoné?
A ce point, je suis un peu ennuyé, parce que les deux premières lignes me paraissent bonnes. Comment remanier la troisième, où tailler encore dans la matière?
Et si ... je la supprimais tout simplement? Cela ne fait que deux lignes, un "duilien" :
sans but
croisant une graine volante
croisant une graine volante
L'intérêt est une ouverture maximum. Il y a juste le compte-rendu de l'instant. Libre à chacun d'y voir, d'y vivre sa propre expérience. Mais à force d'ouvrir l'espace du poème, ne vais-je pas carrément le désintégrer?
Il y avait eu récemment sur la liste haiku-fr un petit débat sur l'élagage dans l'expression, débat vif et animé dont l'humour n'était pas absents (certains commencaient même à élaguer les sigles ;-) La conclusion provisoire était qu'il ne fallait peut-être pas pousser le bouchon trop loin.
Certes, le minimalisme est un art difficile. Certains le pratiquent avec un grand talent, comme Marcel Peltier qui écrivait il y a un certain temps des perles comme celles-ci :
ciel dégagé -
l'unique étoile
du berger
l'unique étoile
du berger
Pas une syllabe de trop, et pourtant tout le ciel nocturne est là, avec Vénus pour l'éclairer. Tout est dans le choix des mots, une telle rigueur est le fruit d'une longue réflexion. Tout comme les pauses et silence en musique sont de la musique, il y a ici autant de poésie dans les silences que dans les mots qu'ils relient.
Depuis, Marcel a entrepris une recherche que l'on peut suivre sur son site Moments Ouverts à la Poésie Minimaliste (MOP) où il écrit ce qu'il appelle des "fragments", conscient sans doute qu'il suit un sentier qui n'est plus forcément celui du haïku. Ces fragments brillent d'un éclat bien à eux et sont souvent des duiliens, même si -que Marcel n'hésite pas à s'exprimer sur cette remarque en commentaire- il arrive que le titre soit, me semble-t-il, une première ligne "déguisée" qui reconstitue le ternaire du haïku. Je vous conseille fortement d'aller lire ces fragments d'un art difficile, exigeant et courageux.
Alors, ma troisième version est-elle encore un haïku (je rappelle que l'écriture sur trois lignes n'est qu'une convention occidentale ignorée au Japon) ou un fragment?
Ce sera la question du jour. Quelle version préférez-vous et pourquoi?
A vous lire en commentaires!
par Yamasemi
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L'écriture
Le haïku d'hier mérite une explication.
La fatigue accumulée pendant la semaine, le stress et bien d'autres facteurs transitoires ont avivé les tensions et fait que j'ai passé un week-end exécrable, en dépit du beau temps.
Dimanche soir, un corbeau passant dans le ciel bleu au moment où je fermais la fenêtre me fait noter:
dans le ciel bleu
un oiseau noir tout là haut
moi, sous son ombre immense
Vient ensuite le temps du travail qui va permettre d'obtenir un haïku à partir de cette notation et de mon état d'esprit à ce moment précis, à savoir une sourde colère. L'ingrédient de base est constitué par le fort contraste entre ce ciel bleu et l'ombre de l'oiseau noir qui s'étend sur moi et révèle mon humeur.
Première constatation : la formulation initiale est beaucoup trop verbeuse. Je commence à élaguer :
ciel bleu
un oiseau noir très haut
moi, sous son ombre immense
Puis, j'accentue la position dominante de l'oiseau par le choix du mot juste et précis. En outre, je renforce le contraste ciel bleu/oiseau noir en insérant une césure à la fin de la première ligne :
ciel bleu -
un oiseau noir au zénith
moi, sous son ombre immense
A cet instant précis me revient un passage du merveilleux récit Oreiller d'herbes de Natsume Sôseki:
En effet, je réalise que je ne suis plus en colère. Me pencher sur cette colère, l'accepter, l'intégrer en tant qu'expérience sans la juger et en rendre compte m'a permis de la positiver et donc de la dissiper.
Il ne me reste plus qu'à m'effacer pour ouvrir le poème et en faire un véritable haïku, où seule l'expérience de ce que j'ai vu demeure. Un expérience que tout un chacun pourra recevoir de diverses manières, en fonction de son propre vécu. Dernier changement, subtil mais important : je déplace la césure, qui n'accentue plus le contraste révélant mon humeur, mais juste le phénomène optique observé. Plus de jugement, juste ce qui s'est passé, dans sa pureté.
ciel bleu
un oiseau noir au zénith
- son ombre immense
L'acte d'écriture comme une thérapie ... Me revient cet autre passage d'Oreiller d'herbes:
La fatigue accumulée pendant la semaine, le stress et bien d'autres facteurs transitoires ont avivé les tensions et fait que j'ai passé un week-end exécrable, en dépit du beau temps.
Dimanche soir, un corbeau passant dans le ciel bleu au moment où je fermais la fenêtre me fait noter:
dans le ciel bleu
un oiseau noir tout là haut
moi, sous son ombre immense
Vient ensuite le temps du travail qui va permettre d'obtenir un haïku à partir de cette notation et de mon état d'esprit à ce moment précis, à savoir une sourde colère. L'ingrédient de base est constitué par le fort contraste entre ce ciel bleu et l'ombre de l'oiseau noir qui s'étend sur moi et révèle mon humeur.
Première constatation : la formulation initiale est beaucoup trop verbeuse. Je commence à élaguer :
ciel bleu
un oiseau noir très haut
moi, sous son ombre immense
Puis, j'accentue la position dominante de l'oiseau par le choix du mot juste et précis. En outre, je renforce le contraste ciel bleu/oiseau noir en insérant une césure à la fin de la première ligne :
ciel bleu -
un oiseau noir au zénith
moi, sous son ombre immense
A cet instant précis me revient un passage du merveilleux récit Oreiller d'herbes de Natsume Sôseki:
Supposons que l’on soit en colère : la colère prend aussitôt la forme de 17 syllabes. Sa transmutation en 17 syllabes en fait la colère d’un autre. Une même personne ne peut pas en même temps se mettre en colère et composer un haïku.
En effet, je réalise que je ne suis plus en colère. Me pencher sur cette colère, l'accepter, l'intégrer en tant qu'expérience sans la juger et en rendre compte m'a permis de la positiver et donc de la dissiper.
Il ne me reste plus qu'à m'effacer pour ouvrir le poème et en faire un véritable haïku, où seule l'expérience de ce que j'ai vu demeure. Un expérience que tout un chacun pourra recevoir de diverses manières, en fonction de son propre vécu. Dernier changement, subtil mais important : je déplace la césure, qui n'accentue plus le contraste révélant mon humeur, mais juste le phénomène optique observé. Plus de jugement, juste ce qui s'est passé, dans sa pureté.
ciel bleu
un oiseau noir au zénith
- son ombre immense
L'acte d'écriture comme une thérapie ... Me revient cet autre passage d'Oreiller d'herbes:
Tout artiste est précieux car il apaise le monde humain et enrichit le coeur des hommes.
par Richard
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L'écriture
En commentant le senryû d'hier, Philippe me disait l'avoir trouvé "trop simple" à la première lecture avant de le relire et de l'apprécier.
Philippe, tu ne pouvais pas me faire plus beau compliment!
A l'issue d'une semaine de folie que je termine éreinté et durant laquelle j'ai eu très peu de temps à consacrer au haïku et à Manteau d'étoiles, je réalise que ceci a peut-être été une chance.
Tout d'abord les dix à quinze minutes que je consacrais au haïku m'ont apporté la détente indispensable à la fin de journées bien remplies. Ce fut ma soupape de sûreté. Le haïku est un plaisir, mais aussi désormais un ingrédient indispensable à mon bien-être et à mon équilibre.
Ensuite, et c'est sans doute le plus important, j'ai réalisé à quel point la voix (et la voie) doit être celle du coeur. Et la voie /voix du coeur est celle de la simplicité, telle que nous l'ont indiquée les Maîtres.
Reprenons ce merveilleux haïku de Bashô:
Des mots simples, des images simples, et pourtant ...
Puissé-je atteindre un jour cette limpidité, cette pureté d'écriture, en un mot cette merveilleuse simplicité!
Philippe, tu ne pouvais pas me faire plus beau compliment!
A l'issue d'une semaine de folie que je termine éreinté et durant laquelle j'ai eu très peu de temps à consacrer au haïku et à Manteau d'étoiles, je réalise que ceci a peut-être été une chance.
Tout d'abord les dix à quinze minutes que je consacrais au haïku m'ont apporté la détente indispensable à la fin de journées bien remplies. Ce fut ma soupape de sûreté. Le haïku est un plaisir, mais aussi désormais un ingrédient indispensable à mon bien-être et à mon équilibre.
Ensuite, et c'est sans doute le plus important, j'ai réalisé à quel point la voix (et la voie) doit être celle du coeur. Et la voie /voix du coeur est celle de la simplicité, telle que nous l'ont indiquée les Maîtres.
Reprenons ce merveilleux haïku de Bashô:
au parfum des pruniers
le soleil se lève -
sentier de montagne!
le soleil se lève -
sentier de montagne!
Des mots simples, des images simples, et pourtant ...
Puissé-je atteindre un jour cette limpidité, cette pureté d'écriture, en un mot cette merveilleuse simplicité!
par Richard
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L'écriture
Suite au senryû d'hier, deux réactions intéressantes de MoHe et Philippe: la suppression du "faux", le pluriel "Pères Noël" suffisant à impliquer qu'il s'agit d'imposteurs puisque le "vrai" est unique.
C'est bien vu, et je me rallierais bien à cette suggestion.
Le senryû revu et corrigé deviendrait donc:
C'est logique, mais curieusement il me manque quelque chose.
Il s'agit d'un senryû, non d'un haïku. La force du haïku réside dans son ouverture et son pouvoir de suggestion. Un minimum de mots pour un maximum de signifié entre les mots.
Le senryû est bien plus explicite. Il parle de l'humain, de ses petits travers ou de ses grandes misères et il n'hésite pas à prendre parti. Il est volontiers décapant, satyrique, voire féroce.
Ici, j'ai voulu rendre compte de cet élan de générosité très saisonnier que l'on constate autour de Noël, de cette sorte de dédouanement qui permet de s'amuser pendant les fêtes en ayant bonne conscience alors que le reste de l'année, on oublie les pauvres gens.
Entendons nous bien: je ne donne pas de leçon (qui serais-je pour en donner?) et je ne parle pas forcément de vous ou moi. Je parle de tous ceux qui pourraient vraiment changer les choses et qui ne font rien ou si peu, laissant précisément vous ou moi supporter seul ou presque le poids d'une mauvaise conscience réveillée par le fameux et lancinant tintement de la cloche de l'Armée du Salut pendant les courses de Noël.
Les "faux Pères Noël" ne sont pas seulement les hommes en rouge affublés d'une barbe postiche ... D'où l'emploi de l'épithète "faux", qui appuie là où ça fait mal ... surtout six mois avant les élections présidentielles françaises.
C'est bien vu, et je me rallierais bien à cette suggestion.
Le senryû revu et corrigé deviendrait donc:
tintements têtus -
les cloches des Salutistes
parmi les Pères Noël
les cloches des Salutistes
parmi les Pères Noël
C'est logique, mais curieusement il me manque quelque chose.
Il s'agit d'un senryû, non d'un haïku. La force du haïku réside dans son ouverture et son pouvoir de suggestion. Un minimum de mots pour un maximum de signifié entre les mots.
Le senryû est bien plus explicite. Il parle de l'humain, de ses petits travers ou de ses grandes misères et il n'hésite pas à prendre parti. Il est volontiers décapant, satyrique, voire féroce.
Ici, j'ai voulu rendre compte de cet élan de générosité très saisonnier que l'on constate autour de Noël, de cette sorte de dédouanement qui permet de s'amuser pendant les fêtes en ayant bonne conscience alors que le reste de l'année, on oublie les pauvres gens.
Entendons nous bien: je ne donne pas de leçon (qui serais-je pour en donner?) et je ne parle pas forcément de vous ou moi. Je parle de tous ceux qui pourraient vraiment changer les choses et qui ne font rien ou si peu, laissant précisément vous ou moi supporter seul ou presque le poids d'une mauvaise conscience réveillée par le fameux et lancinant tintement de la cloche de l'Armée du Salut pendant les courses de Noël.
Les "faux Pères Noël" ne sont pas seulement les hommes en rouge affublés d'une barbe postiche ... D'où l'emploi de l'épithète "faux", qui appuie là où ça fait mal ... surtout six mois avant les élections présidentielles françaises.
par Richard
publié dans :
L'écriture
En écrivant le haïku d'hier, j'avais bien conscience d'y insérer une métaphore qui pourrait faire louper un battement de coeur aux tenants de l'orthodoxie. En principe,on n'insère pas de métaphore dans un haïku. J'ai eu l'occasion de développer ma position sur la question ici.
J'ai écrit mon haïku avec spontanéité. C'est comme cela que je préfère écrire, suivant en cela le précepte de Santoka: tout ce qui n'est pas réellement présent dans le coeur ne relève pas du haïku.
Le verbe "épouser" s'est donc naturellement imposé pour rendre au mieux ce que je voyais. Je reconnais toutefois, en plus de la métaphore, un léger cliché. Je vous propose donc aujourd'hui cette variante:
Cela faisait longtemps que je n'avais pas proposé un sondage
En voici donc un: relisez les deux versions, voyez ce que l'une et l'autre fait résonner en vous et dites-moi laquelle vous préférez et pourquoi.
J'ai écrit mon haïku avec spontanéité. C'est comme cela que je préfère écrire, suivant en cela le précepte de Santoka: tout ce qui n'est pas réellement présent dans le coeur ne relève pas du haïku.
Le verbe "épouser" s'est donc naturellement imposé pour rendre au mieux ce que je voyais. Je reconnais toutefois, en plus de la métaphore, un léger cliché. Je vous propose donc aujourd'hui cette variante:
horizon crayeux -
la terre et le ciel se fondent
quelque part vers l'ouest
la terre et le ciel se fondent
quelque part vers l'ouest
Cela faisait longtemps que je n'avais pas proposé un sondage

En voici donc un: relisez les deux versions, voyez ce que l'une et l'autre fait résonner en vous et dites-moi laquelle vous préférez et pourquoi.
par Richard
publié dans :
L'écriture






